I. llaymond et Vrnauil, up. cit., p
Janf.t. — Hvstérie. q
l.li) LES STIGMATES MENTAUX
adaptés à des circimstances variables et complexes exigent une svnthèse plus délicate et plus actuelle, ils sont les premiers atteints. Les actes anciens cjui sont dus ii il anciennes synthèses et qui se répètent aujourd luii presque sans niodillcalion ne sont presque pas altérés. Mais, qu'il s'agisse des uns ou des autres, l'altération porte surti)ut sur un phénomène qui est toujours nécessairement une svnthèse actuelle, puisqu'il doit se former de nouveau à chaque moment de la vie, c'est la perception personnelle des actes, l'assimilation des actions nouvelles à la grande notion de la personnalité ancienne. Cette lésion est la lésion fondamentale de l'esprit des hystériques, elle est caractéristique de cette maladie ; si nous constations chez une malade une aboulie de ce genre avec les trois caractères précédents, et surtout avec la désagrégation de la conscience, même si cette personne ne présentait aucun autre stigmate, nous dirions cependant qu'elle est une hvstérique. Il y a, en effet, des hystéries monosymptomatiques dans le domaine moral comme dans le domaine physique; de même que M. Charcot n'a pas hésité à considérer comme hystérique lamnésie de M'"^ D..., nous donnerions le nom d'aboulie hystérique à une maladie de la volonté qui présente des caractères tout il fait analogues.
i;; 3. Co>SÉQUE?iCES DE l' ABOULIE.
Les conséquences de l'aboulie seraient innombrables si on voulait les examiner toutes en détail. Je pense, en effet, que la plupart des accidents hystériques dépendent de la suggeslibilité pathologique de ces malades et que la suggestibilité est en grande partie un résultat de l'aboulie. Mais ces phénomènes seront étudiés séparément' et il sullit d'indiquer ici (|uelques conséquences générales qui ne peuvent pas être considérés comme des accidents et qui font partie de l'état mental ordinaire des hystériques.
Cette faiblesse de la volonté et de l'attention se manifeste en effet par un second caractère qui semble l'inverse du précédent et qui en est cependant \u\(i conséquence très logique. De même que les hystériques sont incapables de commencer une action,
I. Dans la seconde section de celle élu<le (jiii traitera spécialcmenl des « accidents mentaux » de rhvslérie.
LES ABOULIES IM
iiiif crovaiico, nu iiiif perception, de même elles sont iiuapubles <le les urrèter fjiiand elles les ont une fois coniineneées. Arrrtt;r une action c'est chiingcr notre état général, c est nous aclaj)ler d'une autre manière aux. circonstances nouvelles. Ces malades, qui ne comprennf'iit aucun changement, comprennent encore moins celui-là. car il faut créer une pensée nette et puissante pour arrêter le développement automati(jue d'une pensée ancienne devenue de plus en plus fort»' pai' la répétition.
Ainsi que M. Charcot le répétait bien souvent, la plupart des accidents hystériques sont au début pres(|ue voloritaiics. On commence à rêver, c'est (ju »m le veut bien ; on pourrait s'arrêter, mais c'est si agréable. On commence à manger peu, c'est pour maigrir, pour avoir la taille fine et ne pas ressembler à maman ; on commence une contrariété, une petite colère, c est qu'on était justement provoquée. Tout cela, et les malades l'avoueront, on aurait pu le cesser au début. Mais l'action continue d'une façon de plus en plus autoniati(|ue et la malade ne peut plus s'arrêter elle-même, c'est un délire, c'est une anorexie, c'est une attaijue : « Quand j'ai commçneé q,uelque chose, disait une malade, il faut que je continue malgré tout, je casserais les carreaux pour sortir, je me tuerais plutôt que de m'arrêter... Mon idée me pousse ^t me chasse sans que je puisse résister. » h .le tombe dans une idée comme dans un précipice, me disait Berthe, et la pente est bien dure pour remonter. »
Cette impuissance à s'arrêter se constate dans les observations journalières. On connaît ces malades qui viennent tous les matins, montrer un bras ou une jambe contractures en disant : « Défaites-moi cela. » Il n'y a presque rien à faire, mais ce rien elles ne sauront jamais le faire toutes seules. Elles viennent souvent, quand elles ont confiance en vous, demander un secours moral du même ffenre. Marguerite vient me trouver un matin et me dit: u Oh! je suis en colère depuis ce matin, je voudrais battre et casser. Il vaudrait mieux que je m arrête, mais je ne peux pas. Défaites-moi cela. » Un autre me dit : « Je suis lâchée ■contre mon amie, je boude depuis hier, c'est bien ennuyeux de bouder, je voudrais bien cesser, mais je ne peux pas, défaitesmoi cela. » Alors il faut défaire la colère de l'une, la bouderie de l'autre et le rêve de la troisième, c est-à-dire qu'il faut aider leur volonté absolument défaillante pour s arrêter comme pour commencer.
