Mœbius, op cit.. p
L'HYSTÉRIE AU POINT DE VUE I'S\(;iI0L0(î!OLE 41.';
associations d'idées trop faciles de\>ienncnt le point de dé part d'une grande série d'accidents e/i apparence corporels^. » M. Striiinpell s'accorde avec les auteurs précédents pour expliquer ces accidents névropathiques par des représentations {(lurch Vorstellun- ^en). Aux définitions purement phvsiques de l'hystérie se substitue donc une définition nouvelle (|ui cherche à grouper les synipt(^nies autour d'un phénomène moral. « L'in stérie est un ensemble de maladies par représentation. »
§ 2. — Le dédolblement de la personnalité.
Un grand nombre d'accidents hvstériques paraissent dépendre de certaines idées fixes, de certaines suggestions, mais peut-on, comme l'a essayé M. Mœbius, étendre cette explication à tous les accidents et la transformer en une définition de l'hystérie ? C'est ce qui a semblé très contestable à plusieurs auteurs et c'est ce qui a été justement critiqué par M. Oppenheim, puis par M. Jolly". Essayons de préciser ces critiques un peu vagues en suivant la méthode que nous avons proposée pour examiner les définitions.
i" Un grand nombre d'accidents hystériques, nettement localisés comme les précédents, des hyperesthésies, des tics, des paralysies, des spasmes, ne semblent en relation avec aucune idée, aucune imagination du sujet. Le malade, de quelque manière qu'(ui l'interroge et malgré sa bonne volonté, allirme qu'il ne pense pas à remuer son bras, à serrer sa main, à faire une grimace ; bien mieux, il n'a aucune idée de ce spasme, il ne le sent même pas, il constate avec étonnement ses propres accidents sans savoir comment il se produisent. 11 y a, en effet, deux catégories d'accidents hystériques, que l'on distingue surtout facilement en examinant des tics ou des spasmes. Les uns ont lieu quand le sujet y pense; ils disparaissent quand le sujet est distrait ou qu'il s'endort; ceux-là peuvent facilement être rattachés à une idée. Mais très souvent le mouvement maladif se produit même quand le sujet n'y pense pas ; le spasme persiste malgré la dis-
1. A. Strumpell, Ueber die Entsle)umij iind die Heiluivj von Rrankciten durcit Vorstellunijen (l\edc bcim .\nlritt des Prorectorats der kgl. Lniversitiit. Erlangcn, nov. 1892), p. 8.