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parla lecture ou par la mémoire la partition de l'opéra, réunit dans chacun de ses états de conscience un nombre immense de faits. Lindividu endormi qui rêve, le malade pendant une crise d'extase, n'ont au contraire dans la pensée consciente (ju'un nombre de laits très restreint. Il est facile de voir, en étudiant la distraction des hvstéiiques, que leur champ de conscience semble très petit, il est rempli tout eiiti«'r par une seule sensation relativement simple, un seul souvenir, un |)etit groupe d'images motrices et ne peut plus en contenir d'autres en môme temps. Ce rétrécissement du champ de la conscience n'est qu'une manifestation de l'épuisement cérébral général (|ue l'on a souvent admis. Cet épuisement nous semble décrit avec plus de précision (juand nous disons : c'est une faiblesse inorale particulière consistant (la/is l'impuissance que présente le sujet faible de réunir, de condenser ses phénomènes psYcliologiques, de les assimiler à sa personnalité '.
Cette remarque permet de grouper un grand nondjre de faits, de traits de caractère qui ont bien souvent été signalés chez les hvstériques. Leurs enthousiasmes passagers, leurs désespoirs exagérés et si vite consolés, leurs convictions irraisonnées, leurs impulsions, leurs caprices, en un mot, ce caractère excessif et instable nous semblent dépendre de ce fait fondamental qu'elles se donnent toujours tout entières à l'idée présente, sans aucune de ces réserves, de ces restrictions mentales qui donnent à la pensée sa modération, son équilibre et ses transitions. « C'est encore au rétrécissement du champ de la conscience, disait M. Laurent^ qu'il faut attiibuer chez l'hystérique la peur, l'étonnement, l'émotivité, les manifestations de l'intensité des impressions. Une impression donnée devant effacer brusquement les idées antérieurement existantes, l'hystérique se trouve dans la situation de l'homme qui apprend tout à coup ou qui voit quelque chose à quoi il ne s'attend pas. Cette impression chasse les autres idées et, dominant l'intelligence, cause, selon sa nature, l'étonnement, la peur, la joie ; n'étant contre-balancée par rien, aucun raisonnement ne survenant, l'expression instinctive de la pensée vient se manifester. » Les mêmes remarques peuvent s'appliquer aux impulsions subites de ces malades 'et à leurs changements