‹ L'état mental des hystériquesChapitre 235 sur 290 · UNE KEI.IDA AUTIFICIEI.I.E · texte numérisé non relu

UNE KEI.IDA AUTIFICIEI.I.E

s'était jatuais piéocfiipéc de la if-spiiatioii et cepeiulaiit cette fonction était léchiite et diiuiniiée chez elle : elle était devenue entièi'ement automatique et rinlliience que les opérations supérieures de l'esprit comme la volonté personnelle ont d'ordinaire sur elle avait dispaïu. (i était, au loiid, le inrinc trouble (jue celui que nous venons d observer dans la miction, mais il n'avait pas amené d'accidents caractéristi(jues et reconnus comme tels.

Les troubles precéilents sont assez connus dans l'hystérie et leur interprétation est assez aisée : il n'en est plus de même pour les phénomènes suivants qui soulèvent bien des problèmes, je veux parler surtout de certains (roubles circulatoires ç\ des hémorragies. Leur étude se rattache intimement à celle des règles. A douze et h treize ans. au moment de la puberté, Marceline présenta de la chorée et de l'anesthésie et ces phénomènes furent d'abord arrêtés par les premières règles à quatorze ans. Cet écoulement eut donc une influence favorable; il en fut toujours à peu près de même : au moment oii ses règles coulaient Marceline se trouvait toujours un peu mieux. C'est le moment où souvent elle revenait i» un état plus élevé, plus alerte, avec plus de souvenirs et plus de sensibilité ; c'était,, comme on vient de le voir, le moment où quelquefois elle sentait spontanément un peu de soiî, ce qui était très extraordinaire pour elle. Si on prenait son poids d'une manière régulière, on observait un petit fait singulier que j'ai d ailleurs observé également chez plusieurs autres femmes, c'est que le poids augmentait toujours dans les huit jours qui suivaient les règles, tandis qu'il diminuait toujours dans les huit jours qui les précédaient'.

Malheureusement cette fonction présenta de très bonne heure des troubles qui eurent une grande inlluence sur toute la maladie. Déjà à l'âge de seize ans les règles furent arrêtées par un reiroidissement et depuis elles restèrent toujours irrégulières et dilliciles. Les règles ne venaient d'ordinaire que toutes les six semaines et très souvent seulement tous les deux mois : elles étaient toujours précédées pendanl huit jours au moins par un redoublement de tous les accidents, par une période de dépres-

1. Cette obserxallon ne doit pas être généralisée ; j'ai recueilli avec précision d'autres observations où des femmes ont régulièrement un poids plus élevé pendant la semaine qui précède leurs règles et maigrissent ensuite. Ces faits demandent une élude plus approfondie.

:m ÉTLDES ï^LR 1>1\ LRS SYMPTOMES IIYSTÉRIQIES

sion profonde. Elles coiumeiuaient avec beaucoup de douleurs daus le bas-ventre et presque toujours l'écoulctnent du sang par le vaivin s'arrêtait au bout dune journée. Alors eoinniençaient très souvent d'autres phénomènes. Marceline dès son enfance avait été sujette aux saignements de nez : à plusieurs reprises ces saignements de nez furent assez graves pour nécessiter le tamponnement. Pendant la période de grave maladie, de dix-sept à vingt ans, elle eut des saignements de nez perpétuels qui semblaient provoqués par ses efforts de vomissement. La moindre des choses, un bain un peu chaud ou simplement une émotion provoquait un saignement de nez grave qui l'affaiblissait beaucoup. On était heureux quand elle restait trois jours sans saigner du nez, car alors elle paraissait reprendre quelque force. Elle était aussi sujette à d'autres hémorragies et souvent ses contractures de l'urètre et de la vessie amenaient des hémorraoies vésicales.

