‹ L'état mental des hystériquesChapitre 210 sur 290 · Bioch, Archives de physiologie, janv. 1897, p · texte numérisé non relu

Bioch, Archives de physiologie, janv. 1897, p

2. Automatisme psychologique, 1889, p. gâ, ii4, 121, 296, 333, etc. Stigmates mentaux des hystériques, 2» cdit., p. 20. Névroses et idées fixes, i8g8, I, p. 237.

faire disparaître toutes les anesthésies et délenniuer des états curieux dans lequels toutes les fonctions mentales de rhvstérique étaient momentanément restaurées et que je désignais sous le nom de somnambulisme total. Ce procédé n'a qu'un résultat médiocre si on l'applique à la respii'ation de Léa. Cette malade n'a pas d'anesthésie respiratoire semblable à celle dont nous parlions tout à l'heure, elle sent fort bien l'asphvxie commençante, si on l'empêche de respirer. Elle a rarement le thorax tout entier anesthésique et le retour de la sensibilité tactile sur toute la sur- *^ace du thorax ne nous a pas semblé modifier beaucoup le rythme respiratoire. Si cette modification se produit, c'est que par ce procédé on a vivement excité l'attention de la malade et nous rentrons alors dans un autre ordre d études.

Quand on essave d'appliquer ce procédé d'œsthésiogénie par l'attention, on constate une faiblesse extraordinaire de l'attention et une grande dilïîculté pour la diriger. La malade toujours distraite, rêveuse, parle à tort et à travers, rit ou pleure sans motifs et ne suit que rarement une idée quelques minutes. Dans la conversation elle ne répond bien qu'à des questions brèves et souvent semble ne pas du tout se préoccuper de son interlocuteur.

C'est pourquoi nous nous sommes préoccupés d'exciter autant que possible, par tous les moyens, cette attention si faible. A de certains moments, pendant la période des règles, par exemple, il est impossible d'y parvenir. C'est aussi à ce moment que la respiration qui présente nettement le type périodique peut le moins être modifiée. A d'autres moments, quand la malade est bien portante, n'a pas eu d'attaques, a été reposée par un sommeil prolongé, on peut beaucoup mieux et pendant plus longtemps arriver à fixer l'attention. On peut diriger l'attention sur les sensations fournies par le corps et on se rapproche des pratiques de l'œsthésiogénie ; on peut aussi la diriger sur des sons, sur des lumières, sur des objets du monde extérieur ou même sur des idées abstraites. Quel que soit l'objet sur lequel on dirige fortement l'attention, nous avons cru remarquer que, au bout de peu d'instants, la respiration se modifiait et perdait en grande partie son caractère périodique.

Page 1