13â LES STIGMATES MENTAUX
Les malades, comme on le voil. font sans cesse appel à l'aide d'autrui et c'est encore un trait essentiel de l'état mental des abouliques. Tous ceux (jui se sont occupés des hystéri(|ues ont bien vite remarqué une manière d't^tre (jui est bien caractéristique quoicju'elle se rencontre à un moindre degré dans d'autres maladies mentales : c'est l'attachement extraordinaire de ces malades pour leur médecin. Celui qui s'occupe d'elles n'est plus à leurs veux un homme ordinaire; il prend une situation prépondérante auprès de la(|uelle rien ne peut entrer en balance. Pour lui, elles sont résolues à tout faire, car elles semblent avoir pris une fois pour toutes la résolution de lui obéir aveuglément; elles pensent à lui continuellement et elles règlent toute leur conduite d'après cette pensée. Mais, en revanche, elles se montrent extrêmement exigeantes; elles veulent que leur médecin soit tout à elles, ne s'occupe d'aucune autre personne, vienne lès voir à chaque instant, demeure longtemps avec elles et prenne à cœur leurs moindres prét)CCupations.
Cet attachement qui se développe à peu près toujours dès qu'on s'occupe d'elles j)rend des proportions extraordinaires quand on emploie dans leur traitement les procédés du somnambulisme et de la suggestion. Aussi les anciens magnétiseurs (jui avaient souvent, quoi(jue à leur insu, affaire à des hystéri(jues, avaient-ils fort bien remarqué ce phénomène et le décrivent-ils à plusieurs reprises; peut-être serait-il juste, en souvenir de la période héroïque du magnétisme, d'appeler cet attachement du sujet la passion somnambulique ou la passion magnétique. Je compte consacrer prochainement une étude détaillée à la passion magnétique qui est très curieuse pour les moralistes. Je dois me contenter ici d'indiquer ses caractères essentiels, importants à connaître pour le médecin.
Ce serait le fait d'un observateur bien superficiel et bien grossier que de donner à cette passion une origine vulgaire et de la rattacher a un besoin erotique. Sans doute les hystériques peuvent avoir des sentiments de ce genre comme tout le monde et même elles peuvent donner à cette passion spéciale dont nous r)arlons une expressi(tn banale et une couleur de sentiments amoureux. Cela est bien naturel, car il n'y a pas beaucoup de manières d'exprimer un attachement pour une autre personne, surtout quand elle est d'un sexe différent. Mais c'est là une expression de cette passion parmi beaucoup d'autres. Certains sujets
LES ABOULIES li)
l.-iiisloiineiit leur atl;ic'h<'iiu'iil en sentiment fili;il. en sentiment de respect, de tcireui- superstitieuse ou niôme en sentiment maternel. Une s«)mnanibule, àoée il est vrai, ne voidait-elle pas absolument me considérer comme son fils ? Faudia-l-il dire que la passion magnétique* se confond avec tous ces sentiments divers ?
