‹ L'état mental des hystériquesChapitre 265 sur 290 · LA SU(ÎGESTION ET LA DISSOCIATION 1)L L IDI.E FIXE · texte numérisé non relu

LA SU(ÎGESTION ET LA DISSOCIATION 1)L L IDI.E FIXE

on ne peut guère espérer des nnxhfiealions aussi faciles et il faut profiter de l'état hypnoti(|ue pour ajoutei- ;i son action celle (l'aiities procédés psyclu)logi(jues.

B. — Usage de la si"g(;estion.

Aussi tous les observateurs ont-ils été natui'elletnent conduits à utiliser un des j)hénoniènes les plus connus du somnanibulisnie, la suffîrestihilitc. La sMiisestibilité naturelle des hvstéricrues est, en général, augmenté pendant l'état hvpnoti(|ue ; nous n'avons pas à étudier ici les variations et les conditions de ce phénomène. Avant d'essaver les suggestions thérapeuti({ues dirigées conti'C les accidents, il est bon de vérifier d'abord le degré de la suggestibilité, d'essaver d'abord les suggestions simples puiement expérimentales qui réussissent beaucoup plus facilement que les suggestions thérapeuticpies, car elles ne se heurtent ii aucune idée lixe antagoniste. Je crois donc nécessaire de dresser (pielcpie peu le sujet aux mouvements automatiques, aux hallucinations mômes. Cela n'est pas sans inconvénients, sans doute, mais le somnambulisme n'a été provoqué que parce que l'état était grave, et on n'aura jamais raison d'un état grave, si on n'a pas un peu rompu le sujet à l'obéissance. En même temps, on s'efforcera d'endiguer en (|uel(|ue sorte cette obéissance, d habituer le sujet à ne se laisser endormii' (|ue par une seule personne et à n'obéir de cette manière <|u'à elle seule. Cette domination exclusive du médecin sera pour le malade le meilleur des préservatifs contre les délires et les accidents de l'hvstérie. Il est fâcheux, sans doute^ d'établir une domination de ce genre sur un esprit, mais il faut songer que l'hvstérique a déjà perdu la liberté de sa volonté et <[u'on lui enlève surtout la liberté de divaguer.

(^)uand de telles suggestions réussissent, on peut en profiter pour donner conliance au sujet, lui montrer ([ue l'on a de la puissance sur son corps et sur son esprit, que l'on peut le modiliei' et par consé(|uent le guérir. J'ai vu bien souvent la provocation d'une hallucination ou d'un mouvement automatique, ou bien encore l'expérience facile qui consiste a deviner les pensées d'un sujet par les mouvements subconscients, étonner les malades, les rendie complètement dociles et préparer d'une façon remarquable leur guérison. On sait encore que nous pouvons facilement ajoii-

Ja.net. — Hvsltric. 42

658 LE TUAllTMLNÏ rSYCHOLOGl(>UE ni: LinSTlRli:

ter à la suggeslion (|ucl(]ues pratiques matérielles destinées à frapper ilavantage limagination : les pilules l'uliuinantes auront toujours une grande place dans cette thérapeutique un peu- spéciale, et nous avons aujourd'hui avec les plaques métalll(jues, les o-rands aimants, réleclricilé, elc., tout un arsenal à notre disposition.

Il serait trop long d indi([iier ici lesdillicultés ou les dangers de la suggestion, ce sont des questions toutes spéciales. Je rappelle seulement que certains sujets peuventexagérer la suggestion. Une malade à qui on commande de manger, se met à manger toute la journée ; une autre à (|ui l'on défend de s'endormir à tout moment, ne s'endort même plus la nuit. Ces excès sont d'ordinaire faciles à restreindre. Plus souvent une suggestion (|ui est exécutée incomplètement tourmente beaucoup le sujet et détermine de véritables états de confusion mentale. Il sulfit d'être prévenu de la possibilité de ces accidents.

Le plus grand danger de ces pratiques, c'est qu'elles peuvent habituer le sujet à cette obéissance passive, lui enlever le contrôle personnel et en un mol augmenter sa suggestibilité déjà trop grande. Il est trop évident (|ue les pratiques les plus utiles poussées il l'excès deviennent dangereuses et qu'il faut absolument éviter de transformer des hystériques en sujets de démonstration et en machines automatiques. Il ne faut pas juger la suggestion d'après quehjues exagérations. On cherchera toujours à restreindre cette domination au point strictement nécessaire et l'on complétera toujours ce traitement local par un traitement général dont nous parlerons tout k l'heure. Celui-ci aura pour but d'élargir le champ de conscience, de rétablir les sensibilités et les souvenirs, d'augmenter la volonté et l'attention. Dans un traitement bien dirigé, la suggestion, qui a été d'abord nécessaire, cessera bientôt d'être possible, parce (jue le sujet aura perdu pres(jue toute sa suggestibilité pathologique.

Page 1