Quand Marceline eut été un peu rétablie, à l'âge de vingt et un ans. ces hémorragies cessèrent de se produire à tous moments et n'apparurent plus que sous une influence unique, toujours la même, celle des règles. Quand les règles avaient duré une journée ou une demi-journée, elles s'arrêtaient : Marceline souffrait beaucoup dans le ventre, mais ne perdait plus de sang. Quelques heures après elle était prise d'un formidable saignement de nez, qu'on arrêtait difficilement, et qui reprenait à chaque instant pendant deux ou trois jours. A partir de l'âge de vingt-trois ans cette hémorragie changea de nature. Depuis longtemps, au moment des grands troubles de l'estomac, Marceline était sujette à' un phénomène qui est connu sous le nom de pituite hémorragique ; certains vomissements, surtout les vomissements glaireux du matin, étaient légèrement teintés de sang. Un jour, au moment des règles, après l'arrêt dont j'ai parlé, au lieu d'avoir son saignement de nez habituel elle rendit un verre de sang noir. Cette fois l'hémorragie continua ensuite par le nez. Aux règles suivantes après l'arrêt, elle souffrit beaucoup de l'estomac et vomit du sang en grande quantité pendant trois jours.

Depuis ce moment les choses furent ainsi réglées pendant des années. Les règles, très irrégulières et très espacées, commençaient soit pai- le vagin soit par le nez, le plus souvent par le vagin ; puis s'arrêtaient plus ou moins longtemps et continuaient par la bouche. Il y avait toujours de grands vomissements noirs à

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cette époque pondant plusieurs jours. Puis ces vomissements de sang s'arrêtaient et ils étaient remplacés par les vomissements alimentaires ordinaires. 11 y avait toujours à ce moment une rechute de tous les accidents gastri(jues et de toutes les idées fixes relatives à l'alimentation. Il est curieux de noter cjue rien ne semblait avoir de l'influence sur ces vomissements de sang à l'époque des règles. La continuation de son régime ordinaire ne les prolongeait pas; la suppression de toute alimentation, les applications de glace sur l'épigastre, les potions au bicarbonate de soude, au sous-nitrate de bismuth, rien ne diminuait leur durée. Une seule chose les suspendait, c'était la l'éappaiilion d'une autre hémorragie: quand elle saignait fortement du nez, elle ne vomissait plus de sang. Quelquefois l'écoulement de sang recommençait par le vagin et alors les vomissements de sang étaient immédiatement arrêtés. Les choses durèrent ainsi jusqu'à l'âge de trente ans à peu près : puis les règles semblèrent mieux rétablies et ^hirceline pendant quelques années n'eut plus de vomissements de sang. Plus tard commencèrent les crachements de sang rouge et spumeux en rapport avec la tuberculose pulmonaire.

Je me suis bien souvent demandé si Marceline n'avait pas un ulcère d'estomac et je lai soumise pendant des années entières au traitement de l'ulcère, sans résultat d'ailleurs. Aujourd'hui en présence d'un cas semblable je n hésiterais pas à faire faire une opération chirurgicale. Mais je ne crois pas que cela aurait transformé d'une riianière heureuse la maladie de Marceline. Ses troubles anorexiques et gastriques étaient antérieurs de dix ans aux vomissements de sang. Les hémorragies supplémentaires s'étaient déjà produites depuis sept années par la vessie et surtout par le nez sans qu'il v eût d'ulcère et d'ailleurs toute la maladie physique et morale continua quand les vomissements de sang furent suspendus. D'autre part on ne peut pas dire non plus que ce sujet fût simplement une hémophile disposée aux hémorragies profuscs par un trouble du sang : des blessures accidentelles, l'arrachement des dents que Ion fut obligé de faire plusieurs fois n'amenaient pas d'hémorragies. Ces accidents étaient évidemment en rapport avec l'augmentation de la pression au moment des règles et avec les difficultés de l'écoulement utérin dépendant de quelque spasme. Il me paraît bien difficile de supprimer tout à fait l'élément névropathique dans de telles hémorragies.