Kn réalité, elle j)eut exister sans être aceompajrnée ni de l'un, ni de 1 autre. Un h<inime lu stéri(|ue de tienti' ;iiis. (|ue j a\ais débarrassé d'un tic très gênant, ne voulait plus me (|uitt(;r et revenait me voir sous le plus léger prétexte, sans avoir poui- moi aucune espèce d'affection et sans comj)rendi<' lui-même poiir(|uoi il tenait tant à me revoir, .l'ai vu des hystériqu<'S avoir simultanément une passion éroti(|ue véritable pour un individu et une passion magnétiipie jxnii' un autre, et se préoccuper également sans conlusion de leur lendez-vous avec le premier et de leurs séances avec le second. Knlin, sans entrer ici dans les détails, j'ai connu une somnambule (|ui, pour un prétexte futile, ma toujours eu en borrcMir et (|ui ii avait même pas pour moi le sentiment le plus ba)ial de sympathie. Elle ne pouvait cependant pas se passer de moi et à chaque instant était obligée malgré elle de venir me chercher. Il laut donc éviter les interprétations trop rapides et puériles et reconnaître (pi'il v a lii un sentiment |)atlîologitjue des plus curieux.
pour le comprendre sommairement il faut considérer l état d'une hystérique quand elle vient trouver celui qui s'occupe d'elle, qui la dirii^e, et son état (juand elle le {|uitte. Marguerite revient de fort loin à la Salpètrière, car elle ne peut plus vivre ainsi, elle est complètement affolée. Elle ne comprend plus ce qu'elle voit ni ce qu'elle entend, elle doute de tout, se pose à propos de quel(|ues petits incidents de sa vie une foule de ques tions ([uelle ne j)ai'vient pas ii résoudre ; elle n'a plus aucune occupation, car elle iii' se décide plus à rien. Justine est préoccupée par des idées fixes cjui montent. (]ui lObsèdent et l'empê chent de penser ii la vie réelle ; elle a des colères impulsives dont elle redoute les conséquences, elle abandonne complètement son ménage et son mari. Maria pense « dans l'éther » comme elle dit, elle peut dillicilement marcher, car ses jambes se paralysent, elle va tous les jours à la Morgue pourvoir « les gens qui ont eu du couraae..., etc. ». Ces malades vont trouver un directeur (pielconque et elles sortent calmées et lassérénées. Les questions
sont tranchées, les résolutions sont prises, les Idées fixes disparues.
Que s'est-il doue passé? Qu'on les hvpuotise ou non, cela dépend des cas et des sujets, on a tout sinij)leineiit ell'ectué pour elles les actes volontaires (pielles ne faisaient pas. La plupart des petits problèmes de la vie journalière peuvent se trancher par un mot, un (( oui » on un « non » (ju'il faut savoir prononcer. Sans doute, on peut se tromper, mais une résolution mauvaise vaut encore mieux (|ue l'absence complète de résolutions. Ces malades le sentent bien et elles vous supplient tout simplement lie dire « oui » ou « non » à leur place. Dès ce moment elles sont tranquilles, car elles croient que tout est fini, que la vie va rester immuable et ijuil n'v aura plus de nouveaux problèmes à résoudre. C'est leur aboulie qui a créé le besoin si impérieux d'un directeur de conscience'. La passion magnétique des hystériques n'est qu'une forme de ce besoin général d'une affirmation étrangère qui tourmente les douteurs et tous ceux dont la synthèse mentale est alTaiblie. Sans doute il y a encore dans ce besoin d'autres phénomènes plus complexes dans l'étude desquels je ne puis entrer ici, car je me suis interdit de parler de thérapeutique. Mais on peut les faire comprendre par une comparaison : l'hystérique ne souffre pas seulement de son aboulie, mais encore de l'envahissement de tous les phénomènes automatiques qu'elle est incapable d'arrêter. On pourrait la comparer à un roi trop faible dont la plupart des sujets sont on révolte continuelle ; il est trop heureux de rencontrer une personne capable de commander aux révoltés et il s'attache désespérément à elle. Les abouliques sentent qu'elles ne sont plus maîtresses d'elles-mêmes et elles demandent à être commandées : ce sont des esclaves volontaires.
