Charcot, Leçons du mardi, I
2. Cf. Grasset, Leçons de clinique médicale, 3*^ série, 189G, p. iSg.
f,*i LE TRAITEMENT PSYCHOLOGIQUE DE L'HYSTÉRIE
aiito-intoxioations qui déterminent peut-i^tre ce trouble cortical. Les phénomènes mentaux sont des laits aussi réels que les autres en relation avec des phénomènes physiologiques et ces deux catégories de laits doivent être étudiées simultanément. Nous constatons seulement qu'aujourd'hui les études anatomiques histologiques ou même chimiques sur cet état des centres corticaux ne sont pas assez avancées pour donner la raison des symptômes cliniques et nous disons simplement que, pour le moment, ce sont les phénomènes mentaux qui, mieux connus, expli(|uent les laits que 1 on observe, et jouent le principal rôle dans l'interprétation de la maladie.
Il est d'ailleurs tacile, si Ion ne craint pas les hypothèses un un peu aventureuses, de traduire les observations psychologiques en langage anatomique, suivant les conceptions à la mode sur les fonctions des principaux centres. Au lieu de dire, comme je lai fait si souvent, qu'une anesthésie donne naissance à une amnésie, qu une anesthésie musculaire ou kinesthésique amène une paralvsie, on dira que l'engourdissement de tel centre tactile ou visuel donne naissance à une amnésie, que l'engouidissement de tel autre centre des sensations musculaires détermine une paralvsie. Un tel langage est permis, sans doute, mais il faut bien savoir qu'en dehors des constatations directes, anatomiques et histologiques qui n'ont pas été faites, ce langage n'est qu'une traduction. Malgré son apparence anatomique, ce n'est qu'une explication psychologique qui cherche à se dissimuler.
S'il en est ainsi, n'est-il pas naturel de se préoccuper de ces phénomènes mentaux dans le traitement de l'hystérie ? Ce ne sera sans doute qu'une thérapeutique symptomatique, puisque nous ignorons la cause physiologique ultime de ces altérations mentales. Mais il nous est difficile de faire mieux et les divers traitements physiques qui ont été proposés, et qui ne sont pas supprimés par une thérapeutique morale, ne peuvent guère se justifier davantage.
B. TuLU.VI'EL TIQUE MENTALE.
Aussi depuis longtemps a-t-on compris la nécessité de ce traitement psychologique. Bcauchêne, dans son petit livre curieux sur « l'influence des afïections de l'âme dans les maladies ner-