‹ L'état mystiqueChapitre 54 sur 99 · KENDRE CE QUI EST SUR ET BON · texte numérisé non relu

KENDRE CE QUI EST SUR ET BON

]>n[ir l'amour de Jésus-Christ; 4° à vouloir souffrir, s'il se peut,

lis que l'on s'aperçoive que je souffre; 5° à avoir une soif insa-

il)le de communier et d'être devant le Saint Sacrement. II me

lible que toutes ces grâces, jusqu'ici, ont produit en moi tous

^ grands effets. » {Œuvres, t. II, p. 181.)

« Donnez-moi un signe, criait à Notre-Seigneur la B. Angèle

de Foligno, un sign'^, Seigneur, que c'est bien vous. Je pensais

à un signe matériel et visible, une chandelle allumée dans la

main, une pierre précieuse, n'importe quoi... Celui qui me

parle répondit : « Le signe que tu demandes ne te donnerait

« qu'un moment de joie, le temps de voir et de toucher, mais le

« doute reviendrait et l'illusion serait possible dans un signe

« de cette nature. Je te donnerai un signe d'un ordre supérieur,

« qui vivra toujours dans ton ârjae. Ce signe, le voici : tu seras

« illuminée et embrasée maintenant et toujours. Voilà le signe

« le plus assuré qui soit. . . Voici que je plonge l'amour en toi :

« lu seras chaude, embrasée, ivre sans relâche; tu supporteras

« pour mon amour toutes les tribulations. Si quelqu'un t'offense

« en paroles ou en actes, tu crieras que tu es indigne d'une telle

« grâce. . . Tu sauras que je suis en toi, si toute parole et toute

« action ennemie provoquent en toi, non pas seulement la

<i patience, mais la reconnaissance et le désir. Ceci est le signe

« certain__de ma grâce. » (Chap. xxix.)

§ 4. — Il faut s'attacher dans les révélations à ce qu'il y a de substantiel et de sûr

266. Quand les communications surnaturelles sont accompagnées des signes que nous venons d'énumérer, on arrive facilement à la certitude morale qu'elles sont, dans leur ensemble, d'origine céleste ; mais on n'a pas pour cela la certitude que telle ou telle parmi ces révélations est surnaturelle et divine. Nous avons dit et montré par des exemples qu'une personne favorisée de visites célestes peut se méprendre en interprétant mal les paroles qu'elle entend, en mêlant aux vérités qui lui sont dites It'S conclusions qu'elle en tii*e, en traduisant inexactement les impressions qu'elle a reçues ou les vues intellectuelles qui lui ont été données, en ne distinguant pas toujours, quand il s'agit d'impressions, ce qui est d'elle de ce qui est de la grâce.

Les preuves certaines que telle ou telle révélation en particulier est divine, et doit être interprétée de telle manière font donc souvent défaut. Ceci nous semble providentiel : sans cette incertitude, qui doit toujours rendre le voyant prudent et réservé, de grands abus pourraient se produire : ceux qui approchent: ces âmes privilégiées, les supérieurs et directeurs eux-mêmes, seraient souvent portés à manquer de discrétion et à réclamer en toute occasion de nouvelles révélations : Dieu, alors, laissa le voyant commettre quelques erreurs pour les rendre plus réservés. Par ailleurs, celui à qui sont faites les communications ne » peut s'en rapporter à lui-même, il doit demander conseil; def la sorte, le magistère extérieur, sur lequel, de par la volonté divine, tout l'ordre social de l'Église repose, conserve tous ses droits. Même au cas où Dieu ferait transmettre des messages à ceux qu'il a chargés de diriger et de gouverner, ceux-ci demeurent, en dernière analyse, les seuls juges de la vérité et de^ la divinité de ces messages. N'est-ce pas pour ce même motif, de-j; maintenir toujours à son rang celuilïui doit obéir, que les âmes'' les plus favorisées ne savent, au fond, qu'une très faible partie de ce qu'elles pourraient savoir, de ce que savent, même au sujet des personnes qui les entourent et des faits qui se passent près d'elles, les anges et les élus? Dieu ne leur révèle que quelquesuns de ses secrets et leur en laisse ignorer bien plus qu' Il ne leur en découvre. Marie elle-même, si éclairée pour tout ce qui contribuait à la rendre sainte, ignora beaucoup de choses. , L'épisode de la perte de Jésus au temple en est une preuve. Et, ï| quand Jésus eut expliqpié sa conduite à Joseph et à Marie, l'évangéliste remarque qu'ils ne saisirent pas bien ses explications : Et ipsi non intellexerunt verbwn quod locutus est ad eos. Pour tous, même pour les pius grands amis de Dieu, la terre est un lieu d'exil, de ténèbres et d'épreuves.

267. De ce que l'on n'a pas toujours la certitude absolue de la révélation et du sens qu'il faut lui attribuer, il ne s'ensuit pas qu'on ne doive en tenir aucun compte; il serait téméraire de s'exposer à négliger une si grande grâce. Ii faut au moins « prendre ce qu'il y a de substantiel et de sûr, tomando lo sustancial y lo seguro, dans les paroles » {Montée, II, xxviii, p. 260.) qui ont été entendues. N'est-ce pas la recommandation do l'Esprit-Saint : PropJietias nolite spernere ; omnia auteni

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