Pitres, op. cit.. I, p
de sondages malpropres quelle se faisait elle-même. Au contraire, pendant le somnanihulisme, la cystite reprenait son caractère classicjue de cystite douloureuse et le malade poussait des cris.
M. Ravniond décrit ainsi l'anesthésie urétrale d'un de ses malades: u On peut enfoncer dans le canal de l'urètre jusqu'au col de la vessie une sonde métallique reliée à l'un des pôles de l'appareil électrique, l'autre électrode étant appliqué sur le gland ou sur le périnée, et faire passer le courant maximum sans que le malade accuse aucune sensation ; il en est de môme du rectum' ».
Ces anesthésies organiques sont d'ordinaire accompagnées de troubles nombreux du fonctionnement des organes : (juand l'anesthésie de la vessie et de l'urètre est complète et porte sur le sens musculaire comme sur le sens tactile, on peut constater de l'incontinence diurne ou nocturne au moindre effort du malade'. Cela est cependant assez rare et je dois dire que je n'ai jamais vu d'incontinences incontestablement hystériques. Ce qui est beaucoup plus fréquent c'est la rétention qui, chez M., accompagne toujours cette anesthésie.
Nous n'avons pas à étudier ici ces phénomènes de paralysie et de spasme et môme nous connaissons trop peu le rôle des sensations psychologiques dans tous ces phénomènes organiques, pour bien comprendre ces anesthésies. Rappelons seulement fiu'elles ressemblent sur un point ;i l'analgésie ; elles ne semblent pas laisser subsister de sensations subconscientes. C'est probablement à cette absence qu'il faut attribuer la plupart des troubles graves.
3" Anesthésie génitale. — Les sensations génitales sont presque toujours conservées malgré l'anesthésie cutanée générale, cela résulte de l'importance que le sujet y attache d'ordinaire. Cependant elles peuvent être disparues et certaines hystériques sont absolument frigides, majgré le préjugé singulier que Ion a quelc|uelois à leur égard. Cette anesthésie, pénible quand elle existe, s'accompagne (juelquefois des plus singuliers phénomènes moraux. Nous verrons, à propos d(^s émotions, une
1. Ravmond, Anesthésie cutanée. Revue de médecine, i8gi, p. SgS.
2. hère. Archives de NeuroL, i88^. — Jules Janet, Les troubles psyctiopattiiques de la miction, 1890, et les troubles vésicaux névropathiques. Traité de chirurrjie, 1892, t. VII, p. 724.
LES ANESTHÉSIES 55
r» iniiK' (|iii [»ri(l;ill il la luis \c sens jrénital, l«^ sriitimciil de la |)iicloiir et iiiAtuo les soiitiriuMits de famille. Knlin on sait que cette anesthésie laisse siihsisler tous les réflexes et ne mmlKi.' pas en général le lonctionrHMiienl des organes érectiles'.
l\" Anesthésie kinesthésique. — Les sentiments (jue nous procurent les mouvements de nos membres sont des plus complexes : il faut surtout éviter de confondre les phénomènes psychologiques qui accompagnent les monvetnents actifs accomplis par le sujet lui-nu''me et ceux qui sont en relation avec les mouvements passifs communi(|ués du dehors aux membres. Je ne parle ici évidemment ({ue des seconds. Parmi ces derniers, la perte du sentiment de fatigue musculaire a déjà été signalée, elle se comporte comme une analgésie. Cette perte est très fréquente et elle joue un grand rôle dans le phénomène des attitudes cataleptiques. L'hystérique peut aussi |HM(lre siniultanément ou isolément la sensation do pression, de torsion, de traction des muscles, enfin, ce (jui est plus spécial, il peut perdre la n(»tioii des contractions inégales des différents muscles". Il en résulte qu il est incapable d aj>j)récier le poids des objets, même quand il cherche à les soulever^, qu'il ne sait pas les mouvements que Ion fait exécuter à ses membres, enfin qu'il ne se rend pas compte, sans regarder, de la j)osition donnée à ses membres. Il perd ses jambes dans son lit. suivant une ft)rmule célèbre et souvent vraie.
Pour ajiprécier cette anesthésie musculaire, il sullil. (|uand elle est profonde, de détourner la tête du sujet et de dti'piacer son bras en lui demandant soit de décrire la position du bras, soit, ce qui est mieux, de placer volontairement son autre bras dans une attitude semblable. Quand l'anesthésie musculaire n'est pas complète, il est plus didicile de l'apprécier. On peut alors appliquer à cette recherche une expérience déjà ancienne de M. Beaunis'. L auteur s'était servi de sa mçthode pour des études de psychologie sul)jective : il taisait lui-même les mouvements et appréciait ses propres sensations. J'ai souvent essayé d ap|)li-