CHAPITRE IV
Le conflit des mariages mixtes. — La jurisprudence prussienne sous Frédéric IL — Mgr de SpiegeL
Le clergé rhénan prouva sa gratitude pour les faveurs dont le comblait Frédéric- Guillaume III en suscitant le conflit des Mariages mixtes. L'Église romaine les avait formellement condamnés au concile de Trente. Elle avait été contrainte, par la force des choses, d'en reconnaître la validité dans les pays où, comme en Allemagne, ils étaient devenus la coutume. Après la guerre de Trente ans il s'était, en eftét, établi des rapports intimes entre les deux confessions. De fréquentes unions entre leurs adeptes en attestaient la cordialité. Les évéques, pour sauvegarder le principe, exigeaient habituellement du conjoint protestant la promesse de ne pas gêner le catholique dans l'exercice de sa religion, du conjoint catholique celle de déployer le plus grand zèle pour la conversion de l'autre partie; de tous deux enfin celle d'élever dans la foi orthodoxe tous leurs enfants sans exception.
Rigoureusement observées dans les principautés
ecclésiastiques, ces lois étaient peu à peu tombées en désuétude dans les autres États de l'empire. Leur application variait de ville en ville suivant que les catholiques avaient la majorité ou la minorité, qu'ils en imposaient par leur fanatisme ou qu'ils devaient, par leur tolérance vis-à-vis des hérétiques, acheter l'égalité civile.
En vertu d'un traité conclu en 1627 entre l'électeur de Brandebourg et le prince palatin de Neubourg, le mariage dut être béni par le curé ou le pasteur de l'époux, les enfants partagés selon le sexe. Successivement adopté dans toutes les prhicipautés laïques des bords du Rhin : Wied-Wied, liuukel, Sayn-Hachenburg, ce mode de vivre fut recommandé en 1716 pour le comté de Bentlieim-Steinfurt par l'évêque de Munster lui-même.
L'esprit du siècle gagna jusqu'à la dévote maison de Habsbourg. Charles VI ordonna par son recès de 1705 qu'en « Silésie, suivant l'usage introduit et observé dans le saint-empire romain, dans le cas oii il n'existerait aucun pacte écrit, les fils seraient élevés dans la religion du père, les filles dans celle de la mère. »
Le pontife éclairé qui occupait à cette époque le trône de Saint-Pierre résolut d'apporter quelque ordre en cette matière. Benoit XIV croyait sage d'accorder librement aux princes ce qu'il leur serait facile
do prendre par la force, d'apporter aux prescriptions du droit canonicpie tous les adoucissements compatibles avec la dignité du saint-siége. Il se souvint fort à propos , dans la question des mariages mixtes, d'une doctrine chère aux papes du IV'"" siècle que n'avaient jamais condamnée leurs successeurs. Le baptême adminisifcré selon les rites orthodoxes garde toute sa valeur, lors même qu'il serait conféré par un hérétique. A plus forte raison en est-il de même pour un sacrement de moindre importance tel que le mariage.
Dans son bref de 1741, le saint-père commença par proclamer les mariages mixtes une chose abominable. Afin toutefois d'éviter de plus grands maux, il accordait en terminant la dispense demandée, puisqu'après tout ils ne contredisaient ni le droit divin ni le droit naturel, mais seulement les ordonnances de l'Église.
Dans la pratique, Benoît XIV se montra plus ou moins accommodant, selon la gravité des circonstances. Aucune garantie ne fut exigée dans un pa3's en majorité protestant, comme la Hollande. Le pontife, pour justifier sa largeur, invoqua un usage qu'avaient patronné quelques scolastiques mais qui n'avait jamais été ofticiellement reconnu par l'Église romaine : l'assistance passive. Le prêtre, au lieu de donner sa bénédiction solennelle, se contentait de paraître
comme témoin (bref de 1741). Quelques années après, afin de ne pas rompre complètement avec une tradition séculaire, le même Benoit XIV maintenait en Pologne la triple condition de l'éducation catholique pour tous les enfants, de la pleine sécurité pour sa religion du conjoint orthodoxe, de la conversion désirable du conjoint hérétique.
Les mêmes difficultés se présentèrent pour la Prusse après qu'elle eut acquis des provinces catholiques. Elles furent résolues par le grand Frédéric dans le sens d'une égalité complète entre les diverses confessions. Sa fermeté triompha de toutes les résistances. Les négociations qu'il poursuivit depuis 1749 avec le saint-siége offrent, avec celles qui eurent lieu un siècle plus tard entre Grégoire X\l et Frédéric-Guillaume III, un trop instructif contraste pour qu'elles ne nous arrêtent pas quelques instants.
