COMMENT ELLES CESSENT
l'inexécution de pareils ordres on ne pourrait rien conclure. Sans doute, quand un extatique sort de son extase sur le commandement qui lui est fait, c'est Dieu qui fait cesser le ravissement; Il le fait afin de manifester son amour pour l'obéissance et de fortifier l'autorité de ceux qui commandent et qui tiennent de Lui le droit de commander. Si le commandement est mental, Dieu, qui le connaît, peut l'exécuter; aussi l'obéissance de l'extatique à un ordre de ce genre est un signe excellent en sa faveur. Il semble, toutefois, que Dieu n'a plus les mêmes raisons de se conformer toujours à de pareils ordres, qui sont, en effet, comme le remarque Scaramelli, en dehors des lois des commandements humains.
218. Le rappel, s'il est brusque, est souvent douloureux; aussi semble-t-il meilleur — du moins nous en savons des exemples que l'expérience a montrés confc^mes à la prudence — de commander à l'extatique de revenir peu à peu à son état normal, pendant qu'on récitera quelque prière, comme un Salve Regina, une dizaine de chapelet.
Parfois a été faite aussi l'épreuve contraire; il a été commandé à des âmes pour lesquelles l'extase était fréquente de quitter le monde extérieur, de partir en Dieu, et l'ordre était obéi. Dans ce cas, l'ordre n'était pas absolu, mais toujours donné sous cette condition : si Dieu le juge bon; c'était plutôt une prière à Dieu qu'un commandement fait à la créature.
Dans le rappel, comme dans l'ordre ^ntrer en extase, ce n'est pas l'extatique qui obéit, c'est Dieu qui agit. Le souverain respect qui Lui est dû exige que l'ordre ne soit donné que pour des motifs graves et vraiment surnaturels. Un supérieur qui pratiquerait le rappel sans raison ne serait pas exempt do faute; il manquerait de révérence à Dieu, dont il doit rrspi^cter la volonté. Il faut des motifs plus graves encore pour ordonner l'extase, quelque fréquente qu'elle soit chez le sujet auquel on la commande; car celui-là d'mande p'us à Dieu qui veut faire entrer une personne, fût-elle son inférieure, dans un état préternaturel et miraculeux, que celui qui lui ordonne de rentrer dans les conditions ordinaires de la vie et de vaquer à ses occupations. Les exemples que nous connaissons de semblables faits concernaient des âmes qui étaient victimes des vexations de Satan, en même temps que comblées de faveurs célestes.