I. AulhiiLalisnie psYcliolijijifjuc, i>. 'jy
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qnon avilit livpnolisf^p dniis la joiinicf d (|tii sciiililait avoir un (Mil)li coinpK't au r('\f'il. racorilcr tout haut pf-uflant la nuit, coniiiu' faisait Lucio, co qu On avait fait avec flic pendant le sonmainhulismc. Qiiel(|nof<)is ces souvenirs du sornnanihnlisme iM-apparnissont d'une façon plus curieuse : ils m- s(»iit pas cxpiiiiK-s loiil haut par le siip't, mais ils se présenleiit a liii priidanl !•■ soiuiiicil connue un rf'^ve ordinaire. Or, comme on peut ordinairement se souvenir de semblables rt'^ves, le sujet au moven de cet intermédiaire retrouvait la mc'moirede son somnamluilisme. (^est ainsi (pie B.. et Justine ignorent leur somnambulisme au moment du réveil, et cepenchint le savent rpiehpielois le lendemain malin.
î.es atta(pies et le sommeil iialiir(d ne sont pas tout a lait ii noire disposition ; nous pouvons, dans certains cas, user d un procédé plus prati(|ue encore. On peut artificiellement, par le somnand)ulisine j)rovo(pié, repro<biire ces états dans lesquels les souvenirs dis|)ariis se manifestent de nouveau. Bertlie, par exemple, est très facilement hypiiotisable, ne cherchons pas maintenant ce que c'est cpie l'hypnotisme, c'est là encore probablement un même nom appliqué confusément à des choses fort différentes les unes des autres. Je rappelle seulement un fait déjà constaté : l'hvpnose est un état qui ne laisse pas de souvenirs après le réveil du malade. Cet oubli est plus ou moins net, plus <ui moins raj)idement obtenu après les premières hvpnotisations : mais il est à mes yeux la caractéristitpie de l'état somnambulique plus ou moins grave. Chez Berthe, il a existé dès la première fois que je l'ai endormie. Ce fait n'a rien d'étonnant : c est une jeune fille prédisposée à ce phénomène, avant naturellement et à chaque instant des amnésies localisées analogues à celles qui ont été décrites par Despine. Fdie avait depuis de longues années, avant de venir à l'hôpital, des somnambulismes naturels, la nuit d'abord et, cela ne doit pas sur|)rendre, même le jour. L hypnose consiste simplement chez elle à reproduire artificiellement un de ces nombreux états suivis d'amnésie dans lesquels elle entrait d'elle-même à chaque instant. Elle semble, quand on la réveille, avoir totalement oublié ce qui s'est passé pendant qu'elle dormait ; autrefois, quand on la secouait après ses hypnoses spontanées, elle s'arrêtait tout ahurie, avant totalement oublié ce dont on I avait chargée l'instant précédent. Eh bien, cet oubli n'est (pi'une apparence, une illusion ; il sulfit de la rendormir, de la remettre par suggestion, si l'on veut, <»u mieux par une habitude automatique, dans
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un état moral analogue à celui dont elle vient de sortir pour quelle retrouve tous les souvenirs. Chez elle, ro|H'rali(»n est excessivement simple, car, dès le début de l'état hypnotique, toute amnésie, comme toute anesthésle, a complètement disparu. Non seulement elle retrouve les souvenirs des somnambulismes provoqués, mais ceux des somnambulismes naturels, des crises, ceux mêmes de ces périodes bizarres de la veille qui sont instantanément oubliées.
Cette recherche des souvenirs disparus n'est pas toujours aussi facile. Marguerite, une lois hvpnolisée. n'a pas le souvenir complet de tout le somnambulisme naturel (|ui suit l'altaque, elle ne se rappelle que la première partie de cette crise, celle pendant laquelle elle garde les yeux fermés. Mais si, pendant l'état hypnotique, on lui ouvre les yeux, elle éprouve, ce qui est loin d'être général, une modification de son état mental, et elle reprend les souvenirs de la seconde période de la crise, celle pendant laf|uelle elle a aussi les veux ouverts. Nous avons déjà parlé de somnambulismes variés dans lesquels l'état de la sensibilité se modifie. Eh bien, dans ces états, la mémoire se modifie également' et, par une sorte de tâtonnement, en passant de l'un à l'autre, on arrivera à peu près toujours à restaurer le souvenir que l'on désire.