A peine le roi avait-il pris possession de la Silésie qu'il déclarait à l'archevêque et au Chapitre de Breslau que tout enfant, né d'un mariage mixte, serait élevé jusqu'à sa quatorzième année dans la religion de ses parents, chacun selon sou sexe. Benoit XIV, consulté par Mgr de Sinzendorf, l'exhorta à l'obéissance. Il était lui-même obligé de fermer les yeux « dissmular e»hien qu'il refusât son approbation positive. En véritable Italien il avait pour principe d'accommoder sa conduite aux circonstances. « Il suffit
pour traïKiuilliser votre conscience, disait-il ;i la tin de son bref, de notre connaissance du t'ait, de n()ti'(! résignation. Nous le jurons au pied de la croix, nous n'avons agi ainsi que pour éviter ù notre sainte religion de plus grands dommages. >>
Les conseils de la modération prévalurent également auprès de Pie VI. Il s'était présenté en Silésie plusieurs cas de mariages mixtes pour lesquels la dispense avait été requise à cause du degré rapproché de la parenté. L'archevêque de Breslau avait toujours allégué comme motif de son refus des instructions secrètes du pape. Frédéric ne voulut pas laisser plus longtemps le saint-siége au bénéfice d'une situation équivoque. Son chargé d'affaires à Rome, l'abbé Ciofani transmit, le 2 décembre 1775, une note des plus énergiques au cardinal-secrétaire d'État.
« Le roi y déclarait ne vouloir souffrir aucune extension de l'autorité papale sur l'Église évangélique. Il repoussait comme attentoires à la liberté de conscience les procédés de l'archevêque en matière de mariages mixtes, et priait le saint-père de lui accorder au plus tôt les pouvoirs nécessaires pour célébrer de semblables unions. Si la cour de Rome persévérait dans ses errements actuels, il prendrait contre elle toute une série de mesures qu'elle se re-
peiitirait d'avoir provoquées. Le clergé protestant ne lui refuserait pas ses bons offices. «
La chancellerie du Vatican se renferma pendant une année dans un prudent silence : elle ne le rompit que le 11 septembre 1777 sur un nouveau réquisitoire de Berlin (15 février 1777). Le cardinal Braschi écrivit à l'abbé Ciofani que Sa Sainteté ne pouvait satisfaire à toutes les demandes du « souverain de la SilésiC;,» somf;?o délia Silesia, que néanmoins en reconnaissance de sa générosité elle lui faisait d'importantes concessions.
L'instruction jointe au bref se résumait dans les points suivants : « L'Église catholique a toujours condannié le mariage avec les hérétiques, ahhorruit et detestata fuit matrimonium ciim hœreticis ; elle est obligée de fermer les yeux dans les contrées oii fleurit l'hérésie, disiimulatione quadam uhi inipime grassantur hœreses. Le saint-siége n'a jamais accordé à rOrdinariat pour des mariages conclus entre d'aussi proches parents la faculté de la dispense, à moins que la partie hérétique n'ait déjà accompli sa conversion. Le saint-siége a quelquefois accordé la dispense par des motifs spéciaux : c'est ce que, dans le cas actuel, fera le pape. »
Après avoir, dans son rapport officiel, informé son maître du succès des négociations, Ciofani ajoutait : « Pie VI demande instamment que l'instruction soit
tenue secrète: elle riscineniit de lui amener de la part des puissances catholiques les plus graves désagréments. Frédéric, en dédaignant les vulgaires artifices de la diplomatie, avait suivi la marche la plus habile. La droiture demeure toujours la meilleure conseillère, même dans les négociations avec le Vatican.
Le Landrecht proclama, le 17 juin 1754, la loi de toute la monarchie, qui ordonna (2""' partie, titre 2, paragraphe 76) que « pour les mariages entre personnes de confession différente, les fils fussent élevés dans la religion du père, les filles dans celle de la mère. >> Il fut décrété, dans un autre paragraphe, que « personne n'avait le droit de contredire les parents lorsqu'ils étaient d'accord sur l'enseignement religieux qu'ils voulaient donner à leurs enfants. »
Les édits rendus par Frédéric pour la Silésie acquirent force de loi dans toute l'étendue du royaume. Les règles de Benoît XIV pour les provinces polonaises avaient déjà été abolies sous l'influence russe, en 1708, par le traité de Varsovie qui fixait l'éducation des enfants d'après le sexe. L'assistance passive avait été introduite avec l'agrément de Pie VI par le concordat de 1762 dans la principauté de Clèves, les duchés de Juliers et de Berg. Elle fournissait un moyen commode de légitimer un mariage déjà reconnu de tous, lors même qu'aucune garantie n'était donnée pour l'éducation des enfants. La tolérance fit
bientôt de tels progrès qu'il fut interdit au prêtre d'exercer sur les fiancés une pression illégitime par le refus des bans, du dimissoire, de la bénédiction.
