‹ L'état mental des hystériquesChapitre 171 sur 290 · I. Autoinalisme psycholoyique, p · texte numérisé non relu

I. Autoinalisme psycholoyique, p

■i. Ibid , p. 450. — Breucr et Freud, op. cit.. i8y3.

Janet. — Hvstérie.

418 ACCIDENTS MENTAUX DES HVSTI'RIOUES

hystériques, les aeeldenls péi'iotli(|ues, mais scniltlninil laisser de ciMé les acoiilents perinaiieiits. ces troubles du mouvement si bien résumés tl'autre part par les théories de M. (^hareot et de M. Mœbius. Cette séparation de ees deux j^roiipes de laits est-elle aussi absolue? C'est ce que nous n'avons pas pensé; nous avons cherché leur réunion en étudiant les manilestations de la seconde personnalité dans l'intervalle des somnambulismes et des attaques.

L'étude des suggestions à eflTet post-hypnotique exécutées d'une manière intelligente, quoitjue en apparence ;i l'insu du sujet et sans conscience, l'analyse des actes dits inconscients et de l'écriture automatique des médiums, nous ont montré de nouveau le même dédoublement de la conscience. Mais maintenant le second groupe de phénomènes psychologiques, au lieu d'alterner avec le premier, se développe simultanément au-dessous et en dehors de la pensée normale du sujet. En un mot, tous les phénomènes psychologiques qui se produisent dans le cerveau ne sont pas réunis dans une même perception personnelle, une partie reste indépendante sous forme de sensations ou d'images élémentaires, ou bien s'agrège plus ou moins complètement et tend à former un nouveau système, une personnalité indépendante de la première. Ces deux personnalités se se bornent pas à alterner, à se succéder l'une à l'autre, elles peuvent coexister d'une façon plus ou moins complète. Un grand nombre d'accidents hystériques se rattachent à ce type de l'hémi-somnambulisme comme les atta ques se rattachent au tvpe du somnambulisme'. Nous avons été forcé de reconnaître que dans beaucoup d'accidents, l'idée fixe qui devait les provoquer et les entretenir, d'après la théorie de M. Charcot, ne pouvait être exprimée par le malade, car il l'ignorait complètement. Nous comprenons maintenant que ces idées peuvent exister en lui, bien qu'il n'en ait pas conscience. Et ce n'est pas là une simple supposition vraisemblable, c'est un fait que l'on peut démontrer cliiiiquement. Combien de fois n'avonsnous pas montré que le sujet, par l'écriture automati(|ue |)endant la veille, pouvait exprimer ces idées fixes? Plus souvent encore nous avons constaté que le sujet, dans tel ou tel état hypnotique, retrouvait complètement la mémoii'e de ces idées fixes subconscientes.

1. Actes inconscients... Revue plùlosopliirjin', 1880,11, p. 577.

LHVSTI'RIE AU POINT DE VLE PSYCHOLOGIQUE 'ii9

De soinhlables idées fixes, exist;mt en dehors de la perception personnelle, jouent dans riivstéric un rôle capital ; elles peuvent déteiniiner des troubles du niouveinenl les plus variés; elles donnent lien à des hypercsthésies, elles anirnent inrnic des hallucinations, car la sépai'ation des deux consciences est loin d'ôtre absolue, et un phénomène qui a été |)i'ovo(jué dans l'une par toute une série d'associations d'idées peut apparaître brusquement dans l'autre ; elles peuvent troubler et obnubiler l'esprit, provoquer les oublis les plus étranges et mcnic des sortes de délires. La puissance de semblables itlées dépend de leur iscdcment; elles grandissent, « s'installent dans l'esprit à la manière d'un palasite'», et ne peuvent être arrêtées dans leur développement par les efforts du sujet, parce qu'elles sont ignorées, quelles existent h part dans une seconde pensée séparée delà première.

Deux psvchologues anglais, MM. Gurney et Fr. W. Myers, qui ont beaucoup contribué aux progrès ^e ces études et par leurs propres travaux et par l'impulsion qu'ils ont donnée à la Society for psyc/tical rcsearcli, ont exprimé souvent des idées analogues sui' le mécanisme des accidents hvstériques. « Le caractère essentiel de l'hystérie, disait M. Myers, c'est une autosuggestion déraisonnable dans des régions de l'esprit qui sont au-dessus du pouvoir de la conscience normale, berond tlie poivers of llie ivaking i\'ill l'hystérie est une maladie de la couche hypnotique, disease of the hypnolic stratum ". »

Ces remarques nous avaient conduit autrefois ii considérer ces dissociations des phénomènes psvcholoi>iqnes comme un caractère essentiel de l'hvstérie : « Ce lait, disions-nous, doit jouer dans cette maladie un rôle aussi capital que celui de l'association dans la psvchologie normale '. » Un peu plus tard, nous expliquions divers accidents de l'hvstérie, et en particulier les contractures, «*par une activité véritable du second groupe d'images séparé de la conscience normale* ». « Le caravtèic essentiel de cette maladie de la désagrci!;ation était la formation, dans l'esprit, de deux groupes de phénomènes, l'un constituant la personnalité or-

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