‹ L'état mental des hystériquesChapitre 170 sur 290 · H. Oppenheim, op. cit.. p. 3. — Jolly, op. cit.. p. la · texte numérisé non relu

H. Oppenheim, op. cit.. p. 3. — Jolly, op. cit.. p. la

416 ACCIDENTS MENTAIX DES UVSTI-RIQUES

Iraclion, qnel(juefuis malgré le stunnit'il. C!e no sont plus là, au moins en apparence, des accidents tjnl dépendent d'une représentation mentale. Au début peut être, le sujet a eu conscience d'une émotion, d'une idée plus ou moins vague, mais il est évident que ces phénomènes de conscience ont disparu très vite et que, actuellement, ils n'existent plus.

2° L hystérique ne présente pas uniquement des accidents permanents de ce genre, elle présente un phénomène beaucoup plus fréquent et beaucoup plus connu, c'est l'attaque. Or, cette attaque n'est pas un acte simple comme une contraction de la main, c'est un ensemble très complexe de convulsions, de cris, de paroles. Le sujet n'a pas dans l'esprit la représentation de toute cette série de phénomènes, il les ignore même, puisque dans la majorité des cas, il se réveille de l'attaque sans bien savoir ce qui vient de se passer. Ces attaques, qui se reproduisent avec une régularité monotone, semblent dépendre de quelque phénomène physique, car elles sont indépendantes de la pensée du sujet, et il suffit quelquefois pour les provocjuer, non pas d'éveiller les idées du sujet, mais de presser un point du corps, Tovaire ou l'épigastre, pour que la décharge se produise.

3" Considérons des accidents plus précisément moraux, des délires, des somnambulismes qui appartiennent incontestablementà l'hystérie; nous ne nous trouvons pas davantage en présence d'une idée fixe, claire et simple. Le sujet ne sait pas ce qui se passe pendant son somnambulisme ou son délire, et il n'y pense pas. Quand l'accident arrive, il est composé par toute une longue suite de sensations et de pensées très variées qui n'avaient aucunement été prévues par la malade.

En un mot, même en laissant de côté les stigmates, en ne considérant que les accidents, il est impossible de les ramener tous à des modifications corporelles produites par des représentations conscientes.

Essavons donc de changer de point de vue et de prendre un autre phénomène comme centre de la définition. Ce sont encore les études de M. Charcot et de ses élèves qui ont montré combien le somnambuUsiyie jouait un grand rôle dans l'hystérie. Ce phénomène se présente d'abord spontanément chez ces malades dans bien des circonstances, et ensuite il peut être provoqué artificiellement sinon chez toutes, au moins chez la plupart des hystériques. L'oubli de tout ce qui s'est passé pendant le somnambulisme

quand le sujet revient à l'état normal, dous a paru le seul caractère constant et essonliol du soiniianihulisnie, et celle amnésie, suivie d'un retour j)ériudi(|ue des souvenirs, établit une sorte de scission entre les deux états. Un indivitlu (jui est vraiment somnambule vit de deux manières dillérentes, il a « deux existences [)sychologiques alternant successivement ' » ; il a dans lunedes sensations, des souvenirs, des mouvements qu'il n'a pas dans l'autre, et par conséquent il présente d'une manière plus ou moins nette, suivant les cas, deux caractères et en quelque sorte deux personnalités. Le somnambulisme le plus simple doit ôtre considéré comme identique à ces grands phénomènes de cbuible existence qui sont (|uel(|uerois si manifestes; il est toujours le résultai, la manileslation dun dédoublement de la personnalité.

Si l'on comprend de cette manière le somnambulisme, il est facile de remarquer qu'un grand nombre d'accidents hystériques peuvent s'y rattacher. Non seulement les langues périodes de la double existence, mais des états de durée très courte pendant lesquels le malade parait marcher ou agii' automatiquement, des fugues, des rêveries, des extases, etc.

Nous avons essavé de montrer qu'à {exemple de M. Charcot, on peut établir les liens les plus étroits entre le somnambulisme et l'attaque ; ces deux phénomènes sont provoqués de la même manière, amènent la même amnésie suivie de mémoire alternante, donnent naissance au même dédoublement de la personnalité'. La régularité automatique caractérise également tous ces états, car la seconde existence est souvent une existence psvchologiquc rudimentaire dans laquelle les sensations et les idées, peu nttmbreuses, ne se contrôlent pas et ne se modifient pas les unes les autres. Les idées fixes que nous avons vues jouer un si grand rôle pendant la veille des hystériques, sont ici bien plus puissantes encore et se développent avec plus de régularité. La plupart des attaques ont pu être interprétées comme la reproduction plus ou moins complète d'une émotion, d'une action, d'une idée ancienne dans une seconde existence, qui est comparable à un somnambulisme plus ou moins rudimentaire.

Ces études sur les attaques et les somnambulismes semblaient rapprocher et réunir une catégorie importante de symptômes

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