La loi du 21 novembre 1803, qui apporta quelques modifications en cette matière, consacra de nouveau le grand principe de l'égalité des confessions : « Tous les enfants devaient désormais être élevés dans la religion du père; aucun des conjoints ne pouvait, par un pacte, contraindre l'autre de s'écarter des prescriptions légales. L'ordonnance ministérielle indiquait comme motif de ce changement le schisme religieux qui se perpétuait dans les familles au grand détriment de rafiéction réciproque.
Jusqu'en 1815, la cour de Rome ferma volontairement les yeux sur cette violation du droit canonique. Le cardinal Consalvi disait à ce propos à Hans de Gagern : « Nous connaissons vos usages ; nous désirons ne pas en constater l'application. Nous gardons volontiers le silence quand les évêques et les cabinets agissent sous leur propre responsabilité. Mais les approuver solennellement, jamais ! »
De nouvelles difficultés surgirent pour la Prusse avec Tadjonction des provinces du Rhin. La tradition orthodoxe y avait été maintenue par les princes-évêques dans toute sa rigueur. Pie YII entretint leur fanatisme par son bref de 1817 qui condamnait, avec les mariages mixtes, toute part prise par un prêtre à
leur célébration. Le saiiit-siéi^t' déclarait à la niénie époque par la bouche de sou plus éloquent défenseur, Joseph de Gi'irrès, que de semblables unions ne pouvaient donner naissance qu'à des bâtards, à des hermaphrodites.
La pratique douce et la pratique sévère continuèrent à exister simultanément pendant tiuehpies années, mais la première marcha vers un rapide déclin. Elle avait tieuri dans un siècle de lumières qui avait travaillé à un rapprochement sincère entre les deux confessions. Elle perdait toute raison d'être du moment que l'Église était revenue aux dogmes, à la théocratie du moyen âge.
L'antagonisme entre les deux puissances éclata de nouveau dans tonte son âpreté. Les avocats de l'ultramontanisme invoquèrent les droits absolus de la vérité, la soumission aux décrets célestes, le salut éternel des âmes. Devant d'aussi hauts intérêts disparaissaient le respect de la loi civile, l'égalité des autres confessions. La cour de Rome ne vit dans toutes les mesures du gouvernement prussien qu'une odieuse tentative de s'immiscer dans le domaine spirituel, de détourner les populations catholiques de leur obéissance au pape, leur véritable chef, d'imposer à l'Église une constitution contraire à celle qu'elle avait reçue de son divin fondateur. Bref, sous prétexte de réforme, Frédéric-Guillaume III ne visait qu'à la
destruction des croyances. < Tout prêtre, en conséquence, qui exécutait ses ordres se rendait coupable d'apostasie.
A ces arguments, tirés d'un ordre cliimérique, les défenseurs de l'État moderne opposaient un fait réel, la parité entre les diverses sectes chrétiennes consacrée pour toute l'Allemagne par le traité de Westplialie. Ses dispositions, quoique le saint-siége se fût toujours refusé à les reconnaître, n'avaient jamais cessé d'être en pleine vigueur. Aucun souverain, à moins de forfaire à tous ses devoirs, ne pouvait accorder le bénéfice des mariages mixtes à l'Église catholique seule. Les ôvêques avaient, avant de jouir de la protection de l'autorité civile, contracté envers elle divers engagements. Les prêtres de tout ordre, aussi longtemps qu'ils recevaient un salaire étaient tenus d'observer les prescriptions légales. Loin d'empiéter sur un terrain qui leur était étranger, les auteurs du Landreclit, en mettant à sa base les grands principes de la tolérance religieuse, n'avaient fait que donner une sanction légale à un état de choses depuis longtemps établi.
Le cabinet de Berlin, s'il n'avait pas subi l'influence du parti féodal, possédait un moyen commode de trancher le différend. Il préféra, au lieu de proclamer le mariage civil, s'engager dans la voie de la chicane, de la répression.
L'ordonnance du 17 août 1825 étendit aux nouvelles provinces de la monarchie la loi du 1 1 novembre 1803. «Tous les entants, issus d'unions mixtes, durent être désormais élevés dans la religion du père jusqu'à leur quatorzième année ; toute promesse contractée par les fiancés avant la célébration du mariage fut déclarée nulle et non avenue. «
Le clergé tourna aisément l'obstacle. Il n'exigea plus des conjoints un engagement solennel mais refusa sa bénédiction lorsqu'il ne recevait pas spontanément pour l'éducation catholique des enfants toutes les garanties qui lui paraissaient désirables. La propagande ultramontaine ne fut pas arrêtée un seul instant dans le cours de ses triomphes. Ses chefs calculaient déjà en combien d'années l'hérésie serait extirpée des bords du Rhin par cette voie aussi paisible que sûre.