Quelquefois môme nous pourrons nous passer du somnambulisme ; par le moven de la suggestion, ou grâce à l'association des idées, ou mieux encore, en dirigeant bien et en soutenant l'attention du sujet, nous pourrons lui faire retrouver les souvenirs perdus. Bien entendu, je ne parle ici que des petits oublis hvstériques. Quand il v a une grande amnésie bien nette, il faut presque tcuijours recourir à l'attacpie ou au somnambulisme. Chez M""^ D..., par exemple, on n'obtient rien en essayant de diriger l'attention consciente pendant la veille ; on lui fait, au contraire, retrouver tous les souvenirs quand «m l'rndort. Kn un mot, la mobilité de ces amnésies est la raison de leur caractère périodique et elle prouve que la conservation des souvenirs n'est pas altérée.
5° Les anesthésies se présentaient avec un caractère conLracUcloire, je crois qu'il en est de même pour les amnésies. Nous avons déjà remarqué combien les amnésies générales étaient singulières. M. "Weir Mitchell nous dit que Marie Raynolds est comme un enfant qui vient de naître, mais un enfant avec les ca-
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pacités intellectuelles de ladulle : « L;i niison. dit-il. s'exerce chez elle, sans aucune donnée. » l"!h bien, j avoue que je no comprends pas ce que cela veut dire. (Qu'est-ce que cette intelli gence abstraite, ce pouvoir occulte (jui subsiste tout seul ? L intelligence de 1 adulte est simplement la somme des souvenirs, des associations d'idées, des tendances préorganisées ii passer dune image à une autre. Le défaut d'intelligence de l'enfant est précisément labsencc de cette or(£aiusation. Psvchidoiiiciuemcnt comme physi(|uenient, on no peut pas ôtre ;i la fois un enfant et un adulte. Ou Mary a réellement perdu tous ses souvenirs et a lesprit d'un enfant f|ui vient de naître, et alors elle est inintelligente, stupide, comme l'enfant (jiii nait ; ou elle est intelligente et alors elle n a pas perdu ses souvenirs. D'ailleurs, ii chacpie instant on voit se manifester ces souvenirs : le sujet réapiirend excessivement vite, il sait mieux une ancienne chanson ([u une nouvelle. « Quand elle chante, elle a en général besoin d'être aidée pour les deux ou trois premieis mots d'une ligne ; elle achève le reste c?e mémoire, à ce qu'il sc/u/jIi'... Quand on lui a demandé où elle a appris à jouer un air en regardant la musique sur un livre, elle a répondu qu'elle ne pouvait pas le dire et elle s'est étonnée que son interlocuteur ne pût pas en faire autant'. >» Ces faits sont extrômement importants, car ils nous montrent, non plus seulement la conservation, mais la rcjjroduction même des images malgré I amnésie. On sait (|ue la renaissance des images au moment opportun est une condition essentielle du souvenir complet et on croit tout nalurellement (jue ce phénomène est altéré dans l'amnésie hystérique. 'Sl""^ D..., par exemple, semble ne pouvoir reproduire les images qu'en rêve, pendant le sommeil, et ne |)as pouvoir les reproduire quand il le faut, suivant les besoins de la veille. F.h bien, le caractère contradictoire de ces phénomènes est tel que malgré l'amnésie apparente, les souveniis peuvent se reproduire (juaiid il le faut,
même pendant la veille. M""' D si je ne me trompe, a tout le
temps dans l'esprit et sur les lèvres la réponse a la question qu'on lui pose ou qu'elle se pose à elle-même. Pourquoi est-ce que je me figure une chose pareille quand la pauvre femme se déclare si malheureuse et prétend (|u'il lui est absolument impossible de retrouver le moindre souvenir ? C'est que nous avons déjà vu
