‹ L'état mental des hystériquesChapitre 81 sur 290 · Despine (d'Aix), 0/). cit., p. /io · texte numérisé non relu

Despine (d'Aix), 0/). cit., p. /io

.'i. M. Hiuhanl. Mœurs fies hystériques. Arcliives de nrnrolotjie, 1882,1, p. 202.

c'est iiii (|iii se joint à ce bosoiii de soutien inonil (|ii'('lles éprouvent tontes et qui crée leur vanité, leur besoin d'être remarquées, d'èti-e écoutées, d'être dirigées.

Il est vraiment curieux de voir leur personnalit»'» si laihle. leur moi si incomplet jouer un si ^rand rôle et absorber tontes les lorces de leur intelligence, (^ela s'explique néanmoins. Aim(;r autrui, c'est à-dire comj)rendre autrui, c'est en réalité une activité mentale de luxe. Il laut, pour v parvenir, ajouter ;i la svnthèse de nos propres phénomènes psycholojriques ceux des autres et construire dans notre pensée une synthèse plus vaste que celle de notre propre personnalité, (les pauvres êtres n'arrivent pas à se com|)rendre eux mêmes, ils ii ont pas assez de (oice pour construire complètement leur propre personnalité : aussi est-il bien naturel qu'ils nessavent pas de s'assimiler celle des autres. L'égoïsme est. chez les hvstéricjues, un résultat de la faiblesse mentale, de la diminution de toutes les émotions sympathi(|ues.

Nous sommes déjii accoutumés aux contrastes que présente l'état mental des hystériques, aussi ne serons-nous pas très surpris d'apprendre (|ue ces malades apathiques, inémotionnables, sont en même temps, à un autre point de vue, extrêmement excitables et susceptibles d'émotions très exagérées. Chez certaines malades, la susceptibilité est en elVet énorme; un accident quelconque, un mot, un regard provoquent un bouleversement tout à fait disproportionné. \Vitm... et Marguerite se lâchent pendant des semaines entières, parce que, disent-elles, on les a regardées de travers. Célestine a des colères terribles ; Louise sursaute de terreur et pleure dès qu'elle entend quelqu'un entrer; Berthe a des désespoirs inconsolables, etc.

Ces émotions, dont il faut reconnaître l'existence, ont, à mon avis, des caractères bien nets qui les séparent des émotions normales.

i" Elles sont très exagérées tlans leurs manifestations; la facilité avec laquelle on les modifie pai- une distraction, le peu de traces qu'elles laissent d'ordinaire dans l'esprit nous montrent qu'il y a souvent bien peu de sentiment réel au-dessous de ces grands cris et de ce désespoir '.

2" Quand l'émotion est réelle, elle n'est pas en rapport sulFisant avec la circonstance qui la provoquée, elle est disproportionnée^

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