Le gouvernement, pour remédier à une perturbation toujours croissante, fit appel à la loyauté des évêques. Un prélat qui continuait les larges et généreuses traditions du XYIII"''' siècle, le comte Ferdinand-Auguste de Spiegel-Defemberg occupait, depuis 1829, le siège métropolitain de Cologne. Les intérêts de la science ne lui étaient pas moins chers que ceux de l'édification. L'Université de Bonn et les séminaires où les novices se formaient à la pratique des vertus pastorales eurent également à se louer de son
intelligente sollicitude. Tous ses etïbrts tendirent à favoriser dans son diocèse le progrès des lumières, à entretenir avec lès membres de l'Église évangélique des relations toujours plus cordiales. La pureté de ses sentiments religieux était encore rehaussée par la ferveur de son ])at! iotisme. Il remplit juscpi'à la tin de ses jours avec la même conscience ses devoirs comme membre du Conseil privé, ses fonctions épiscopales. La Cour de Rome le tenait, malgré ses idées libérales, en si haute estime qu'elle lui envoya les dénonciations dont ne cessaient de le poursuivre les jésuites.
La plupart de ses collègues étaient animés pour le cabinet de Berlin d'un égal bon vouloir, entre autres les évêques de Trêves et de Paderborn. S'ils ne purent, de leur aut(u-ité privée, aplanir toutes les difficultés, ils adressèrent à Pie VII un mémoire où ils recommandaient la solution la plus conciliante dans Falfaire des mariages mixtes (12 avril 1828). Tous les prélats de la province donnèrent leur signature, jusqu'à un fougueux ultramontain, le baron jNIaximilien-Claspard de Droste-Vischering. En attendant la décision du saint-père ils recommandèrent l'observation des édits royaux à leurs subordonnés.
A Rome même, les intérêts nationaux étaient placés dans les meilleures mains. Depuis le commencement du siècle la Prusse avait choisi pour ses délé-
gués auprès du saint-siége des hommes ({ui, par leur haute valeur intellectuelle, pussent doimer aux recherches scientifiques une féconde impulsion : Wilhelm de Humboldt, Niebuhr, Bunsen'. Le fils de l'orfèvre de Corbach débutait, en 1821 , dans cette double carrière de l'érudition et de la diplomatie où trente années d'éminents services lui conquirent une si légitime autorité. Sou activité rayonnait dans les sens les plus divers avec un égal succès. Il collaborait sous la direction de Niebuhr à la Description de la Rome antique^ écrivait un livre remarquable sur les Basiliques chrétiennes, jetsiit avecGerhardt les bases de l'Institut archéologique (1829), achetait pour le musée de Berlin la Madonna Colon na, envoyait à M. d'Altenstein de précieux renseignements sur les liturgies des premiers siècles, s'enthousiasmait, dans ses promenades, avec Champollion, pour l'Égypte et décidait de la vocation de Ilichard Lepsius. Son palais du Capitole fut, pendant toute la durée de son ambassade, le rendez-vous habituel des savants, des artistes, des étrangers de distinction ^ .
^ Ces traditions vienuent d'être heureusement renouées par la. nomination auprès du Quirinal d'un dilettante accompli, le baron Robert de Keudell.
^ Frédéric-Guillaume III, les princes de Prusse (Frédéric-Guillaume IV, Guillaume P'') et de Bavière (Louis I'^'^), Chateaubriand,, le comte Saint-Aulaire, MM. de Montmorency-Laval et de la Ferronnays, le baron de Stein, le comte Usedom, le général de Rado-
Bunsen était, i)lus que tout autre, préparé à des négociations avec la Curie par son tact exquis, la profondeur de ses sentiments religieux, l'étendue de ses connaissances théologiques. L'agrément de son commerce lui avait de bonne heure gagné les S3'mpathies des prélats éclairés. Il entretenait avec Monsignore Cappacini, l'habile secrétaire du cardinal Consalvi, les relations les plus cordiales.
Le respect filial que Bunsen avait voué à Niebuhr n'altéra jamais l'indépendance de ses opinions. Ses regards étaient dirigés vers l'avenir avec autant de confiance que ceux de son maître s'attardaient avec regret dans la contemplation du passé. Il discernait dès cette époque les « Signes du Temps ' » avec la perspicacité qui lui assura, dans l'évolution spirituelle de l'Allemagne et de l'Angleterre, un rôle si considérable. L'unité de l'Italie posséda en lui un persévérant défenseur. Il en avait salué les prémisses pendant son ambassade, il en bénit en 1855 la réalisation sur son lit de mort.
Libéral convaincu, Bunsen n'admit jamais, comme
witz, les archéologues Braudis, Pertz, Gerhardt, l'iiistorieu Thirlwall, le théologien Richard Eothe, le poëte Platen, les peintres Overbeck, Cornélius, Koch, Schadow, les sculpteurs Emile Wolff et Thorwaldsen, Félix Mendelsohn-Barthold}-, Walter-Scott, Mesdames Récamier, Henriette Hertz, Dorothée Schlegel, etc.