1. Ubserv. Je Sharpcy, d'après Ribot, Maladies de la mémoire, p. 67.
bien des choses semblables chez les hystériques. Nous avons vu qu'elles semblaient ne pas sentir, ne pas voir et (jue cependant, il ce moment même, elles avaient très bien dans l'esprit les sensations tactiles et visuelles. On peut se demander s il n en serait pas de même j)i)ur les images (pii diU'èrent si [xmi des sensations. Certains actes de la malade nous ont inspiré cette supposition bien avant que nous n avons pu la vérifier par des expériences. M""" D... oublie tout en une minulr cl ne jjarvient à connaître aucune des jiersonnes tle ! hôpital ; cepcMidanf. (piand elle sort dans la cour, elle va toujours spontanément s'asseoir auprès des mêmes personnes (pii prennent soin d elle. Toutes les fois qu'elle rencontre un chien, lùt-il le jdus inoll'ensif, elle se sauve en cachant sa figure et en poussant des cris de terreur. Il ne suffît pas de dire quelle a peur des chiens, car, si on liiitcrroge sur son passé, elle nous adirme qu'autrefois, même au mois de juillet, elle n'avait pas peur de ces animaux. D'où vient ce changement? Evidemment de la morsure qu'un. chien enragé lui a faite au mois de septembre et des cautérisations consécutives. Mais, actuellement, elle ne se souvient |)as de cet accident et ne sait pas pourquoi elle a peur ; ce souvenir se reproduit donc à son insu.
J'ai vérifié cette reproduction subconsciente des souvenirs par bien des expériences, par des suggestions surtout (pii s'exécutaient à l'heure dite, malgré l'amnésie. Mais voici le procédé (pii me paraît manifester le fait de la façon la plus nette.
Si j'interroge directement cette malade, si je lui demande de prononcer ou môme d'écrire volontairement le nom de l'interne qui la soigne, je constate qu'elle semble faire effort, mais qu'elle ne trouve pas et se déclare incapable d'écrire ce nom. Il faut procéder autrement: je m'écarte d'elle et je |)rie une autre persfmne de causer avec la malade ; elle répond a ses questions, paraît faire attention à ce qu'on lui dit et ne s'occupe plus de moi. Je lui glisse un cravon dans la main droite et elle le prend sans se retourner : c'est bizarre, mais cela se passe ainsi chez la plupart des hystériques, qui sont, comme nous l'avons vu, des malades très faciles à distraire. Profitons de cette disposition, et pendant rpie M""' D... continue à causer avec une autre personne, faisons-lui une suggestion comme si elle était capable de nous entendre : « Écrivez, lui dis-je, le nom de l'interne de votre salle. » On voit la main fjiii tient le cravon se mettre en mouve-
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mont et écrire ce mot : (( M. I,;imv. » De la m<^me manirre je lui demande ce qu elle s'est fait à la main gauche, et elle écrit sans hésiter: « Je me suis coupée avec du verre. » Rn un mot, elle va répondre de cette manière à toutes les (picstioiis possibles, et, dans son écriture ainsi ohleniie, va nous mcuilrer la reproduction de tous les souvenirs rpielle paraissait avoir perdus. Je n'ai pas l'intention d'étudier ici cette écriture (jui, d'ailleurs, ne se présente pas chez M™" D... d'une façon hn'ii remartpiahle. Je n'insiste pas pour montrer (pi'en réalité M""* D... déclare n'avoir pas entendu mes questions, (pielle aiPirme n'avoir rien écrit, (lu'elle s'ét(»nne de ces écritures, (|uand on l<'s lui montre et n admet pas (ju i-lie les ait ('crites. Ce s(»nt là des détails (pii ne sont pas. pour le moment, indispensables. Tout ce que je désire faire c(nistater, c'est cpie cette écriture involontaire et, en apparence au moins, inconsciente, manifeste des souvenirs que M™" D... est incapable^ de posséder autrement quand elle est éveillée. Il ne faut pas croire 'que j'attribue ici à l'écriture une puissance merveilleuse pour