POSSESSION AVÉRÉE
îontre une voûte, rester immobile malgré les efforts des hommes es plus robustes réunissant leurs forces, etc.
Celui qui, en faisant un exorcisme rencontre le démon, jrrive souvent à une conviction inébranlable et à la certitude absolu'' de sa présence; il se rend compte qu'il a devant lui un être intelligent et dégradé, auquel il ne suggère nullement ses 4 réparties, car elles sont souvent tout à fait inattendues et qui, vu la science dont il fait preuve, n'est pas et ne peut pas être la personne possédée. Quand le démon a été obligé de se découii vrir, il est aussi facile d'arriver à cette conviction que de savoir a|avec certitude les autres faits de la vie ordinaire.
Si tous n'ont pas la même conviction, c'est que par moments
■'lil'ennemi se dérobe, refuse de répondre et ne donne pas de signes
M de sa présence; ceux qui voient le possédé dans ces moments
dI et qui ne veulent pas tenir compte des faits qu'on leur raconte
et dont ils ne sont pas témoins, s'obstinent parfois d'une façon
étrange dans leur scepticisme.
On allègue alors le plus souvent la névrose; on traite d'hystériques les personnes les moins nerveuses. Du reste elles peuvent être névrosées et possédées : l'enfant que Jésus guérit le lendemain de sa transfiguration, semble bien avoir eu des crises d'épilepsie; cependant le Sauveur découvrit en lui un esprit mauvais, qui ne parlait point et qui mêlait ses œuvres aux effets de la maladie. Les personnes dont le système nerveux est ébranlé sont d'excellents sujets pour le démon, qui se dissimule plus facilement en elles. Si, outre les phénomènes d'ordre physique qu'une névrose pourrait produire, on découvre les marques certaines qu'il y a là un être intelligent et très distinct du patient, on doit reconnaître la réalité de la possession.
299. Quand la possession est réelle, quand surtout elle est produite par des démons capables d'opposer une longue résistance, l'exorciste doit s'armer de courage et entreprendre avec vaillance et générosité la guerre contre l'ange maudit. Cette guerre peut se prolonger longtemps : la possession des Ursulines de Loudun dura sept années; cependant les exorcistes étaient nombreux, ils passaient chaque jour des heures entières à tourmenter les démons. Si Dieu permet que la lutte se prolonge, si parfois même II ne veut pas que la victime soit jamais entièrement délivrée, c'est toujours pour le bien du patient et de ceux
qui le soutiennent et le soulagent dans son infortune. « J'enten dais, dit le P. Surin, plusieurs personnes murmurer et dire : que peut faire ce jésuite tous les jours avec une possédée. Je leur répondais en moi-même : vous ne savez pas la grande affaire que je traite et de quelle importance elle est. Je croyais voir clairement le Ciel et l'Enfer en ardeur pour cette âme, l'un par amour, l'autre par rage, s'efïorçant chacun de l'emporter, »
L'effet de cette longue lutte fut que la Mère Jeanne des Ange» devint une fervente religieuse ^ et le P. Surin s'éleva jusqu'à une très haute sainteté. D'autres exorcistes, le P. Lactance, récoUeV et le P. Tranquille, capucin, qui moururent l'un et l'autre it.= Loudun avant la fin de cette guerre terrible, après avoir subi de grands maux de la part des démons — sans avoir été possédés comme le P. Surin — profitèrent aussi grandement; le P. Tranquille mourut en odeur de sainteté. Parmi ceux qui furent simplement témoins de ces faits beaucoup se sanctifièrent» qui vivaient ou dans le vice comme Keriolot ou dans la tiédeur^" comme Guy Lanier, abbé de Vaux. Le premier devint aussi saint qu'il avait été impie, le second devint l'un des prêtresles plus vertueux du clergé d'Anjou.
L'exorciste ne doit pas en douter, les démons chercheront à se venger des coups qu'il leur portera, mais il peut compter sur des secours très grands de' la part du Ciel, et regarder la tâche qui lui incombe comme l'un des plus puissants moyens de sanctification que la Providence puisse lui ménager.
§ 4. — Formation du possédé à une plus haute vertu 300. L'exorciste a un double devoir à remplir : sanctifier le possédé et torturer son ennemi par les adjurations, les prières et par ses propres œuvres.
^ L'éminente vertu de la Mère Jeanne des Anges fut reconnue, nonseulement par le P. Surin, très bon juge en la matière, mais aussi par sainte Jeanne dé Chantai et par la sainte veuve de Rennes, M""> du Houx, qui eut avec elle les rapports les plus intimes. M. l'abbé Brémond (Hist. lit. du sent, relig. T. V) se montre très sévère pour la Mère Jeanne des Anges, mais il a été trompé par Dom Lobineau, qui, négateur passionné du surnaturel diabolique dans TalTaire de Loudun» a odieusement altéré le témoignage de l'auteur de la vie de M™» du Houx (V. Revue pral. d'Apolog., avril, 1921), comme il a vilainement travesti le récit de la conversion de Kériolet.