' Titre d'un ouvrage de Bunsen dirigé contre le parti de la Croix et ies orthodoxes luthériens (Leipzig, 1855).
la plupart des diplomates de cette époque, qu'un État protestant dût confondre ses intérêts avec ceux du saint-siége. Dès son arrivée à Rome il signala la gravité de la réaction dirigée par les jésuites, l'ascendant que depuis le congrès de Vienne leur camarilla avait pris sur Pie VII, la stérilité dont avaient été frappées les plus modestes réformes. Il fut bientôt familier avec les procédés diplomatiques de la Curie, ses insidieuses promesses, son ambition et sa ténacité en matière de concordat. Sa seule erreur fut de croire à la vitalité des éléments libéraux au sein du catholicisme, au triomphe de la tolérance et des lumières sur le fanatisme et la superstition. Frédéric-Guillaume III avait eu l'occasion, pendant son séjour à Rome, de remarquer le jeune secrétaire : il l'avait eu pour compagnon ordinaire de ses promenades et était demeuré sous le charme de sa conversation. Son estime pour lui fut encore accrue par l'aisauce avec laquelle il régla les conflits liturgiques en Silésie ' . Il résolut de lui accorder pleins pouvoirs dans la querelle des mariages mixtes, de le char-
' Plusieurs prêtres silésiens avaient introduit dans leurs paroisses la lecture de la Bible, la célébration du culte dans la langue allemande, diverses autres réformes pratiques. Anathématisés par l'évêque de Breslau, Schimonsky, ils avaient été défendus par le président de la province, Merkel, un libéral de l'école de Stein. Bunsen, en obtenant de chaque parti des concessions réciproques, mit promptement un terme au différend. Les prêtres soumirent de non-
ger seul des négociations soit avec le pape soit avec les évêques rhénans.
Frédéric-Guillaume n'eut point à se repentir de sa conliance. Les pourparlers avec la Curie s'acheminèrent vers le but désiré au travers de mille obstacles. Ils auraient promptement abouti sans la mort soudaine de Léon XIL Quoique tout dévoué aux jésuites, ce pontife connaissait l'Allemagne pour y avoir longtemps séjourné comme légat: il appréciait, avec les dangers de la situation, la bienveillance que le roi de Prusse avait toujours témoignée à l'P^glise romaine.
Son successeur, Pie VIII, n'était nullement informé de ce qui se passait au delà des monts, mais il avait l'humeur trop douce pour ne pas dési-rer un compromis. Il tenait à ne point offenser une puissance qui avait rendu de précieux services au saintsiége; il redoutait, d'autre part, par une brusque rupture avec le passé, de froisser les sentiments des ultramontains, les seuls catholiques dont, en cas de lutte, l'appui lui fût assuré. Il éluda pendant de longs mois, tantôt demandant une explication, tantôt soulevant une difticulté, tantôt se laissant arracher une promesse. La note du 26 octobre 1825 mit un terme
veau leurs propositions au jugement de leur évêque. Schimonsky s'engagea à fermer les yeux sur la plupart de leurs réformes, et à retirer les accusations injurieuses qu'il avait lancées dans son premier mandement.
à SCS tergivei'sations. M. de Bunsen obtint de son nicaître qu'il prît enfin, vis-à-vis de la Curie, une attitude digne du successeur du grand Frédéric.
« Le but des tractations,» disait le document royal, « est clairement désigné; les moyens pour l'atteindre regardent la Cour de Rome. Dans la situation présente, il ne serait pas seulement inopportun mais regrettable que le roi fît une proposition quelconque, examinât par exemple comment, sans dévier de ses principes, il pourrait satisfaire aux demandes de Sa Sainteté. Il serait également superflu de sa part de rechercher la meilleure solution du conflit. Toute la question se résume dans le bref que Sa Sainteté adressera aux évéques des provinces de l'Ouest. Continueront-ils à exiger, comme condition de leur ministère, l'éducation catholique de tous les enfants nés de mariages mixtes? cesseront-ils de le faire?
« Sa Majesté n'entend point, par ces remarques, restreindre le champ des négociations. Le conseiller Bunsen est simplement chargé de les présenter à la Cour de Rome sous la forme la plus convenable, de la prévenir que si, dans l'intervalle de six mois, elle n'adopte pas une résolution définitive, le gouvernement de Sa Majesté prendra les mesures les plus efficaces pour mettre un terme au conflit. »
Cet énergique langage porta ses fruits : Pie VIII donna sa réponse dans le bref du 5 mars 1830.
Le pape, dans cette nouvelle pièce, inclinait visiblement du côté de l'indulgence. Il reconnaissait la validité de tous les mariages mixtes, lors même qu'ils auraient été bénis par un pasteur protestant. Sur le point le plus controversé, l'éducation religieuse qui devait être donnée aux enfants issus de semblables unions, le bref était d'une obscurité regrettable et ne se servait à dessein que de termes susceptibles d'acceptions contradictoires. Au lieu d'indiquer au clergé une règle précise de conduite, il se perdait en onctueux développements, en prolixes effusions, eu plaintes stériles sur la dureté du siècle.