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l^our terminer létude des fonctions viscérales, je rappellerai que, à plusieurs leprises et pendant des mois entiers, j'ai noté ou fait noter deux fois par jour le nombre des battements du pouls et la température. Le pouls était en général lent: pendant des mois enJtiers il restait entre 5A et 58, n'atteignant Go (jue d'une manière exceptionnelle. La température vaginale, en dehors bien entendu de la période terminale prétuberculeuse et tuberculeuse, atoujours été normale. Tout au plus peut-on remarquer sur mes longues courbes qu'elle est presque toujours un peu basse. Sauf dans les huit jours qui précédaient les règles où elle se relevait à 3-", 2 le matin et 37°,3 ou /| le soir comme cela arrive chez beaucoup de femmes, elle était de 36", G ou 36", 7 le matin et de 36", 8 ou 36", 9 le soir, arrivant rarement à 3;". J'avais cru observer que pendant une période une température de 3;", 3 ou de 37"/», le soir coïncidait avec un meilleur état général et un esprit plus actif et j'avais pensé faire de cette légère élévation de la température un signe de l'état alerte, mais cette remarque ne s'est pas confirmée.

Je voudrais dire un mot de certains troubles trophiques. L'hiver elle était couverte d'engelures, l'été elle était sujette h l'eczéma qui siégeait surtout aux pieds et aux mains. Elle a toujours eu une maladie cutanée sur le mamelon des seins qui était couvert d'écaillés cornées (eczéma chronique du mamelon). Ces troubles n'étaient guère influencées par son état nerveux. Cependant il faut remarquer que pendant les très mauvaises périodes de dépression, quand Marceline ne s'alimentait pour ainsi dire plus, sa peau devenait sèche, écailleuse ou pulvérulente, ses cheveux secs et cassants changeaient de teinte et devenaient plus roux. Dans les bonnes périodes sa peau devenait plus humide, ses cheveux plus brillants et plus châtains.

Le poids du corps, qui a été pris régulièrement à peu près tous les huit jours pendant toute la durée de l'observation, subissait des oscillations considérables bien nettement en rapport avec l'état général, la facilité plus ou moins grande de l'alimentation. Fendant les bonnespériodes elle pesaitde5oà52 kilogrammes, pendant les mauvaises elle tombait à 4i et même Sg. On pouvait noter d'une manière singulière par la courbe du poids l'influence qu'avaient sur elle les séances de psychothérapie. Dans la première semaine qui suivait sa visite elle augmentait d'un kilogramme, elle restait stationnaire une semaine, puis elle perdait

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un kilogramme et m^mc deux si on [iiolonocait l'inlervalle de ses visites.

Pour mieux indiquer comment se luisait la nutrition chez un sujet de ce <renre, je ne puis mieux faire que d'indiquer ([ueiquesuns des résultats de l'étude qui lut faite sur Marceline au laboratoire de physiologie de l'Ecole de tnédecine en i8(|5 et 96. Marceline, que je désirais depuis longtemps soumettre à une observation rigoureuse, fut installée au laboratoire de l'Ecole de médecine grâce à l'obligeance de M. Charles Richet; elle était soumise h une surveillance constante pendant toute la journée et la nuit elle était enfermée à clef dans sa chambre. Nous avions décidé qu'on lui donnerait comme aliments et comme boissons tout ce qu'elle demanderait sans lui rien imposer, mais que tous ces aliments seraient exactement pesés et analysés. D'autre part le sujet était lui-même pesé avec précision plusieurs fois par jour, tous ses excréta étaient analysés. La respiration fut également l'objet de plusieurs expériences et analyses.

Sans doute les conditions de cette expérience ne furent pas de tous points excellentes. Marceline, quoiqu'elle eût consenti à tout, était mécontente de la suspicion; elle n'était pas dans son milieu normal, elle s'ennuyait beaucoup et s"in(juiétait d'une foule de choses malgré nos précautions. 11 est certain que tout cela agissait sur son état nerveux, la mettait dans un état de dépression et nous dissimulait l'état de la nutrition normale. Certains résultats me paraissent cependant intéressants.

En premier lieu je pus constater avec certitude que l'alimentation régulière de Marceline était bien celle qu'elle m'indiquait depuis des années et qu'elle ne consommait pas autre chose. Son menu était le plus souvent: lait -j^yo grammes, bière 100 grammes dans la journée, ou bien lait aôo, bouillon i3o pour une journée, ou bien lait 200, pain 120, café 200 toujours dans les 2^ heures.

