‹ L'état mental des hystériquesChapitre 211 sur 290 · UN CAS DU RYTHME DE CHEYNESTOKES DANS L HYSTÉRIE · texte numérisé non relu

UN CAS DU RYTHME DE CHEYNESTOKES DANS L HYSTÉRIE

Des graphiques intéressants que nous ne pouvons reproduire ici, nous montrent la respiration devenue régulière pendant que la malade écoute avec attention une conversation tenue à voix basse derrière une porte. Pour l'intéresser nous lui avions fait croire que doux de ses compagnes parlaient d'elle. D'autres nous montrent la même régularité, quand elle essaye de suivre le tic-tac d'une montre que nous éloignons lentement de son oreille. Dans le graphique reproduit en partie (fig. 19) l'attention porte sur des phénomènes visuels et un dispositif permet au moins dans une certaine mesure de vérifier si l'attention a été réelle. Une petite lampe électrique s'allume, et s'éteint rapidement et chaque fois qu'elle s'allume le signal Desprets intercalé dans le circuit marque un trait descendant sur la ligne A. La malade doit compter les lumières et serrer un tube de caoutchouc quand la lampe s'allume pour la troisième fois : ces mouvements de la malade s'inscrivent sur la ligne B. Enfin, la respiration thoracique est inscrite sur la ligne T. Les pauses respiratoires qui existaient au début en C disparaissent à peu près en D au moment où la ligne B indique une attention à peu près correcte, elles reparaissent quand l'attention se fatigue en E et disparaissent de nouveau en F ([uand on constate que Léa répond encore régulièrement aux signaux lumineux. La même expérience donne des résultats analogues quand on attire l'attention' sur des sensations de contact. Nous n'avons pu réussir à constater des modifications de la respiration quand la malade devait faire un petit calcul mental; il est probable que Léa se prêtait très mal à cette expérience car elle répondait à tort et à travers. Mais une observation peut remplacer cette dernière expérience. Pendant certains accès de sommeil cataleptique la malade semble fort émue, elle pleure et manifeste sur sa phvsionomie une expression de terreur ou d'amour. Nous pouvons, en interrogeant la malade pendant le sommeil hypnotique, savoir qu'elle a eu des rêves et qu'elle voyait soit une belle-mère, soit un amoureux. Nous sommes arrivés à prendre le graphique respiratoire pendant ces états de rêve. La figure 20 nous montre un de ces graphiques fort curieux : en A la malade est en plein état de rêve et la respiration est devenue régulière, en B le même état persiste; en C la malade se réveille ou du moins sort do son rêve émotionnant pour revenir à son état dit de veille, c'est-à-dire à cet état fort confus qui lui est habituel, le rythme périodique redevient

tt»ut à fait net ; en D elle se rendort et recommence son rêve amoureux, la respiration a repris le type régulier. 11 serait facile de multiplier ces exemples qui seraient tous du même ofenre.

FiGURF. 20. — Respiration pendant l'état de sommeil catalcpliquo avec 1 En D, elle retombe dans letat de sommeil avec hallucinî

L'interprétation de ces faits, évidemment complexes, est assez difficile. Notre collègue, M. Marillier, nous suggérait en écoutant cette communication au Congrès une explication intéressante.

Ne pourrait-on pas comparer cette respiration de Cheyne-Stokes à une sorte de tic moitié conscient, moitié subconscient dont la

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