DANGERS D ILLUSION
donne parfois aux visions et aux révélations, alors mêmequ'elles sont véritables, parce qu'il a constaté sur ce point, comme il le déclare, un manque de discrétion qui a été nuisible à beaucoup d'âmes. (Montée, II, xvi, p. 181.) Il y avait eu, paraît-il, à cette époque, dans l'ordre du Garmel, de grands abus et le Saint dut rappeler les principes et montrer les dangers d'illusion, d'orgueil, auxquels les âmes s'exposent si elles s'attachent à ces faveurs, si elles s'y confient imprudemment, si elles ne comprennent pas qu'elles doivent préférer à tout le reste la pratique des vertus et l'union à Dieu par la foi, même la plus obscure, et l'amour mystique.
Et, en effet, non seulement ceux-là tombent dans l'erreur qui ont de fausses visions et n'ont jamais entendu de paroles surnaturelles, mais ceux-là mêmes qui reçoivent des communications divines peuvent recevoir aussi des visites diaboliques et l'ange de ténèbres peut se transformer en ange de lumière : « Écoute, ma fille, a dit un jour Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie, ne crois pas légèrement à tout esprit et ne t'y fie pas, car Satan enrage de te décevoir. » Et, ce qui arrive plus souvent encore, l'âme sainte peut mêler l'humain au divin, le faux au vrai, les conceptions et les déductions de sa raison et même les, fantaisies de son imagination aux vérités qui lui sont manifestées.
245. Souvent, en effet. Dieu ne soulève qu'une partie du voile qui nous dérobe les choses futures oii les faits de conscience ; les communications divines sont obscures et, dans l'interprétation qu'en donne celui qui les a reçues, l'erreur peut se g.isser. Dans les visions de Notre-Seigneur ou des Saints, le voyant sera tout naturellement porté à interpréter la pose, l'expression de la figure, il pourra se tromper dans les conclusions qu'il tirera. Il en est de même et à plus forte raison dans les visions symboliques. Mais les paroles elles-mêmes peuvent être équivoques. Saint Jean de la Croix cite plusieurs exemples tirés de la Sainte-Écriture. Ainsi, quand Jacob, ayant appris que Joseph vivait encore, quitta le pays de Ghanaan pour se rendre près de son fils. Dieu lui apparut et lui dit : « Jacob, ne crains point, descends en Egypte, moi-même je descendrai là avec toi et moi-même je t'en ramènerai lorsque tu reviendras. » D'après ces paroles, Jaeob devait croire qu'il reverrait un jour son pays. Or, il mourut en Egypte. En disant : « Je t'en ramènerai lors-
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jue tu reviendras, et ego inde adducam te revertentem », Dieu 70ulait-Il dire que le corps du patriarche serait rapporté en ;*alestine, ce qui eut lieu, en effet, aussitôt après sa mort, ou ju'il y reviendrait en maître dans la personne de ses descendants juatre cents ans plus tard; même après l'événement, nous ne Douvons le décider.
Un crime infâme ayant été commis dans la tribu de Benjamin t tous ceux de cette tribu s'étant solidarisés avec les coupables, es autres tribus se réunirent pour les châtier; elles consultèrent e Seigneur avant de livrer bataille; or, à deux reprises, le Seigneur leur ordonna d'engager le combat : elles avaient le bon iroit de leur côté, un avantage numérique considérable; cet jrdre qu'elles recevaient n'était-il pas une annonce de la victoire? Tous le crurent : qui ne l'aurait pas cru comme eux? Cependant, Dieu n'avait pas promis le succès. Ce furent les Benjamites qui furent vainqueurs et infligèrent aux autres tribus des pertes énormes. La troisième fois, le Seigneur, non seulement ordonna de combattre, mais promit la victoire; cette fois, les Benjamites furent taillés en pièces.
Les prophéties qui annonçaient le triomphe du Messie, ses conquêtes universelles semblaient promettre aux Juifs une grande prospérité temporelle et même l'empire du monde; ainsi les interprétaient-ils, ainsi les comprenaient les apôtres euxmêmes au jour de l'Ascension; ce ne fut que plus tard qu'ils comprirent le vrai sens des prophéties, comme saint Jean le remarque i.
246. Jeanne d'Arc, qui, comme elle le déclara peu avant de mourir, n'a jamais été trompée par ses voix, ne comprit pas l'annonce qu'elles lui firent de sa mort. « Mes voix me disent que je serai délivrée par une grande victoire et elles ajoutent : « Prends tout en gré, n'aie pas souci de ton martyre; tu arri- « veras finalement au royaume de paradis. — Qu'entendezvous par votre martyre, demanda l'interrogateur? — Ce que j'entends par mon martyre, c'est la peine et adversité que je souffre en prison. Je ne sais si je souffrirai une plus grande peine que celle-là; du reste, je m'en rapporte à Dieu. » Jeanne pensait qu'elle s'irait délivrée par un miracle et qu'elle recou-
• Actes, I, 6. Jean xii, 16.