Le total des aliments du 7 janvier au 1 1 février, c'est-à-dire pendant 35 jours, fut: pain 5''«%36o, lait 9''fi^85o, café li^^^Qbo. L'analyse de ces aliments a été faite au point de vue de l'amidon, delà graisse, du gluten, du sucre, du beurre, de la caséine, puis au point de vue des calories que fournissent chacune de ces substances. Ce calcul montre que les aliments absorbés par Marceline lui fournissaientpar jour 56o calories, 8^6, soit par kilogramme

et par heure o, 193, ce qui est bien loin des 3 000 calories par jour considérées comme nécessaires à un homme normal.

L'étude la plus importante consista à rechercher comment se comportait le poids du sujet avec cette alimentation exactement vérifiée. A cause des circonstances que j'ai indiquées, la première semaine fut fort mauvaise : Marceline vomissait constamment le peu d'aliments qu elle prenait avec dégoût et le poids baissa beaucoup, de 2 kiloorammes en une semaine. Puis Marceline s'accoutuma, vomit moins et dans les cinq semaines suivantes elle ne perdit plus de poids: elle passa de 37''''''",873 à Sy'^^^-jSS avec une diflerence de 1 4o grammes seulement. En réalité elle pouvait donc conserver l'équilibre de son poids pendant cinq semaines avec cette alimentation extraordinairement réduite. Ce n'est qu'une confirmation d'ailleurs de ce qu'on avait souvent observé chez certains jeûneurs.

Cette Taible perte de poids, malgré une alimentation insulTisantc, cette absence de dépense organique se manifeste encore très bien dans une autre observation qui nous a paru fort curieuse et que nous avons souvent répétée. Si on prend deux fois le poids d'une personne à quelques heures, d'intervalle sans que pendant ce temps elle ait absorbé aucune nourriture, ni aucune boisson, sans qu'elle ait j'ien perdu par les selles ou par l'urine, on ne retrouve pas cependant dans la seconde pesée le poids initial de la première. Il y a toujours une perte de poids qui est assez importante et qui est due à la respiration et à Tévaporation de la transpiration cutanée. Cette perte de poids est assez variable suivant les individus. Ainsi dans une expérience de deux heures et demie M. Richet perdit 162 grammes, MM. Langlois et Athanasio, qui avec une grande obligeance dont je les remercie nous aidèrent beaucoup en faisant de très nombreuses analyses chimiques, perdirent l'un 16;^, l'autres 197 grammes, je perdis moi-même iG5 grammes. Dans le même espace de temps Marceline ne perdit que 23 grammes. Pour donner un sens à ces chifl'res il faut tenir compte non seulement de la durée qui fut variable, mais encore du poids de l'individu considéré, car il est naturel qu'un homme de 71 kilogrammes perde plus qu'un autre de 36. Dans chaque expérience la perte de poids fut ramenée à ce qu'elle aurait été pendant une minute et pour i kilogramme de la personne considérée. Enfin on fit la moyenne de toutes mesures obtenues ainsi avec le même individu. Si on fait tous ces calculs on obtient les chifl'res

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suivants : M. Charles Richet, moyenne d'une première série de 3 expériences, l 'j milligrammes par kilogramme et par minute, moyenne d'une seconde série de 6 expériences, lô^'-'^a ; M. Langlois, moyenne de 5 expériences, 15™"'^, 6; M. Athanasio, i5,S; un garçon du laboratoire, 9,1; un autre, 18; moi-mônie, première série de 3 expériences, 17.7; deuxième séiie de 6, 16,7. Si on considère au contraire les mesures que l'on obtient avec Marceline, on obtient des chillVes tout à tait difïérents. Ces chiffres comme moyennes de plusieurs séries d'expériences reprises à différents moments sont de 2 milligrammes par kilogi'amme et par minute, une autre fois, 4"'''%8, puis 3,3 ; ^,5 et même un jour on constata une perte de o^^^b. Il y a là quelque chose de très curieux qui se rattache à notre première constatation sur la conservation du poids pendant 5 semaines avec une alimentation tout à fait insuffisante. La perte de poids continuelle par la respiration et l'évaporation de l'eau était chez elle tri^s diderente de ce qu'elle est chez un individu normal qui se nourrit autrement et qui dépense beaucoup plus.

