TROISIEME PARTIE
LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE l'hYSTÉRIE*
I. Publié en 1898 dans le Traité de thérapeutique appliquée de M. Albert Robin, tome XV, p. 1^0
L'hystérie maladie mentale. Notions pathologiques sur l'état mental des hystériques et indications thérapeutiques générales.
A. — Caractère psycbologique des piiénomènes hystériques.
« Il faut bien que l'on sache, disait Charcot, que l'hystérie est une maladie psychique d'une façon absolue'. » Plusieuis auteurs en France et à l'étranger ont adopté cette conception de l'hystérie qui avait déjà été en partie proposée par Briquet ; j'ai essayé moi-même dans une série d'études publiées depuis 1886 d'analyser les principaux symptômes de l'hystérie et de montrer la part prépondérante que prenaient dans chacun deux des phénomènes psychologiques, et j'ai cru pouvoir conclure comme Charcot et considérer l'hystérie comme une maladie mentale.
Cette expression me semble avoir provoqué certains malentendus. Les uns ont eu peur que l'on ne confondit les hystériques avec les aliénés proprement dits*. Bien qu'à mon avis, les hystériques doivent être rapprochés de certains aliénés, je répondrai que toute maladie mentale n'est pas l'aliénation entendue dans le sens vulgaire du mot.
D'autres auteurs semblent craindre que la considération des phénomènes psychologiques ne tende à supprimer les études soit anatomiques, soit physiologiques sur cette maladie. Je ne puis comprendre l'opposition que l'on prétend établir entre ces deux études : dire que l'hvstérie est une maladie mentale, c'est affirmer qu'elle dépend d'un trouble dans les fonctions des centres corticaux du cerveau ; cela n'empêche en aucune manière d'étudier les rapports de l'hvstérie avec l'arthritisme ou bien avec les