I.inSTKRir. Al l'OINT DE ME PSYCHOLOGIOUE 'r2'i
Dos qncllo est occupôo :i sentir un plirnoniriie, elle devient indillérente à toutes les ;iiilres excitations laites sur des parties du corps et sur des organes ordinairement sensibles. Elle présente la mt>me distraction pour les souvenirs et pendant qu'elle pense à une idée, elle oublie toutes les notions opposées qu'elle savait fort bien l'instant précédent. Enfin on constate le niènic caractère dans ses actes et ses mouvements ; elle ne l'ait volontairement (|u'un mouvement à la l'ois et cesse de pouvoir le faire dès cju'elle est disliaite par une sensation ou un autre mouvement. Ce dernier point a été particulièrement étudié dans le travail intéressant de M. Pick'. Des distractions semblables existent rarement chez l'homme normal et elles ne sont produites que par une concentration excessive de la pensée sur un problème compliqué ; chez Ihvstérique, elles se produisent d'une façon beaucoup plus simple. « C'est un état exagéré de dis/rarfio/i, i\m n'est pas momentané et ne résulte pas d'une attention volontaire dirigée uni(juenu'nt dans un sens ; c'est un état de distraction naturelle et perpétuelle qui empêche ces personnes d apprécier aucune autre sensation en dehors de celle qui occupe actuellement leur esprit". »
Nous avons essavé autrefois, non d'expliquer, mais de résumer tous ces faits très nombreux dans une formule simple. La vie psvchologique n'est pas uniquement constituée par une succession de phénomènes venant à la suite les uns des autres, formant une longue chaîne qui se prolonge dans un seul sens. Chacun de ces états successifs est en réalité, complexe ; il renferme une multitude de faits plus élémentaires et ne doit son unité apparente qu'à la svnthèse, à la svstématisation de tous ces éléments. Nous avons proposé d'appeler « champ de conscience ou étendue maximum de la conscience » le nombre le plus grand de phénomènes simples, ou relativement simples, qui peuvent être réunis à chaque moment, qui peuvent être simultanément rattachés à notre personnalité dans une même perception personnelle^. » Ce champ de conscience ainsi entendu est fort variable : Un chef d'orchestre entendant simultanément tous les instruments, et suivant
1. A. Pick, L cher die so^'enânntc « Conscience musculaire « (Duchcnne). ZeitscJirift fur Psychologie und Pliysiologie der Sinnesorgane. IV, 1892. Cf. Stigmates mentaux de l'hYStérie. p. ifiS, a»^ édit., p. i^O.