L'instruction qui l'accompagnait, adressée par le cardinal Albani à tous les évêques de Prusse, était rédigée en termes tout aussi vagues. Il semblait résulter de sa teneur que si la promesse de l'éducation catholique pour tous les enfants demeurait indispensable pour la bénédiction, elle n'était plus exigible pour l'assistance passive. Il n'était plus fait mention des , anatlièmes. Les prélats recevaient plein pouvoir pour fixer le degré de parenté auquel s'étendraient les dispenses, pour célébrer les mariages mixtes de toute catégorie après avoir imposé aux conjoints une pénitence suftisante et les avoir exhortés à persévérer dans la vraie foi. Comme la plupart de celles qui sont sorties de la chancellerie romaine, ces deux pièces
('taient un chef-d'œuvre d'<anibiguïté, de prudence diplomatiques.
En 1842, après le triomphe complet de Fultramontauisme, les jésuites ne manquèrent pas d'affirmer que le bref du 5 mars 1830 était la condamnation formelle des mariages mixtes. Au moment oîi il parut l'impression fut tout autre.
L'archevêque Spiegel félicita le gouvernement prussien de la réussite des négociations. Bunsen, qui ne se faisait pourtant pas d'illusions sur les procédés de la Curie, crut avoir touché au port. Le 19 avril il énuméra les principaux résultats obtenus dans une lettre contidentielle à Niebuhr :
« P Pour tout ce qui concerne le passé, l'évêque agit librement, sans s'inquiéter de la clause relative à l'éducation même lorsque des mariages au premier degré auraient été conclus sans dispense ; 2° à partir du 3 mai 1830 seront valables tous les mariages mixtes extra formam conciln Tridentuii^ implicitement donc ceux aussi qui auraient reçu la bénédiction protestante ; ils seront matrinionia rata et vera ; 3° le prêtre peut bénir tout mariage lors même qu'il n'aurait pas obtenu de promesse pour l'éducation, l'évêque également dans les cas où il peut accorder au conjoint catholique la dispense. Soit pour le bref, soit pour l'instruction, le style est excellent, ajoutait Bunsen ; ils ont été rédigés par le pape lui-même et
le cardinal Cappelari, avec lesquels j'ai eu, le 19 janvier, une conférence sans laquelle rien n'aurait abouti. »
La Cour de Rome n'avait pas encore dit le dernier mot. La clef de ses hésitations nous est fournie par un entretien qu'eurent, le 16 décembre 1822, Niebulir et Consalvi. « Le résultat, » disait le cardinal, « n'est point de ceux que l'on puisse atteindre directement par le Corso ; il faut essayer d'y parvenir par des voies obliques, des chemins détournés. ->
Le cabinet de Berlin commit à ce moment une faute grave. Pie VIII, malgré ses réticences, lui avait fait des concessions plus étendues qu'aucun de ses prédécesseurs. En effet, sans la fameuse promesse, la Cour de Home avait toujours interdit non-seulement la bénédiction ecclésiastique mais même l'assistance passive.
Au lieu de procéder immédiatement à la publication du bref, comme le lui conseillait Bunsen dans des dépêches réitérées, Frédéric-Guillaume III, par un scrupule des plus honorables mais des plus intempestifs, lui reînssL Vexcquatur parce que le grand principe de l'égalité des confessions lui semblait en danger. Il renvoya à la chancellerie pontificale la copie que lui avait transmise son ambassadeur, en lui demandant d'éviter dans la nouvelle rédaction toute phrase qui impliquerait la nécessité du dogme romain
pour le salut. Il convenait ('«paiement de passer sous silence l'examen que ferait subir le prêtre au conjoint catholique afin de le détourner du mariage avec un hérétique, ou, tout au moins, de le fortifier dans la vraie foi.
« Quoique les déclarations du pape dans le bref comme dans l'instruction aux évêques rhénans et westphaliens,» disait l'édit royal, «aient aplani les difficultés qui subsistaient jusqu'alors sur les points les plus essentiels, il en reste d'autres sur lesquels elle s'écarte du but que nous poursuivons en commun, le maintien de la paix religieuse dans les familles. Pourquoi ordonner aux évêques et aux curés de la manière la plus expresse de détourner les femmes catholiques de tout mariage mixte parce que leurs enfants seraient élevés dans la foi évangélique de leur père, comme si, par une légèreté coupable, elles mettaient le salut de ces futures âmes en péril. Quelles que soient la prudence, la modération dont usent les prêtres en des cas isolés, rien ne pourra détruire la fâcheuse impression d'un semblable avertissement.
