Jolly, op. cit., p
424 ACCIDENTS MENTAUX DES IIYSTP.RIOUES
Comme les fonctions essentielles du cerveau sont des fonctions psychologiques, il faut montrer par l'analyse des phénomènes moraux en quoi consiste cette insuflisance psvcholooicjue.
Nous avons proposé autrefois d'étudier un phénomène psychologique, qui était déjà signalé d'une manière plus ou moins vague parmi les troubles du caractère des hystériques, mais qui nous paraissait l'expression principale de cette insulRsance. 11 s'agit d'une faiblesse de l'attention, ou mieux d'un état de distraction perpétuelle que l'on constate facilement chez la plupart de ces malades. L'attention est lente à se fixer, pénible, s'accompagne d'accidents de toute espèce, s'épuise très rapidement, et ne donne que des résultats minimes, elle ne forme que des idées vagues, douteuses, surprenantes et inintelligibles'. Si on considère l'attention sous son aspect moteur, ({uand elle s'applique aux actions, on retrouve les mômes caractères : les actes volontaires sont pénibles, lents, de courte durée, entrecoupés d'arrêts innombrables. Souvent même cette attention si faible semble disparaître entièrement, toute attention, tout acte volontaire devient impossible, le sujet n'est plus capable de comprendre ce qu'il lit, ni m(''rae ce qu'il entend, d'effectuer le plus petit mouvement volontaire. L'aboulie, l'aprosexie, l'hésitation, le doute, nous croyons devoir y insister, sont les caractères psvchologiques essentiels chez l'hystérique. Ces caractères se retrouvent plus ou moins semjjlables chez d'autres malades, cela est évident, mais ce n'est pas une raison suffisante pour les négliger chez l'hystérique-.
Ces faiblesses de l'attention sont si grandes qu'elles troublent non seulement les travaux intellectuels mais modifient même la vie normale, la pensée ordinaire qui demande continuellement un certain effort d'attention. Le malade perçoit mal les faits qui se passent autour de lui, il se rend très mal compte de toutes les situations de la vie et surtout il ne perçoit qu'une très petite partie des faits, il semble toujours oublier la majeure partie des impressions qui devraient le fra[)per '. Si l'on cherche à vérifier cet état de l'esprit d'une manière plus précise, on constate qu'une femme hystérique ne peut percevoir plusieurs sensations à la fois.
1. Les stigmates mentaux des hystériques, p. 1.37, 2« c<1it., p. irg.