Cette domination peut être favorable au malade et lui permettre de se reconquérir peu à peu ; elle peut être fort dangereuse et détruire ses derniers efforts. Il faut pour l'étude et le traitement des hvstériques ne jamais oubliei- que cette docilité, ce besoin de domination sont des caractères pathologiques en rapport avec leur aboulie fondamentale.
Ces quelques détails viennent simplement compléter notre des-
i. Le gén. Noizct proposait déjà d'appeler le magnéliscnr un c directeur ». Mémoires sur le somnambulisme . i^54, p. g*i.
criplioii somiiKiiie de la (alhlossf de l:i volonté clio/ les hvstéiiques. Résoliil ion rare cl jx-iiihle, inoiivenieiits volontaires lents et diiriciles, attention iM'duite, inipiiissante et suivie môme d'aecident& danoeroux, doute et inintelligence pour les idées non voiles et en même ti'nips ini[)ulsions ii'résistibles, continuation monotone d'une même action hahituellc, besoin de commandement et de direction et docilité exagérée, ce sont des caractères en apparence variés qui dépendent tous d'une même lésion de l'esprit, u L'afTaiblissemenl ou la dispaiition du pouvoir |)ersonnel, disait M. Paulhan, est toujours niai(|ué |)ar l'imjjossibilité d'une coordination totale, d'une systématisation qui lasse concourir vers lin inrnie but l'c'tat nouveau (>t une partie suflisante des tendances qui constituent la personnalité \ » Nous croyons avoir montré dans ce chapitre que les phénomènes de l'aboulie se rattachent à l'explication générale des autres stigmates hystéri(jues.
I. I'<-iullian, L'ocliuilé mentale el les éléincnls de l'esprit. i8)^i), p. x-^H.
CIIAIMTHK IV LES TUOl m. ES 1)1 MOI \I:ME\T
Les troubles du niouvcineut des membres sont toujoiirts très nombreux et très complexes dans toute maladie mentale ; le mouvement n'étant en quelque sorte que la traduction extérieure, l'expression de la pensée, se ressent de toutes ses modifications. Nous n'étudierons dans ce chapitre que les altérations les plus simples de la molilité, celles qui peuvent être considérées comme des conséquences directes des stigmates mentaux des hystériques. Ces altérations élémentaires existent presque constamment et, sauf dans les cas extrêmes, elles ne gênent pas beaucoup l'exercice des fonctions normales et ne constituent que rarement des accidents proprement dits.
5; I . — Affaiblissement du mouvement volo:itaire.
Certaines catégories de mouvements restent chez les hystériques à peu près n«)rmales ; les réflexes, par exemple, sauf ceux qui dépendent de la douleur dans les cas d'analgésie complète, sont peu ou j)oint altérés. Quelques auteurs, en particulier M. Paul Richer ', remarquent qu'ils sont plutôt exagérés que <liniinués. Cela est vrai dans un grand nombre de cas, mais il n'v a là aucune régularité. Il est difficile, par exemple, d'examiner le réflexe rotulien chez Camille et surtout chez Renée : tantôt, après le choc du marteau, elles lancent leur jambe en l'air et même sautent de leur chaise, tantôt elles laissent leur jambe à peu près immobile. Il y a chez quelques nialades comme un affolement des réflexes qui ont perdu leur régularité et qui chanifent incessamment suivant mille phénomènes conscients ou
I. Paul RiihfT. Pnralys'u's et ronlracliires hystrr'ujin-s, i^<)'i, p. ao.
LES TROLHLtlS DL MOUVEMENT 137
siihcoiiscioiils, (lillicilt's à Mppréoie r. On sait également que les mouvenieiils liabitucis et aiit<>tMati(|iies sont, <'M «délierai, coiiser vés et plutôt exagérés. Les altérations importantes du mouvement doivent donc être cherchées uniquement dans les mouvements volontaires.