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vrerait sa liberté; elle ne comprenait pas que ce serait sa morl sainte qui serait pour elle le triomphe et la délivrance.
247. Anna-Maria Lindmayr, carmélite, morte en odeur de sainteté, à Munich, en 1726, qui fut favorisée de nombreuses communications divines, avait reçu de Dieu un message à transmettre de grande importance : il lui avait été révélé que la maison d'Autriche, alors fort éprouvée, ne serait de nouveau bénie de Dieu que si elle faisait la paix avec les princes catholiques. La pieuse voyante transmit ce message au prince-évèque de Freysing, qui, de nouveau, la soumit à un examen. Il lut envoya le P. François-Xavier Amryhn, de la Compagnie de Jésus. Celui-ci, après lui avoir posé des questions sur les âmes du purgatoire, qui, souvent, se montraient à elle, lui recommanda deux âmes, deux de ses frères, dont l'un était mort après avoir reçu les sacrements et l'autre était mort, seul délaissé, sans le secours de la religion. Anna-Maria pria pour les deux défunts. Vers minuit, quelqu'un lui apparut dans la chambre où elle reposait, habillé comme les Pères de la Compagnie; il avait un visage tout rayonnant de beauté, les yeux levés au ciel et était revêtu d'an habit de chœur très brillant. Quelques instants après, elle entendit dans là chambre voisine un tapage horrible, puis un bruit semblable à un bruit de chaînes et à celui d'un objet qu'on pousse et qu'on tire en tous sens; c'était si épouvantable que jamais elle n'avait éprouvé une telle frayeur. Puis elle entendit que l'être inconnu vomissait comme s'il voulait rejeter tout ce qu'il avait dans l'estomac. Anna- Maria. demanda au Seigneur de la protéger contre cet esprit et contre tous les esprits maudits. Le Père lui avait demandé une réponse très prompte : le matin, dès qu' elle fut réveillée, sans prendre la précaution de prier le Seigneur de l'éclairer, elle s'empressa d'écrire au Père que les deux âmes recommandées devaient être au ciel, car elles n'étaient pas venues faire connaître leurs besoins. Étant allée ensuite prier à la chapelle, le Seigneur lui repr/)cha sévèrement d'avoir donné sa réponse sans l'avoir consulté dans la prière; Il lui fit comprendre que les deux frères dont le Père lui avait parlé, n'étaient pas ses frères selon la chair, mais saint François-Xavier et Judas, ses frères, l'un et l'autre, par le sacerdoce, le premier mort dans la solitude, loin de ses frères et sans recevoir aucun sacrement, le second
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mort après la Gène. Elle écrivit de nouveau au Père Amryhn, qui ne lui répondit pas; mais, peu de temps après, elle recevait une ordonnance du prince-évêque qui lui disait de regarder toutes ses visions comme de pures créations de son imagination, ^ lui interdisait les veilles, les jeûnes qui affaiblissaient son cerveau, lui commandait de vivre comme tout le monde, de ne plus se préoccuper ni de l'Église, ni des maisons princières. On reconnut plus tard la vérité de ses révélations '.
248. Los paroles divines, remarque saint Thomas (2, 2, q. 174, a. 1), ne manifestent pas toujours les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes ou telles que Dieu, indépendamment d*=s circonstances, veut les accomplir; parfois elles font seulement connaître des effets qui ne manqueront pas d'être produits, si les causes subsistent. Dans ce cas elles sont conditionnelles et, si les circonstances changent, la prophétie, qu'elle renferme une menace ou une promesse, ne se réalise pas ^. « Encore quarante jours, disait Jonas, et Ninive sera détruite. » Ninive ne fut pas détruite. « J'ai dit et certifié autrefois, fait dire le Seigneur au grand-prêtre Héli, que ta maison et la maison de ton père servirait à jamais 'devant ma face. Et maintenant je dis : il n'en sera pas ainsi, mais je glorifierai quiconque m'aura rendu gloire, et ceux qui me méprisent seront méprisés. » {Rois, ii,30.) Le salut a élé promis à ceux qui meurent revêtus du scapuJaire, la réception des derniers sacrements à ceux qui communient neuf fois de suite le premier vendredi du mois : de soi ces pratiques obtiennent les grâces promises, — combien d'âmes leur doivent le salut 1 — mais ceux qui les observent peuvent, par ailleurs, mettre des obstacles; ainsi la présomption qui porterait
' Leben und Wirken der Dienerin Gottes Maria-Anna Josepha a Jesu Lindmayr. Ratisbonne, Pustet, 1887. Chap. xix.