« Un nouvel obstacle est suscité par la défense qui est faite aux prêtres de célébrer un mariage mixte. Je ne m'oppose pas à ce que le pape leur permette seulement l'assistance passive, mais je demande à ce qu'elle soit regardée comme un acte ecclésiastique. Je n'exige pas qu'il prenne une mesure
contraire aux grands principes du catholicisme; je désire qu'il fasse abstraction de pures formalités » (Édit royal du 27 février 1831).
Un temps précieux fut ainsi perdu en d'inutiles discussions. Jamais pourtant il n'aurait été plus nécessaire d'agir, puisqu'avec l'état maladif de Pie VIII on pouvait chaque jour s'attendre à une vacance du saint-siége, à l'élection d'un cardinal qui appartiendrait à la coterie des Zelanti.
Frédéric-Guillaume III se tiatta de parvenir plus aisément au but par une entente directe avec ses évêques. Il était souvent arrivé à des princes catholiques, lorsqu'ils n'avaient pu, dans un litige important, tomber d'accord avec le pape, de convoquer leur clergé en parlement et d'obtenir de sa sagesse les réformes exigées par le bien de l'État. Une conduite semblable paraissait tout indiquée à un monarque protestant dans une affaire qui concernait une population mixte. Elle ne pouvait qu'être agréable à des prélats froissés de la servitude absolue à laquelle les condamnait la Cour de Rome, désireux de recouvrer tout ou partie de leurs droits.
Bunsen passa l'été de 1834 en Allemagne, afin de se consacrer tout entier aux négociations. Le roi, qui avait pleine confiance dans son habileté, sa droiture, aplanit en sa faveur toutes les difficultés d'étiquette que ne manquèrent pas de soulever les
ministres. 11 ne trouva pas un protecteur moins chaleureux dans la personne du prince de Prusse qui, pendant son séjour à Rome, s'était lié avec lui d'une fraternelle amitié et suivait* avec une attention passionnée tout débat relatif à l'indépendance de l'Église.
L'archevêque de Cologne avait été choisi pour défendre les intérêts de ses collègues, moins en sa qualité de membre du Conseil qu'à cause de ses relations intimes avec Bunsen, de sa tolérance, de ses lumières. 11 s'était, dès l'entrée, montré favorable aux projets de son souverain. « Après un examen consciencieux, » disait-il, « il s'était convaincu que la pratique indulgente pouvait être partout introduite. Du moment que la fameuse promesse était passée sous silence, soit dans les exhortations pontificales, soit dans les formes prescrites par le bref, toute opposition entre la loi civile et la coutume ecclésiastique avait disparu. »
Mgr Spiegel s'adjoignit pour les conférences le Munchen, un savant canoniste qui ne souhaitait rien autant que la réconciliation entre les deux pouvoirs. Elles aboutirent rapidement, grâce à la modération, au tact déployés par Bunsen. Le 19 juin 1834, le gouvernement obtenait, par le pacte de Coblentz, gain de cause sur tous les points contestés. Le bref
du 5 mars 1830 fut déclaré en complet accord avec 1 edit royal du 17 août 1825.
Pour arriver à un résultat aussi surprenant en apparence, il avait été convenu que tout ce qui n'était pas formellement interdit dans le mandement pontifical devait être tenu pour licite, tout ce qui n'était pas expressément ordonné laissé dans l'oubli. Le prêtre ne pouvait, en aucune circonstance, exiger des fiancés une promesse quelconque. Dans l'immense majorité des cas il célébrait le mariage selon les rites habituels de l'Église romaine. Il ne recourait à l'assistance passive que dans un petit nombre d'autres cas très-rares, très-faciles à éviter, lorsqu'il était certain, par exemple, que tous les enfants seraient élevés dans la communion évangélique, que les deux fiancés témoignaient d'une indifférence coupable pour la religion.
Mgr Spiegel se flattait, par cet arrangement, d'avoir résolu toutes les difficultés. Les prêtres d'humeur douce céderaient aisément aux sollicitations de leurs paroissiens et n'imposeraient plus pour l'accomplissement d'un mariage mixte des conditions précises, rigoureuses. Les plus sévères s'adresseraient à l'official qui leur recommanderait l'indulgence.
Les évêques de Trêves, de Munster, de Paderborn, tour à tour consultés par leur chef, donnèrent au pacte leur assentiment. Cette unanimité fut aussitôt
constatée dans deux pièces : une lettre pastorale adressée à tout le clergé de la Westphalie et de la province rhénane, une instruction pour les vicaires généraux qui devait être tenue secrète «afin, étaitil dit, que la sottise et la méchanceté n'en prissent pas prétexte pour agiter les esprits. » Assuré désormais de l'ohéissance de ses jn'élats, Frédéric-Guillaume III accorda, le 20 août 1834, Vcxcqiiatiir au bref pontifical. Bunsen fut nommé ambassadeur extraordinaire auprès du Vatican ; l'archevêque de Cologne reçut l'ordre de l' Aigle-Noir, en récompense de ses loyaux services.
