‹ L'état mental des hystériquesChapitre 83 sur 290 · Briquet, op. cil., p · texte numérisé non relu

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184 LES SïltîMATES MENTAUX

Mnis, cltM-rièic ct'tto (.lilTérence apparente, il v a un lond de ressemblaiiee, et Ihystérie est toujours la môiue. C est la mélancolie et la tristesse qui sont les sentiments dominants chez les femmes comme chez les hommes. Toutes les malades dont j'ai pailé sont tristes et désespérées; l'ennui continuel, le dégoût de la \ie. la peui'. les terreurs, l'extrême désespoir, voilà ce f|u'elles expriment toutes continuellement. Les éclats de oaieté folle sont des accidents au milieu d une tristesse très monotone. Elles justifient une pensée souvent exprimée par les philosophes, et reprise récemment par M. Féré, « la sensation de plaisir se résout dans une sensation de puissance, et la sensation de déplaisir dans un sentiment d'impuissance' ». J irai même plus loin; et, malgré la vanité hvstérique ({ui existe quelquefois, mais dont on a fort abusé, je dirai ([u elles sont très souvent humbles, incapables de rien affronter, découragées pour un rien, et comme honteuses. Celles qui ne s'aperçoivent pas du tout de leur état sont les plus rares; la plupart ont reconnu avant nous qu'elles avaient perdu toute volonté et tout sentiment, et elles sont dégoûtées de leur existence misérable. « .le me trouve folle, cela m'ahontit, » dit l'une. « Je suis bête, ce n'est pas la peine que l'on me connaisse comme cela, » dit une autre. Et toujours le même refrain : « Je n'étais pas ainsi autrefois. » Ces caractères sont peut-être moins ])ittores(jues, mais ils sont plus vrais que ceux de la légende.

Un autre groupe d'émotions dérive de leur égoïsme ; très préoccupées de leur faible personne, elles réclament tous les soins et tous les égards, elles demandent à autrui la force morale qu'elles n'ont pas en elles-mêmes, et se trouvant toujours impuissantes, elles se croient toujours négligées. Elles se représentent avec peine la force, le bonheur d'autrui, et sont extrêmement jalouses, très irritables et très colères. La jalousie, cette grande passion des petits esprits, fait le tourment continuel des hystériques, elle est un complément presque nécessaire de la passion somnambulique que nous avons déjà signalée. Il y a quelquefois chez elles une véritable soufFrance à la pensée du plaisir d'autrui. Je signale seulement toutes ces perturbations morales ({ui sont très curieuses et probablement très régulières comme tous les phénomènes de l'hvstérie. Leur étude formera plus tard le point de

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