Briquet, op. cil., p. oOj
y>. Les altérations de la conscience et du mouvement provoquées par la fermeture des veux ou l'occlusion des oreilles seront étudiées dans la (l(ii.\i( me section de ce travail à propos du somnambiilisme.
nliis aiictiii (les nKtiivfmciits (]iK' I (»n (•«mimaiidf ;i l:i inahide. Celle-ci se cuiuliiit alors, suivant les eas, de manières dillerj-ntes : tanlùt, elle semble laiie des ellorts impuissants qui se manifestent par les expressions de la physionomie r{ par les mouvements de son autre cc^té resté sensible et ilit d'un ton désespéré : « Je ne j)eux pas, je ne sais pas ce qu'il y a, je ne peux pas lever le bras droit. » C'est ainsi que se comporte Marguerite. Tantôt, comme on le constate avec Marie ou M la malade reste parfaitement calme et aussitôt (ju'on lui a demandé de faire un mouvement du côté insensible, elle lépond : « C'est fait. » En réalité, le bras n'a pas bougé. Il n'est pas toujours facile de se rendre compte de ces diderences, il faut seulement constater le fait principal : disparition complète du mouvement volontaire sans l'aide de la vue'.
Cette paralysie causée par la suppression de la vision peut se manifester dans certains cas par des détails plus spéciaux. On laisse le sujet les veux ouverts et on se contente de |)lacer sa main anesthésique derrière son dos; il est absolument incapable de l'en retirer volontairement (signe de Bell). (Juand le sujet est anesthésique des deux côtés, on le place debout, puis on le prie de fermer les yeux, aussitôt il vacille et s'affaisse complètement. Lucie, Célestine, Witm, Ilab... et bien d'autres tombent ainsi brusquement par terre (signe de Rombert). Malgré cette chute et ce relâchement des muscles, il faut remarquer, avec Briquet, que cette paralysie n'affecte que les muscles des membres, et que ni les muscles resj)iratoires, ni ceux du dos, ni ceux de la face ne sont, en général, atteints de la même manière. Comme Briquet le remarque fort bien-, ce sont les muscles ordinairement accessibles à la vue qui semblent souffrir de cette suppression du sens visuel. Cependant on a signalé des cas^ où les malades, les yeux fermés, ne pouvaient plus ouvrir la bouche, ni tirer la langue, ni avaler. Cette exagération du phénomène est fort rare; elle se rapproche dun fait dont je parlerai plus loin à |)ropos du somnambulisme, l'obnubilation complète qui frapjie l'esprit de certaines hystériques quand on ferme le seul sens (jui l(»nctionnait encore d'une manière consciente.
1. Voir aussi des fails de ce genre dans l'article de M. Raymond. Revue Je médecine. 1891, p. Syl).