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ont des idées fixes parlent de la même manière. V..., ordinairement très tourmentée par ses obsessions, a été obligée de soigner pendant plusieurs jours son mari très malade : « .l'ai été, me dit-elle, bourrelée d inquiétudes, je pensais jour et nuit à un malheur possible. — .\lors, cela vous a tourmentée c«)mmc
iOS ACCIDENTS MENTAUX DES HYSTÉRIQUES
vos anciennes idées? — Mais non, coniineiit poiivez-vous coinpaparer? c'est tout autre chose. » La suggestion doit donc avoir des caractères (jui lui sont propres, puis(|u'elle est si facilement distinguée.
Malheureusement, nous avons bien souvent des sentiments vagues (jui nous permettent de distinguer les choses sans pouvoir dire précisément en (|uoi consiste la dillérence. C est la dilliculté de l'analvse scientili(|iie ([uand il s'agit de phénomènes délicats. Je ne prétends pas pouvoir analyser complètement le fait si curieux de la suggestion, ni le distinguer nettement de ces autres phénomènes si mal connus, la croyance et l'acte volontaire, je voudrais au moins signaler le problème que d autres résoudront d'une façon plus complète.
Dans les descriptions précédentes, la suggestion a été présentée comme un phénomène psychologi([ue d'une importance exagérée. On peut fjuehjuefois préciser un peu ce qui a donné au phénomène ce caractère a[)parent. Dans quelques observations, la durée du phénomène nous a semblé anormale et en disproportion avec le temps qu'occupent d'ordinaire des phénomènes analogues. Ailleurs, nous avons été frappés par la frêcjucnce des répétitions, le fait se reproduisant de nouveau à chaque instant, tandis que, dans les conditions normales, il n'aurait eu lieucju'un petit nombre de lois. Dans ces répétitions, il faut remarcjuer la régularité qui amène le rythme et la périodicité: ces propriétés très intéressantes sont caractéristiques des phénomènes physiologiques et psvchologiques élémentaires et ne se retrouvent plus au même degré dans les actes proprement volontaires. 11 faut aussi noter la facilité de ces reproductions du même phénomène : on dirait qu il sulfit de déclencher un ressort pour que des actes com|>liqués se produisent sans aucun effort de la part du sujet. Tous les observateurs ont insisté sur \e. passage étonnamment rapide de Vidée à l'acte. Ces réflexions, ces hésitations qui nous arrêtent d'ordinaire au moment d'exécuter une idée sont com plètement disparues. Enfin nous voyons que ces idées sont toujours accompagnées d'un sentiment de conviction et cela \\ un tel degré qu'elles paraissent toujours être objectives. Elles se transforment en objets et semblent faire partie non de la pensée intime, mais du monde extérieur. Cependant ces caractères ne nous montrent (|u'uiic distinction de degré et non une vraie différence de nature.
Rcproimiis (loue I Ctude des clillV'MfMils hiits «le suggestion en fommciiciint par les suH^gostions iR'gatiN rs. Si on jn-eiul comme exemple la suggestion curieuse d'anesthésie systématisée, on constate (|ue le sujet seiiiMe Mvoir e(iiii|)lrtriiH'iit perdu l;i vision d'un certain objet qu «»n lui a interdit de voir, mais le plus simple examen montre que cette cécité- est bien singulière et qu'elle est loin d être absidue'.
Je me suis attaché :i montrer que cette persistance de la sensation malgré l'anesthésie systématisée était toujours nécessaire et incontestable-. \ oici une expérience entre beaucoup d autres : je mets sur les genoux de Lucie vingt petits papiers numérotés : « Vous ne verrez pas. lui dis-je. les papiers qui portent des chiffres multiples de tn)is. >• Au bout île (pielque temps, quand la suggestion semble « avoir pris », je demande au sujet de me remettre un ii un les papiers ipii sont sur ses genoux. II m'en remet quatorze et en laisse six qu il a bien soin de ne pas toucher; les six restants sont les multiples de trois. I.a malade prétend ne pas se souvenir (|ue je lui aie commandé «juelque chose et ne rien voir sur ses genoux. (Cependant il faut pourtant bien se souvenir qu il s agit des multiples de trois et voir les chiflres pour reconnaître les papiers qui portent les multiples. Il est inutile de rappeler ici toutes les autres expériences du même genre au moven desquelles nous avons j)u mettre en évidence un caractère général des suggestions négatives, (^u il s'agisse d'anesthésie même générale, d'amnésie, de paralvsie systématique ou localisée, il y a t(»ujours une certaine partie de la sensation, du souvenir, du mouvement qui est complètement conservée malgré la suggestion négative. Cette remarque ne nous surprend plus, car elle a déjà été étudiée :i propos de tous les stigmates de l'hystérie, et cette partie du phénomène qui est conservée est bien connue, c'est la sensation ou l'image simple, élémentaire, le phénomène psychologique subconscient ; ce qui est altéré dans la suggestion négative c'est la synthèse des phénomènes psychologiques, leur réunion avec la notion de la personnalité. Je suggère un jour i» Léonie de ne pas roi/- M. Gibert (|ui entre dans la chambre. Ma suggestion ne réussit pas complè-