LA POSSESSION
nommer; c'est une union étroite et comme une singerie de l'I carnation.
Mais, d'un autre côté, Je démon est resserré dans son actio: par les dispositions et les habitudes du possédé : l'artiste le pi habile dépend beaucoup de l'instrument dont il se sert. Ainsè^ arrivera-t-il au démon d'emprunter, comme malgré lui, leJÊiè expressions habituelles du possédé, il parlera plus volontiers et plus facilement la langue connue du possédé que la langue-: qu'emploie l'exorciste, bien qu'il comprenne parfaitement cette dernière. Il semble qu'il met en œuvre les espèces gravées dans le cerveau plutôt qu'il n'en forge de nouvelles.
280. Le démon qui s'est emparé d'un corps n'y fait pas son séjour habituel, à moins qu'il n'y soit contraint par une force,; supérieure. Il entre et il sort à son gré. De plus, quand il y réside,-^ son action n'est pas toujours la même : parfois, elle y est nulle,;V;' parfois faible, parfois forte; enfin, quand il endort sa victime, :^ lui seul parle, lui seul agit.
Il s'ensuit que le possédé passe par des états divers. A l'état 9 de calme complet, il est absolument comme ceux qui ne sont pas possédés, soit que le démon ne soit pas en lui, soit qu'il se cache et ne se fasse pas sentir. A l'état de crise complète, l'énergumène n'a plus la liberté de ses mouvements; s'il est endormi, il ne se souvient, après la crise, ni des actions ni des paroles qu'un autre a faites et dites au moj-en de ses organes; s'il garde pleine conscience, il ne peut empêcher ni les agitations de son corps, ni les gestes, ni les paroles, mais il y est tout à fait étranger. Il passe souvent par un état intermédiaire où le démon, sans -^ le violenter pleinement, le gène, lui enlève en partie la liberté de ses mouvements et même quelquefois de ses opérations mentales, le rendant comme hébété et à demi inconscient.
Très souvent, le démon n'agit que sur une partie du corps; il va et vient, se transportant de la tête aux extrémités, et il arrive parfois, que, par une permission de Dieu, il est obligé de faire sentir son passage. Parfois, il rend une partie du corps raide somme une barre de fer et, pendant ce temps, la. pauvre victime, ayant la tête libre, garde sa pleine connaissance ; s'il vient à re monter au cerveau, le plus souvent, il enlèvera à sa victime tout usage des sens et la plongera soudain dans un sommeil irrésistible.