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L'ÉTAT, LE LUXE, LES ARTS, LES FÊTES

Aussi un esprit sérieux, tant au point de vue des résultats matériels que des résultats moraux, ne peuLil approuver ces colossales exhibilions. L'État ne sait rien faire avec mesure.

Les nations vraiment pratiques bannissent tout ce faste inutile ; elles ont des exposilions partielles, qui ne se font pas toutes dans une seule ville à laquelle on confère ainsi un privilège injustifié. Elles laissent prendre l'initiative de ces expositions aux corporations intéressées; si elles s'y asso cient, c'est dans une mesure modérée, à titre de contribution accessoire prouvant la bonne volonté des pouvoirs publics. Encore peut-être ceux-ci feraient-ils mieux de n'y participer par aucune somme d'argent, de prêter seulement des locaux, des emplacements. Le but utile, celui de l'instruction, de la comparaison et de la vulgarisation des instruments, des méthodes, des modèles, est beaucoup plus sûrement atteint, avec une bien moindre dépense et sans toute celte perturbation (1).

Ainsi le luxe collectif a bien des dangers; lui aussi peut être corrupteur;ilest plus malaisé de le refréner que le luxe privé: ce dernier compte avec les ressources de celui qui l'ordonne; le luxe publie, au contraire, est ordonné, aménagé par des gens qui n'en font pas les frais et qui en Lirent, néanmoins, plaisir et vanité.

Ge n'est pas là lu seule preuve de relâchement et de dés-

(1) Tout ce que nous disons ici se roi avec la plus précise exactitude à l'Exposition de 1889. L'un des ER Rene at aqua mumiipaé pare avi mt

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organisation que donne l'État moderne. Il multiplie aussi les fêtes légales. Il ne peut détruire les fêtes religieuses que le sentiment général et la coutume consacrent ; il y en ajoute d’autres soit obligatoires, soit du moins tacitement imposées. On s’est plaint que le calendrier de l’ancien régime fût encombré de fêtes de saints qui multipliaient abusivement les chômages : le nouveau régime aussi veut avoir des fêtes chômées, il en invente ou il en discute: l'énergie au travail et la production s'en trouvent diminuées (1).

(1) Dans ces derniers temps on a institué le chômage du lundi de Pâques et du lundi de la Pentecôte, du 14 juillet, et divers conseillers municipaux qu députés demandent que l'on institue encore d’autres fêtes civiques chômées.

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