‹ L'Etat moderne et ses fonctionsChapitre 19 sur 92 · L'ÉTAT ET LES EMPLOYÉS DES SERVICES PUBLICS · texte numérisé non relu

L'ÉTAT ET LES EMPLOYÉS DES SERVICES PUBLICS

Voilà la situation à laquelle aboutit TEtat moderne. En constatant ces vices, nous ne prétendons pas que TEtat d^'ancien régime fût préférable ; il avait soit des vices analogues sous une forme différente, soit d^autres vices. L'^organisme même de TÉtat, nous Tavons montré, ne comporte pas, nous ne dirons pas la perfection ni môme Texcellence, mais la supériorité ou seulement une convenable adaptation à des tâches très multiples, très compliquées, très diverses. Ce devrait être pour lui une raison d ^ modestie et de circonspection : un motif de se concentrer dans ses tâches essentielles, au lieu de se disperser à Tinfini dans des tâches nouvelles. Peut-être alors pourrait-il, étant spécialisé dans des fonctions restreintes et essentielles, mieux s^en acquitter (1).

(1) Comme exemple récent de favoritisme de TÉtat moderne en France, citons, d'après le journal le Temps (du 22 septembre 1910), la discussion qui eut lieu au sujet des crédits denjandés pour la création de quatre postes de conseillers et de quatre postes de maîtres des requêtes au Conseil d'Etat.

<( Il est d'usage constant, dit ce journal, que pour les vacances survenant dans le personnel des conseillers d'J^tat et des maîtres des requêtes, le garde des sceaux doit choisir les nouveaux titulaires alternativement à l'intérieur et à l'extérieur du Conseil d'Etat, pour assurer, d'une part, Tavancement hiérarchique et, d'autre part, réserver au gouvernement des places pour les fonctionnaires d'autres catégories.

« Or le ministre de la justice, dans le choix qu'il a fait pour ces postes supplémentaires, n'aurait pas suivi cette règle.

« Un fonctionnaire du cabinet du garde des sceaux, entre autres exemples, qui avait rang d'auditeur de 1'® liasse et qui iigurait le dernier sur la liste d'avancement, fut nommé au titre extérieur maître des requêtes après quatre mois de présence au ministère de la justice, alors que réglementairement il aurait dû attendre au moins cinq années avant de pouvoir aspirer à un poste supérieur.

« La contestation avait été à l'origine formulée dans la commission des crédits par M. Caillaux, qui l'a reproduite hier devant la commission (lu budget. »

M. Caillaux lui-même, lorsqu'il était ministre des finances, avait nommé conseiller référendaire à la Cour des Comptes un attaché à son cabinet qui, peu de temps auparavant, avait échoué au concours à l'auditorat près de cette même cour.

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