* « Lors même que j'aurai dit au juste qu'il vivra, si, se confiant dans sa justice, il fait le mal, on ne se rappellera plus rien de sa justice, et à cause du mal qu'il aura fait, il mourra. Et lors même que j'aurai dit au méchant : « Tu mourras ! » s'il se détourne de son péché, et fait ce qui est juste et droit; si ce méchant rend le gage, s'il restitue ce qu'il a ravi, s'il suit les préceptes qui donnent la vie, sans faire aucun mal, certainement il vivra; on ne se rappellera plus aucun des péchés qu'il aura commis; il a fait ce qui est droit et juste : il vivra. » (Ezéchiel, xxxiii, 13-16.)
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à en abuser pour pécher plus à son aise, peut empêcher la réalisation des promesses divines.
Nous avons parlé de la révélation faite à saint Vincent Ferrier. Jésus-Christ lui avait confié la mission mentalement, dit le Saint, mais d'une façon très claire, d'aller prêcher par le monde, et lui avait fait comprendre qu'il attendait les résultats de cette prédication avant d'ouvrir les assises suprêmes dii jugement dernier. S'appuyant sur cette révélation et sur d'autres communications faites à d'autres personnes, le Saint croyait et prêchait en tout lieu que la fm du monde aurait lieu bientôt. « De tous ces faits, disait-il, il s'est formé dans mon esprit une opinion et une croyance vraisemblable, mais non pas une certitude sufïïsante pour la prêcher, que l'Antéchrist est né depuis neuf ans. Quant à la venue elle-même de l'Antéchrist et à la fm du monde très prochaine — cito, bens cito et valde hreviter — je les prêche comme certaines et sans crainte d'erreur, le Seigneur daignant confu-mer ma parole par des miracles. » Et en effet il opérait des miracles sans nombre pour confirmer "sa mission. A Salamanque, pendant qu'il prêchait, ou allait enterrer une femme; il fit approcher le ca*davre et, devant l'immense multitude, il ordonna à la défunte de se lever et de dire à haute voix s'il était vraiment l'ange de l'apocalypse, chargé d'annoncer le jugement prochain. La femme obéit, se leva de son cercueil et affirma devant tous qu'il était vraiment cet ange. Et pourtant Vincent est mort depuis cinq siècles et le jugement dernier n'a pas eu lieu. La prophétie avait été comminatoire et conditionnelle. Telle est l'explication déjà donnée par saint Antonin et qui, quand on examine tous les faits, semble la seule acceptable. « La prédication de Jonas a sauvé Ninive, conclut son historien, la prédication de saint Vincent Ferrier a sauvé l'univers *. »
Saint Bernard, lui aussi, avait fait des miracles pour prouver que Dieu voulait îa seconde croisade, et il en avait prédit le succès. Or, cette croisade finit par un désastre complet. Ce fut l'une des grandes épreuves de saint Bc^rnard. Il adora, sans les comprendre, les desseins de Dieu. Un jour, en 1150, Jean, abbé de Gasamaria lui écrivit avoir appris par une révélation de
Pages, Hist. de Saint Vincent Ferrier, passim.
ERREURS d'interprétation 243
saint Jean et de saint Paul, patrons de son monastère, que, si les croisés avaient poursuivi religieusement leur noble entreprise, Dieu par eux aurait accompli de grandes choses; mais II avait dû, dans sa miséricorde, leur infliger de grands maux pour purifier leurs âmes et leur assurer le salut. « Le Dieu toutpuissant, dit ce saint abbé, a tiré beaucoup de fruit de cette expédition, quoique ce ne soit pas comme le pensaient ceux qui l'ont entreprise. » Les promesses avaient donc été conditionnelles, ou bien il fallait entendre l'heureux succès de la croisade du salut qu'elle obtint aux croisés; la plupart, en effet, avaient la foi forte, mais les mœurs très dissolues; ils auraient perdu leur âme s'ils fussent restés dans leur pays, i's devaient gagner le ciel en mourant pour une si sainte cause ^.