Personne ne ressentit de l'heureux résultat des négociations une joie plus sincère que le jeune et déjà célèbre historien des Basiliques chrétiennes. La reconnaissance des mariages évangéliques de la part de la Curie lui paraissait pour l'avenir un fait acquis. Il croyait avoir fermé pour toujours Tère des différends confessionnels et se plaisait à comparer le récent accord avec les évêques au connubiim entre les patriciens et les plébéiens, qui joue un si grand rôle dans les travaux de son maître Niebulir.
« Les évêques, » écrivait-il peu après son retour en Italie au prince de Prusse, «marieront à l'avenir sur la base du bref, selon le rite ecclésiastique, sans que le curé ait exigé auparavant une promesse quelconque. La bénédiction ne sera suspendue que dans le
cas où la tiaiicée montrerait , à reiidroit de ses devoirs maternels, une légèreté coupable, répréhensible ; raisonnablement donc, jamais. Par contra, le prêtre est obligé d'accepter sans rétribution dans la sacristie leur déclaration qu'ils sont mari et femme : de leur annoncer qu'ils le sont réellement, de les inscrire sur le registre de paroisse. »
Les événements ne tardèrent pas à donner à ces espérances un cruel démenti. L'interprétation si libérale de Mgr Spiegel était tout au moins contraire à la lettre du bref. Il aurait fallu, pour que la convention de 1834 portât ses fruits, qu'elle pût être exécutée paisiblement pendant un certain nombre d'années sous la protection des évêques. La mort d'un seul des signataires, son remplacement par un candidat ultramontain, moins encore, le plus léger conflit, la plus innocente indiscrétion suffisaient pour renverser l'édifice élevé avec une si patiente habileté.
La pensée d'en appeler de Rome au patriotisme du clergé était aussi hardie que féconde en conséquences heureuses. Sa réalisation n'échoua qu'à cause des équivoques dans lesquelles se complut le ministère. La position ambiguë des évêques entre le Vatican et le cabinet de Berlin devenait à la longue intenable. Les prétentions ultramontaines n'auraient pu être combattues d'une manière efficace que si on leur avait opposé la volonté claire, énergique de la nation
représentée par le roi, les Chambres. « Le goiiveruemeiit prussien, » dit à cette occasion M. (lelzer, « ne se mit dans une position désavantageuse que par la maladresse avec laquelle il défendit une cause excellente : celle de la parité des confessions. »
Tout, au commencement, parut marcher selon ses désirs. Le 29 août M. d'Altenstein avait successivement obtenu de tous les évêques la promesse d'une lettre collective au saint-père afin de couper court à toute fausse interprétation, de prévenir toute rupture. Les prélats y déclaraient que la publication du bref pontifical n'avait été autorisée que sur leur assurance formelle qu'il ne renfermait aucune prescription contraire aux lois du royaume.
Il suffit de la mort inopinée d'un des signataires pour frapper de stérilité cette démarche. L'évêque de Trêves, Mgr Hommer, avait toujours fait preuve, dans ses relations avec le gouvernement, de la même aménité que Mgr Spiegel. Sa correspondance avec Bunsen témoigne des vues les plus sages, des dispositions les plus conciliantes. Le 1" octobre 1836, six semaines avant sa mort, il écrivait, malgré sa faiblesse, de sa propre main à Grégoire XYI pour lui recommander le nouveau mode de vivre en matière de mariage mixte comme aussi favorable à FEglise que dicté par les circonstances. Il donnait, sur sou lit de douleur, sa bénédiction au prince de Prusse,
si étroit lui paraissait le lien <iui unissait la patrie avec l'Église.
Les jésuites, cpi'il avait toujours détestés, réussirent à le circonvenir pendant ses derniers instants. Ils le tourmentèrent si bien qu'il signa une déclaration par laquelle il reniait tous les actes de son épiscopat. Sa conscience angoissée lui faisait un devoir de communiquer au saint-père le pacte de Coblentz, d'implorer sou pardon.
Cette lettre donna pleine consistance aux soupçons que nourrissait la Curie à l'endroit des négociations entre les évêques et le gouvernement prussien. Elle en possédait déjà une vague connaissance grâce aux dénonciations de la Gazette (VAschaffenhourg, aux bons offices du prince de Metternich. A peine Bunsen était-il revenu au Capitole que le cardinal-secrétaire d'État l'interrogeait sur la convention du 19 juin 1834. Il se contenta de répliquer que si les évêques étaient tombés d'accord sur l'exécution du bref, ils avaient eu raison d'en informer leur chef spirituel. Le gouvernement de Sa Majesté n'avait point à s'occuper de ces matières. Lambruscliini, pour toute réponse, lui tendit la lettre de l'évêque de Trêves. C'était de la part du cabinet de Berlin une tentative chimérique que de recourir à des transactions* secrètes dans une époque de publicité absolue.