‹ L'état mental des hystériquesChapitre 174 sur 290 · Vf.C.inEMS MENTAUX 1>ES IH STKRIOIES · texte numérisé non relu

Vf.C.inEMS MENTAUX 1>ES IH STKRIOIES

des idées fixes. On peut les considéier eomine la pionve crmi ainoliulrissement des lonetions nerveuses, d un cpuiseinent des orcranes. Ce n'est pas là une théorie, e'est l'expression aussi juste que banale du fait lui-même ; reste à interpréter la nature de cet épuisement.

Nous ne pouvons guère discuter ici de théorie précise, car la plupart des auteurs qui parlent de cet épuisement se sont exprimés de la manière la plus vague et la plus confuse. Pour nous, la question se pose de la manière suivante : cet épuisement, qui est incontestable et dont nous n'avons pas à recheicher ici les causes piimitives, hérédité, dégénérescence, intoxication ou lésions accidentelles, est-il localisé à tel ou tel organe sensoriel, ou porte-t-il dune manière générale sur les parties supérieures du cerveau ? Peut-on dire que l'anesthésie tactile, le rétrécissement du champ visuel se rattachent précisément à un arrêt du fonctionnement des centres nerveux qui servent à cette sensation tactile ou visuelle, ou bien ces anesthésies ne sont-elles qu'une manifestation particulière d'un aflaiblissement portant sur toutes lesfonctions de l'écorce cérébrale, et se rattachent-elles par conséquent à un trouble général des fonctions psychologiques ï

Nous ne pensons pas que les stigmates soient dus à des lésions locales des appareils sensoriels, des muscles, des nerfs, ni des centres : i° Les stigmates sont trop mobiles, ils disparaissent trop facilement dès que l'on modifie un peu la pensée du sujet; la suggestion, l'association des idées, l'attention surtout suppriment comme par enchantement ces insensibilités et ces impotences musculaires; 2" les stigmates sont contradictoires, c'est-à-dire que le fonctionnement des organes est réel et persiste au moment même où il semble être supprimé. Nous avons montré dans de nombreuses études que la sensation tactile, la sensation visuelle même à la périphérie du champ visuel continuaient à s'exercer, en dépit de l'anesthésie, que les souvenirs étaient reproduits malgré lamnésic apparente, que les mouvements étaient possibles et qu ils avaient môme conservé leur force malgré la faiblesse, l'amyosthénie indiquée par le dynamomètre'. Ces faits peuvent être démontrés par un grand iiombre d'expériences précises, mais ils peuvent être constatés par l'observation clinique la plus simple. Les hystériques marchent, courent sans tomber,

I. Cf. Sùfjmales mentaux des hystériques, '2'^ cflit., ch. i, pp. 20 et ^o.

L'HYSTf.RIE AU POINT DE ME PSYCHOLOGIQUE 123

sans se heurter aux obstacles comme devraient faire de vrais anesthésifjues, des malades ayant véritablement le champ visuel réduit îi un point. On les voit travailler, soulever des fardeaux, faire des exercices prolongés si elles ne se sentent pas observées, tandis qu'elles présentent une faiblesse musculaire étonnante, une fatigue extrêmement rapide dès qu'on les soumet à un examen. N(»us avons été très heureux de voir M. .lollv faire indépendamment les mêmes reniartjues : il parle d enfants avant une amaurose hystérique complète et il ajoute : «ces enfants (jui paraisse ne percevoir aucune lumière évitent les obstacles placés inopinément devant eux, et cependant ils ne se conduisent pas parle tact..., ils ne ressemblent pas à de vrais aveugles... il doit V avoir ici quelque espèces de perception », et plus loin: « J'ai beaucoup de raisons pour croire que cette surdité ne doit pas être réelle..., il n'est pas douteux pour moi (|uc l'enfant ait entendu les conversations ' ». M. Opj)enheim dit aussi : «L'hystérique a perdu la Nolonté de mettre en mouvement des groupes de muscles déterminés..., c'est tout autre chose de mettre ces muscles en mouvement par un eR'ort de volonté ou par l'intermédiaire d'un état alfectif " » Cette réapparition rapide et cette conservation des phénomènes nous empêchent de croire à un épuisement localisé.

L'épuisement général des fonctions cérébrales a été signalé par beaucoup d'auteurs; «les hvstériques, disait M. Féré, sont dans un état permanent de fatigue psvchique qui se traduit par un alTuiblissement de la sensibilité, du mouvement, de la volonté '». « Le fait fondamental de l'hystérie, dit M. Oppenheim, est la faiblesse irritable, une excitabilité anormale jointe ii un épuisement ; ces caractères se constatent surtout dans la sphère des phénomènes all'ectifs *. » M. Jollv, reprenant la conception d Oppenheim, parle aussi d une faiblesse nerveuse extrême qui permet l exagération des phénomènes affectifs, mais il ajoute que cette formule mancjue de précision et ne résume pas les faits particuliers \ Nous pensons, comme cet auteur, qu'il est nécessaire de préciser ce que Ion entend par cette laiblesse cérébrale.

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