249. Ces exemples prouvent que les paroles divines les plus certaines peuvent être mal comprises par les âmes les plus saintes. Ce qui est plus étonnant encore et ce dont pourtant on a des exemples, c'est que même des âmes saintes peuvent prendre pour des révélations ce qui n'est que le produit de leur activité humaine. Ceci est plus fréquent chez celles qui n'ont pas encore atteint le suprême degré de la sainteté; celle qui l'a atteint et qui est comme transformée en Dieu « connaît plus distinctement, dit un auteur mystique ^ et plus sûrement tout ce que Dieu opère en elle par l'habitude parfaite qu'elle a de fermer l'œil de son esprit et d'arrêter les mouvements ou l'activité de sa volonté, et de leur interdire en quelque façon leur propre action. C'est pour cela que cette âme reçoit sans mélange de sa propre lumière tout ce qu'il plaît à Dieu d'imprimer en elle ou de lui donner à connaître, et qu'elle est par conséquent moins sujette à se tromper dans cet état sur le discernement de ce qui vient de Dieu ou de son propre esprit qu'on ne l'est dans les états où il y
1 Dans son livre De consideratione, II, 1, saint Bernard donne cette explication : « Moïse avait promis aux Hébreux de les conduire dans la terre de Chanaan, et nul d'entre eux ne pénétra, lui vivant, dans la Terre promise. Les Hébreux, me direz-vous, furent incrédules et rebelles Mais qu'ont donc été les croisés? Interrogez-les. A quoi bon répéter ce qu'ils avouent eux-mêmes? Dans l'un comme dans l'autre cas, les promesses de Dieu ne prescrivent pas contre les droits de sa justice. »
* Abbé de Brion, Vie de sœur Marie de sainte Thérèse, 1. V, ch. i, Paris, 1720.
244 dan<;ers d'illusion
a moins de mort d'esprit et moins de passivité. Ce qui a été cause efîectivement que das âmes très saintts se sont trompéesdans des révélations qu'elles ont cru avoir de Dieu, c'tsL parce., qu'elles- n'étaient pas encore ass z habituées à arrêter tous les instincts et tous les mouvements dd leur partie supérieure et que leur esprit ou leur lUmière natur -,1 ■ si' formait très secrètement des vues; qu'elles croyai nt recevoir de Dilu. »
250. On remarque que ks ut urs se inicoiitrent surtout dans des révélations portant sur des suj.ns qui n'ont aucun rapport, à la sanctification de l'âme et qui ne soiii d'aucun profit spiriiuel. Alors Dieu n'intervient pas d'une manière particu.ière pour préserver de l'erreur. Ainsi les Bollandisles, Amort, le P. Pouiain signalent des- erreurs scientifiqu. s ou hisioriquts nombnusts dans les révélations de sainte Hi.d garde, de sainte É isabeth de Schœnau, du B. Herman Joseph, du sainle Françoise Romaine, de Marie d'Agréda, de Caih riiic Emm rich.
L'ericur est plus rare si ia révélacion qu'on croit recevoir de Dieu a un but pratique et contient das co iSiîi s et des règ es de conduite. Si l'âme est vraim nit fidè a et n'a en vue que la goire de Dieu, si elle ne cesse de dem^nd t à Di u la vraie lumière, Il la préservera d'erreurs qui l'oiig ig rai nt dans une voie funeste à son salut ou grand ment nuisib.e à son avancement; du moins si elle est trompée. Il la souii iidra par d.'s grâci. s très puissantes qui rendront l'erreur inofîe isive et rendro.it inutiles les rus:'s de Satan. « Dieu est trop fidè.e, dit siinte Thérès;, parlant des visions de Notre-S igneur, pour iaiss r au démon un pareil pouvoir de séduction sur une âme qui n'a d'autre désir que de plaire à son Dieu et qui donnerait sa vie pour Lui; bien vite II la tirerait de son erreur. »
Oa pmt citer, ii esi vrai, le cas d sainta Citherine de Bologne. « Sach ', avait dit un jour cette S linte au démon, q'.ie tu ne peux m'envoy r aucune tentation qu • j ^ ne la reconnaiss ' à l'instant. » Cette parole était quelque piu téméraire, la Sainte l'expia cruellement. Par une permission dvine, l'ange maudit lui apparut pendant plusieurs ani é s sous la figure tantôt de Notre- Seigneur, tantôi de la Sainte Vierg\ D'abord, sans se montrer, il lui suggérait d s pensé s contre l'obéissance, contre la charité, auxquelles Catherine résistait courag usement; puis, quand il se montrait à elle, il lui reprochait durement ces tentations comme
Al.LUClNATIONS DKS NÉVKOSÉS 245
d<'S fautes. La Sainte n'était qu'au début de sa vie religieuse; si elle eûi été p. us expérimentée, elle eût facilement découvert l'ennemi, dont le langage et les procédés n'avaient rien d.; divin. Ditïu, qui voulait l'humilier, la laissa dans l'erreur, mais I' la siiulint par des grâc s extrêmement puissantes, la prés^-rvant toujours du décourag ment où le démon voulait la faire tomber. Quand L jugea que l'épreuve avait assez duré, Galhrine ayant, par s 'S combats généreux, fait de grands progrès dans la sainteté, Il lui fit comprendre que tout cela n'était que tromperie d<' l'esprit du mal.