‹ L'état mental des hystériquesChapitre 84 sur 290 · I. Féré, Sensation cl inonoeinrnl. \>. 'l'i · texte numérisé non relu

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LES MODIFICATIONS DU CARACTÈRE i«:>

(lt'j);irl lie l;i morille, aujoiml liiii l;i {)svchologie n'est pas encore capable de les analvseï-.

§ 3. QUKI.QUES DISPOSITIONS PAUTICULIÈRES.

Je n'ai décrit que des traits généraux et simples du caractère, (|ui peuvent produire, par leurs combinaisons et sous l'influence de circonstances déterminées, toutes s()rles d'attitudes et d'actes particuliers. Il est impossible d'entrer dans cette descri|)tioii, (|uise rapprocherait plutôt du roman de mœurs que de la clinique médicale. Mais les hystériques, ayant attiré l'attention depuis longtemps, ont une réputation et une légende, et on leur prête certaines conduites spéciales comme tout à fait caractéristiques. Il est nécessaire de dire ce que je crois juste dans ces récits, et je le ferai en peu de mots.

Après avoir accusé les hvstériques de tous les crimes de la sorcellerie, et leur avoir reproché de cohabiter tous les samedis avec le diable déguisé en bouc, on a longtemps conservé un sou venir vague de ces superstitions, et on a soutenu que ces malades avaient un caractère éminemment erotique. Cette croyance se rattachait à la théorie utérine de l'hystérie dont Briquet a fait si bonne justice. Aujourd hui, cette querelle étant terminée, on peut examiner les choses de sang-froid. L'érotisme existe, à mon avis, dans l'hystérie comme toutes les idées fixes possibles. J'ai lecueilli 'i observations sur I20, où il joue un rôle tout à fait prédominant. Cela n'a rien de bien étrange, les passions amoureuses, les désirs sexuels, doivent exister chez ces personnes, la plupart jeunes, absolument comme chez les autres. Les hystériques entendent parler d'amour, en voient et en lisent des descriptions, pourquoi leur esprit, si prompt à s'impressionner, si docile à toutes les influences, résisterait-il à celle-là? Dans le délire hvstéri(jue surtout, dont je parlerai plus tard, les ma lades parlent très souvent d'amant, de mari, de viol, de grossesse, etc., mais on ne peut mettre dans son délire que ce que l'on a dans l'esprit. Ces choses sont la grande préoccupation des personnes de cet âge et quelquefois des autres; il est tout naturel qu'elles les manifestent dans leurs, rêves. Est-il bien prouvé qu'un nombre égal de jeunes femmes ayant d'autres délires d'une

origine quelconque ne parleraient pas exacteniciil de la niO^nie manière ?

On a beaucoup insisté égalt>ment sur hi ooqiit'ttorie <le ces malades, « qui aiment à mettre des fleurs au chevet de leur lit, à s'orner la tête de rubans rouges et bleus, etc. '. » Je ne suis pas disposé à accorder une grande importance à ce symptôme. Les hystériques m'ont paru beaucoup plus souvent négligentes que coquettes et la conservation du soin dans la toilette me parait plutôt un signe favorable. Quand la coquetterie existe, elle se rattache naturellement à cette vanité, à cet égoïsme qui ont été signalés comme caractéristiques beaucoup plus qu'à l'érotisme proprement dit.

En un mot, à l'exception de quelques cas spéciaux et fort explicables, les hystériques en général ne sont pas plus erotiques que les personnes normales. Leur anesthésiç physique et morale, ce resserrement de l'esprit sur lui-même, ne les prédispose pas aux passions amoureuses. Elles sont plus fréquemment frigides que sensuelles ; elles sont plutôt capables d'oublier leurs anciennes affections que de les augmenter. Il ne faut pas se tromper grossièrement, prendre pour de l'amour ce besoin enfantin qu'elles ont d'être conduites et consolées et considérer comme caractéristique d'une maladie un tempérament de quelques-unes.

Une question plus récente me semble aussi susceptible d'une solution du même genre. Beaucoup de moralistes ont prétendu que le caractère psychologique des hystériques était la disposition au mensonge, la dissimulation et surtout la simulation perpétuelle. J'ai déjà dit autrefois ce que je pensais de ce prétendu axiome', et je suis heureux que M. Gilles de la Tourette ait approuvé ma discussion '. Je crois encore aujourd'hui que tous les défauts et tous les vices possibles peuvent se rencontrer chez les hystériques comme chez tous les hommes, mais que, dans leur ensemble et par le fait de leur maladie, elles ne mentent pas plus que le commun des mortels. Au lieu de reprendre aujourd'hui ce petit problème, il me semble plus intéressant de chercher à explifjuer comment s'est formée cette mauvaise réputation. Des

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