Nous arrivons au même résultat si nous étudions les urines du sujet : les urines sont très peu abondantes dans la première série d'études. Pendant 6 semaines elles ont été de 4i5 grammes par jour au maximum, de i 'i() au minimum, en inovenne 200 grammes par jour ; dans la seconde série de 6 semaines au maximum 343 grammes, au mininiiiin i5o, en moyenne un peu plus de 200 grammes par jour. L'urée a été dosée chaque jour par l'appareil de Regnard et l'azote total de l'urine par la méthode de Kjeldhal. La quantité d'urée a été assez variable : maximum 9'ï'",i3, minimum 28'^,8i5, en moyenne 5 à 6 grammes d'urée par jour. L'azote total de 6 à 7 grammes par jour. Les selles n'ont été en 5 semaines que de 27'î'',5o avec des doses infimes d'azote. Nous sommes bien loin des s>5 à 3o grammes d'urée considérés comme normaux dans l'urine de chaque jour.

On trouvera le résumé des études qui ont été faites sur la respiration dans l'article de M. Charles Richet (^Comptes rendus de la Société' de biologie, 1896, p. 949) •' je n'en donne ici qu'une partie. Les inspirations de Marceline étaient faibles et chacune d'elles ne faisait pénétrer en moyenne que o',32. tandis que mes propres inspirations mesurées comme terme de comparaison donnaient en movenne i',io.

Le résultat le plus curieux fut fourni par l'analyse des gaz de la

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respiration. Si l'on mesure sur des objets normaux pris comme témoins l'oxygène absorbé et l'acide carbonicjue éliminé en exprimant les résultats par kilogramme et par heure et si l'on calcule

le quotient respiratoire on obtient les chiiTres suivants:

G* €o* Quotient

en litres en litres respiraloiro

R... iS,8 17,4 0,92

La moyenne du (juotient respiratoire dans ces trois expériences est de o,85. Répétons les mêmes mesures avec Marceline : quatre expériences nous ont donnné les chiffres suivants :

Ces chiffres nous montrent plusieurs différences importantes et qui ne sont pas entièrement explicables. Le chiff're d'élimination de l'acide carbonique est très faible, nous pouvions le prévoir : cela indique qu'il y a peu de combustions organiques. Mais ce qui est surprenant c'est que le chiff're de l'oxygène absorbé est très élevé comme si le sujet absorbait de l'oxygène qu'il n'utilise pas. Il en résulte que le quotient respiratoire est très bas. On sait que le quotient respiratoire varie avec l'alimentation, les carnivores ont 0,70 et les herbivores 0,90. Mais il n'est pas facile d'expliquer la raison de ce quotient respiratoire très bas chez un sujet en état d'inanition.

Les études de ce genre sur la nutrition de malades névropathes sont extrêmement délicates : on ne se figure pas le travail qu'elles demandent pour obtenir des résultats assez minimes et toujours discutables par certains cotés. J'ai été heureux de les faire une fois, grâce à l'aide de M. Richet, pour pouvoir en apprécier la difficulté. ^L Richet fut très frappé j)ar une dilficulté dans les analvses chimiques. Dans la somme totale des excréta pendant cinq semaines la quantité totale de chlorure de sodium dépassa notablement la quantité de chlorure de sodium dans la somme des ingesta. Cela indiquait soit une erreur dans les calculs, soit une fraude cependant peu vraisemblable. Nous ignorions à cette

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époque ce que l'on commit mieux aujourd'hui sur les iricgularités (le l'émission ilu clil<»iure de sodium et sur les débâcles chlorurées qui surviennent dans diverses circonstances. Il est probable (|uc si lObservation avait pu étie proloufrée plus longtemps dans les mômes conditions, nous aurions assisté à une rétention chlorurée. J'étais moi-même plus Irappé par les dillicultés morales de l'expérience qui mettaient le sujet dans des conditions anormales et mauvaises. Nous n'avons pu analyser la nutrition que dans un état de dépression assez anormal. Il aurait été intéressant de constater le chanprement de la nutrition dans un autre état plus relevé. Il aurait été lort long et lort dililciie d obtenir cet état dans ces conditions. Il se réalisa d'ailleurs de lui-même quand Marceline sortit du laboratoire, car pendant quelques mois elle réussit à manger un peu plus et à augmenter de poids.

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