ressusciter les souvenirs de M""* D... Non, j'ai pu réussir à manifester ces souvenirs d'une autre manière, j)ar la |)arole même. Mais cette malade, dira-t-on, n'arrive jamais à les dire, et aucune suggestion n'a réussi a les lui faire exprimer. Sans doute ; mais nous allons encore recourir.;! un jirocédé qui réussit quelquefois. Je m'en vais encore la distraire, mais en évitant cette fois d'attirer son attention sur la parole. Je lui donne un livre à lire ou mieux je lui donne une multiplication à faire. Pendant qu elle est bien absorbée dans son travail, nous remar(|uons les mêmes j)hénomènes de distraction, nous |)ouvons la toucher, lui parler aux oreilles sans qu'elle se retourne. .le lui demande ainsi, a comment s'appellent les deux malades qui sont ses Voisines dans la salle ». Ses lèvres remuent et elle répond tout bas : « M'"'' C... et ^l""" P... ». Je puis même lui commander de répondre plus haut ; si elle est })ien distraite par sa lecture ou sa multiplication, elle va le faire tout haut et très correctement. Nouveau fait tlont je ne tire toujours qu'une conclusion : la reproduction des souvenirs existe chez elle, elle semble se faire normalement suivant les besoins.
11 en est ainsi à peu près chez tous les sujets et pour toutes les formes d'amnésie hvstérique, quand on réussit à provoquer l'écriture automatique ou du moins à rendre manifestes, par un procédé (juelconque, les phénomènes subconscients. Maria écrit
ainsi sans le savoir le sujet de ce roman (jnelle lisait indéfiniment sans pouvoir se rappeler une seule lip^ne. Berihe et Georges ont récrit ainsi une lettre qu ils avaient éci'itc la nuit en somnanil)ulisnie naturel et dont ils ne pouvaient consciemment retrouver le souvenir. Quelquefois, ils est vrai, il faut beaucoup varier le procédé suivant les sujets, quehiuelois cette écriture ne retrouve les souvenirs que pendant certains états spéciaux. Il y a même des exceptions très notables qui doivent dépendre du jeu compliqué de certaines associations d'idées. Mais les faits positifs sont assez nombreux pour (|uc l'on |)uisse encore comparer sur ce point l'amnésie à I anestbésie. Ici encore, il y a un caractère contradictoire, les souvenirs se reproduisent ; d'un ccjté ils semblent présents, de l'autre ils semblent absents. Ce problème du même genre ]>eut. je pense, recevoir une solution analogue.
§ 3. — Tentative d'interprétation.
Mais où donc chercher cette altération de la mémoire qui doit bien exister quelque j)art poui' |)r<){hiire des résultats aussi manifestes? Les psvchologues, dans leurs descriptions, n'admettent pas d'autres phénomènes élémentaires de la mémoire, en dehors de la conservation et de la reproduction. Je crois qu'ils ont tort et que la maladie décompose et anaivse la mémoire mieux que n'a pu le faire la psychologie.
Nous aurons fait un jiremier pas si nous reniai'(|U()iis (jii il s agit ici d'un fait analogue ;i la distraction. Kn effet, il va des distractions de mémoire comme des distractions de sensations, et elles amènent des oublis comme celles-ci produisaient des anesthésies. Lucie refuse énergiquement de raconter quelque chose devant moi ; je n'ai qu'il m'écarter et, tout en restant ii deux pas, i» la laisser bavarder avec une autre personne, elle oublie si bien ma présence fju'elle se met à raconter ce qu'elle ne voulait pas dire devant moi. Berthe a une grande colère contre moi ; si je cherche il discuter le motif de son dépit, elle se fâche de plus en plus : je n'ai qu'il lui parler d'autre chose, et, au boul d Un instant, elle suit cette nouvelle idée et a complètement oublié la première. D'une manière inverse, nous pouvons voir le rùle de la distraction, en cherchant ii la sup[)rimer par l'attention. Chez certains sujets, comme nous l'avons vu, on peut, en les encourageant, en