I. .\uloiiiolisnie psycholo'jifjur. y. s'io
Despine', qui est le priiiei piil leprésenlaul de celte conception, nous paraissent tous discutables. I/unité, la c«>ordination de ces contractions musculaires, leur complication, leur relation indiscutable avec des impressions tactiles, auditives ou visuelles, le choix, rintelligence, en un mot, (jui s'v manifestent constamment, me |)araissent au premier chef des phénomènes psvcholo<ji((ues. S il n v a aucuiic sensation, ni aui-une pensée, je ne comprends pas qu'un hras |»uiss<' <rarder la position délicate que je lui donne, (listin<^uer l'attouchement de ma main, lui obéir et ne pas obéir aux autres, répéter des mouvements extérieurs qui ne peuvent être connus que par l'ouïe ou la vue, etc. Tous ces actes sont des actions d'une conscience, les conséquences d'une sensation, d'une vision, d'une audition, d'une préférence ; c'est ici l'explication phvsique ([ui est mvstérieuse et mvstique, c'est l'explication jjs\ elndogique (|ui est l'hvpothèse la moins C(»nteuse et la plus scientifique.
Mais si l'existence de ces phénomènes de conscience est incontestable, leur nature est, au contraire, très difficile à concevoir. Il ne faut pas oublier, en ellet, que la personne sur laquelle toutes ces expériences ont été faites exprime son opinion sur les phénomènes de catalepsie partielle. Elle déchue fju'elle n'a absolument rien senti, (|u'elle n'a aucune pensée à ce sujet et que, si elle en avait, elle n'aurait pas j)u les manifester, car elle ne peut absolument pas remuer son bras sans le voir. Nous ne pouvons pas mettre en doute sa parole, car elle nous alhrme uniquement des faits bien connus et admis de tous. Elle nous dit seulement qu'elle est anesthésique du côté gauche et cju'elle a le syndrome de Lasègue, ce que nous croyons vrai. Eh bien, je ne dis pas qu'elle ment, je dis qu'elle se trompe et fjuelle ignore ; j'alllrme cette notion paradoxale (|ui maintenant commence à se répandre en psychologie, c'est cju il v a dans l'esprit de cette personne des phénomènes psychologic|ues (|u elle ignore. Qu'il me soit permis de citer un passage d'un psychologue déjà ancien, M. L. Dumont, qui répétait d'ailleurs sur ce point les idées de Plaine de Biran : a Les mots conscience et inconscience sont pris tantôt dans un sens relatif et tantôt dans un sens absolu. On dira, par exemple, qu'un phénomène est inconscient (afin d'éviter la
I. Despine, Psychohijic iwtiin-lle, i^HiS. i. |»|i. '190 el sfj. Etude scientijii/ur sur le somnambulisme, i8f<o.
Janet. — ll\>tL'ric. Il
lea LES STIGMATES MENTAUX
confusion je dirais plulùt subconscient) pour exprimer que le moi n'en a pas conscience, mais sans alllrmer par là (|ue le phénonième n'est jjas conscient en lui-même et pour son propre compte. La plivsiologie tend à établir iju il s'accomplit ainsi dans lori^anisme bumain un nombre immenfee de laits de conscience qui sont, pour le moi, comme s'ils appartenaient à d'autres personnes'. » Ce sont de tels pbénomènes que nous avons déjà été amené à supposer pour expliquer les caractères contradictoires de l'anesthésie et de l'amnésie : ils se manifestent maintenant fwr des mouvements extérieurs et leur importance dans la maladie de l'hystérie va grandir de plus en plus-.
Ces pbénomènes. tout en étant psvcboloj^iques. n en ont pas moins, par le Jait de leui- isolement, des caractères très spéciaux'. Ils sont remar(|uablement simples, ne sont pas continuellement modifiés et arrêtés par d'autres faits qui se confondraient avec eux ; ils obéissent aux trois lois fondamentales des phénomènes psychologiques isolés : i" Ils sont toujours accompagnés par un mouvement extérieur ; -j" ils durent et persistent tant (ju'ils n'ont pas été effacés par un autre phénomène ; S** ils tendent à se développer et à se compléter. Ces trois lois rendent compte, je crois, des caractères (jui ont été reconnus dans la catalepsie partielle, des attitudes, de la continuation du mouvement, des adaptations aux circonstances extérieures. Un seul point pourrait nous embarrasser, c est la prolongation aâsez longue de semblables phénomènes et l'absence du sentiment de fatigue. Si je ne puis explicjuei- entièrement ce détail, au moins puis-je le faire rentrer dans un problème plus général : la disparition de la douleur dans les anesthésies. En général, il n'y a pas de douleur subconsciente, probablement parce que ces phénomènes subconscients sont trop simples, trop isolés pour donner naissance à cet état émotionnel complexe de tout l'individu, <|ui est une douleui- ou un sentiment de fatigue.
Ce trouble du mouvement, comme les précédents, se rattache donc à la théorie générale des stigmates, il manifeste, non pas leur côté négatif, la perte, pour la conscience pei-sonnelle, d'une sensation, mais leur côté positif, la permanence dans l'esprit de
I. L. Dumoul, Théorie scienlififjuc (le la sensibilité , 1^77. p. 102. a. Automatisme psychologifjuc, p. dd.
toutes les sensations et de toutes les images sous la forme de phénomènes isolés et subconscients.
§ 'j. DlATUFSE m. COMH \( Tl UE.
Si Lasègue nous a lait connaître des caractères importants des membres anesthcsiés, M. Charcot, depuis 1871', et ses élèves ont décrit un nouveau stigmate du mouvement qu'il est nécessaire de rapprocher du précédent. Brodie, en iS.'^y, et Duchenne vivaient déjà été frappés de la fréquence des contractures dans l'hystérie; M. Charcot, MM. Brissaud et Ch. Richet, 1880, puis M. Paul Richer, i883, ont montré que la fréquence de ces accidents avait sa raison d'être dans un état permanent des membres. Une hystérique qui n'a pas actuellement d'accidents et quia tous ses mouvements libres est cependant continuellement dans un état « d'opportunité de contracture » ; elle a des « contractures latentes », comme disait M. Brissaud. La plus légère excitation suffit pour laire naître dans un membre cet état « d'impuissance motrice s'accompagnant d'un état de rigidité persistante et involontaire du muscle, sans modifications notables des réactions électriques et sans altération de texture de la fibre musculaire- ». C'est cette disposition permanente qui a été distinguée par M. Charcot sous le nom de diathèse de contracture.
Je suis bien loin de soutenir, ainsi que je l'ai déjà souvent répété, que tous les phénomènes hvstériques soient des phénomènes purement psychologiques et, qu'en particulier, il n'y ait rien d'organique dans l'état de contracture. Il se peut fort bien, je ne discute même pas la question, qu'il v ait chez certains hystériques une diathèse de contracture, dépendant d'une altération des muscles ou de la moelle. Je dis seulement. -avec M. Paul Richer'', qu'il y a beaucoup de contractures d'origine psvchi(jue, et dans le présent ouvrage, je ne m'occupe (jue de celles-là. Lais sant de côté, pour le moment, les contractuies accidentelles, je veux simplement montrer (pi'il v a des phénomènes psvchologiques dans la diathèse même de contracture, au moins telle qu'elle se présente chez un grand nombre de malades, et je