Ces mouvements présentent d'abord des troubles généraux existant aussi bien du cùté sensible (jue du cùté insensible et qui sont simplement exagérés pai' l'anesthésie; nous les étudierons les premiers.
i" Les mouveineiils volontaires sont /-a/cnfis et l'exécution du mouvement demandé est plus longue que d'ordinaire. H est inu tile de donner des chilVres, quand il s'agit de mouvements complexes, puisque ce ralentissement peut aller de quelques secondes à une demi-heure, comme nous l'avons constaté dans le cas de Marcelle. Cette lenteur s'observe mieux dans un mouvement j)articulier, le mouvement de réaction à une impression tactile. Même quand ils prétendent v mettre de la bonne volonté, beaucoup d'hvstériques ont un temps de léaction extrêmement long.
M. Féré a mis bien souvent ce lait en évidence, et a montré que les diiFérentes parties de ces temps de réaction, la transmission centripète et centrifuge, étaient également retardées. «Cette durée du temps de réaction semble avoir une augmentation proportionnelle à la diminution de la sensibilité générale ou spé ciale*. » Une ancienne expérience de Duchenne mettait déjà en évidence ce retard des mouvements qui caractérise le côté le moins sensible ; si on demande à une hystérique de faire en même temps avec les deux mains un même mouvement, on voit que la main Insensible est toujours en retard et, malgré les efforts du sujet, accomplit toujours dans le même temps un moins grand nombre de mouvements que la main sensible. Mais les mesures directes de M. Féré, puis de M. Binet, ont montré ce retard d."une façon plus précise. Selon M. Binet, la movenne du temps de réaction simple serait, pour la main sensible, de o"'"".'^:?", et poui- la main moins sensible, 0,70c)'. Bien entendu, on ne
r Kéré, Les moiivom(Mits volontaires chez les li vsti'riijiu'!-. lii'i-ui' i)liil')Si)[ihii]iic.
iW(i. Il, p. ;w.
a Hinct, Moiivcniciils voluiilairos clic/. les livï-téricjiios. lifciic jiJiilusnfih'ufiu' . 1889. IF. [.. ',8'..
peut pas examiner le temps de réaction consciente et volontaire du côté absolument anesthésique, il ne s'agit que des diminutions de la sensibilité. Dans ces cas d'hvpoesthésie qui est due, comme on le sait, à une grande distraction, je crois que le temps de réaction peut être encore beaucouj) plus long, surtout si on n'excite pas vivement l'attention du sujet. J'ai vu plusieurs fois ce retard dépasser une et même deux secondes, tandis que le
temps de la réaction simple se lualiilient d'ordinaire entre - et
-de seconde'. Une fois même, j'ai pu observer avec M. Sollier,
sur un homme hvstérique du service de M. Landou/v. un temps de réaction qui paraîtrait tout à fait incrovable : il oscillait entre 20 et 3o secondes. La réaction était si tardive qu'elle ne semblait plus en rapport avec l'excitation et rappelait les perceptions fausses des ataxiques. Bien entendu, ce temps de réaction varie beaucoup, comme le fait souvent observer M. Féré, car il est en relation étroite avec l'attention du sujet et l'on sait combien l'attention est faible et instable chez l'hvstériquc, surtout faible pour tout ce qui concerne le côté anesthésicjue. Enfin, cette lenteur de la réaction amène une modification de la courbe de la contraction qui cesse d'ètie brusque, mais devient graduelle : elle prend chez l'hystérique le même aspect qui se produit chez l'homme normal sous l'influence de la fatigue.
J'ai présenté tous ces caractères comme des phénomènes psychologiques en rapport avec la faiblesse de l'attention, la réduction de la perception personnelle. C'est qu'en efï'et on peut, sur des membres hypoesthésiques, où même tout à fait anesthésiques, provoquer, à la suite d'une excitation tactile, des mouvements subconscients non perçus par le sujet; cette expérience nous permettra de mesurer, non plus le temps de la réaction consciente et volontaire, mais le temps de la réaction subconsciente et automatique. M. Onanofl", dont nous déplorons la mort prématurée, a fait le premier toute une série d'expériences sur ce pioblème et a démontré que si le temps de la réaction consciente était allongé, il n'en était pas nécessairement de même pour le temps de la réaction subconsciente qui peut, au contraire, être très diminué-. Ce fait montre bien que le retard n'est pas dû à