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PRIÈRES RITUELLES ET ADJURATIONS

((iiitter la partie du corps où ils se cachent ', de monter jusqu'au < I rvoau et de répondre aux questions qu'on va leur poser. Les (louions de rang inférieur obéissent d'ordinaire assez vite, ui tout si la victime est dans de 1res bonnes dispositions et si 1 ux-mêmes sont peu nombreux et tous des derniers degrés de la lii''rarchie. Plus ils sont nombreux, plus ils ont de force de résisiHiice.

iJans la plupart des cas, comme nous l'avons dit, les démons ji .ur répondre endorment leur victime et se substituent à elle; quand ils lui rendent l'usage de ses sens, elle ignore complèteimiiL ce qu'ils ont dit par sa bouche. Certains démons cependant n'indorment jamais le patient; de ceux-là il est beaucoup plus difïicile de tirer des réponses claires et instructives. Quand ils ne païUnt pas, on peut recourir à un autre moyen : après avoir posé la question dans une langue inconnue du patient, on exige qu- le démon donne un signe déterminé pour l'affirmative ou un aiitii' également choisi par l'exorciste pour la négative, puis on fixe à quel moment il le donnera, par exemple après une ou plusieurs dizaines de chapelet.

304. Le rituel recommande à l'exorciste de ne pas s'attarder dans de vains colloques; ils seraient un repos pour l'ennemi et une perte de temps. Surtout l'exorciste doit s'abstenir des questions inutiles ou curieuses qui n'ont aucun rapport avec sa inission et qui seraient un désordre et une faute. L'exorciste n'ayant aucun, droit de poser de semblables questions, le démon que rien ne forcerait à dire la vérité, mentirait à plaisir et tromperait l'imprudent questionneur. Il faut, au contraire, lui imposer silence et lui défendre de parler sans être interrogé.

L'exorciste doit s'enquérir du nombre des démons possesseurs, de leur nom s'ils en ont un, du choeur auquel ils appartiennent, du caractère de chacun, de l'animal qui les symbolise, du genre de tentations qu'ils afîectent de préférence, toutes choses utiles pour les combattre plus efficacement, pour les humilier et les faire souffrir, et pour mieux prdtéger leur victime contre leurs attaques.

' Plus ordinairement ces créatures dégradées se plaisent à établir leur siège dans les intestins, là où se trouvent les éléments les plus vils de la pauvre nature humaine.

Il est encore nécessaire de savoir depuis combien de tempt dure la possession, quelle en est la cause, si les maléfices ont ét< faits dès le début, s'ils continuent, s'il existe des charme et où ils sont déposés, afin de les détruire et de les brûler.

L'interrogation qui répugne le plus aux diables et que le plus souvent on n'obtient qu'après les avoir beaucoup tourmentés est celle qui les oblige à révéler les moyens les plus efficaces pour les combattre et pour faire avancer dans la vertu leur vie lime.

Les anges déchus sont menteurs ; ils ne disent la vérité que malgré eux; cependant, quand ils sont adjurés au nom de Dieu de dire la vérité, ils ne peuvent mentir sans endurer de trè's grandes souffrances et souvent même, surtout si l'on a le devoir de les interroger et si leur réponse importe à la gloire de Dieu, ils ne le peuvent aucunement ^. Us chercheront donc à se taire, mais poursuivis par les adjurations, torturés par la vertu des prières récitées contre eux, ils devront à la fin obéir On peut encore prendre une précaution qui consiste à prier les saints anges de les flageller s'ils ont menti, et souvent alors, Dieu 'permet qu'ils trahissent leurs douleurs et que, par les gestes qu'ils impriment malgré eux aux membres du possédé, ils fassent voir que les anges les punissent de leurs mensonges.

Les questions doivent toujours être faites avec autorité et avec mépris, comme à un esclave pervers et opiniâtre et en mêriie temps vil et méprisable. On ne doit jamais traiter le diable comme un ennemi chevaleresque; il ne faut jamais perdre de vue qu'il est toujours impur, ami de tous les vices, haineux, avide de nuire à sa victime et en révolte contre Dieu .

§ 7. — Pratiques conjuratoires

305. Aux prières du rituel les exorcistes expérimentés ajoutent les reliques, l'aspersion et mieux encore l'absorption de l'eau

1 Donc — qu'on nous permette en passant cette remarque — il ne faut pas dire, comme le font ceux qui parlant de la possession de Loudun plaident l'innocence d'Urbain Grandier, qiî'ii n'y a aucun indice à tirer de l'affirmation des démons. Ceux-ci aux questions des exorcistes, questions prescrites par l'Église, répondirent toujours que ce misérable était l'auteur de la possession.

PRATIQUES CONJURATOIRES 297

bénite, le contact des pouces consacrés du prêtre, les signes de

crnix faits sur le possédé. Une pauvre victime du démon était

' nt projetée dans les escaliers et recevait ainsi des contu-

douloureuses; ses bourreaux enfreignaient toutes les

ises qui leur étaient faites de continuer ces vexations; ils

lent complètement après qu'eurent été faits sur ses

' OL'S de très nombreux signes de croix. Il semble que le contact avec les parties du corps ainsi protégées leur cause des brûlures.

Certains actes symboliques causent parfois aux démons de durs tourments; ainsi, leurs noms, écrits sur des feuilles de papier que l'on brûle à la flamme d'un cierge bénit, pendant que l'exorciste demande à Dieu de les brûler eux-mêmes : Aduratur N. sicut aduritur nomen ejus flamma cerei benedicti , leurs noms foulés aux pieds quand on récite ce passage de l'Évangile de saint Luc : Ecce dedi vobis potestatem calcandi super serpentes et scorpiones et super omnem virtutem inimici, et les paroles correspondantes de l'oraison qui, dans le rituel, suit les évangiles; le nom de leur victime placé sous l'ostensoir avec des formules de prières pour elle et des imprécations contre ses bourreaux; quelques coups légers frappés avec l'étole sur le membre où le démon se manifeste, toutes ces pratiques et d'autres semblables mettent les démons dans des accès de rage qui prouvent combien, accomplies avec grand esprit de foi, elles leur sont pénibles. Elles sont l'opposé des sortilèges et pratiques magiques; c'est pour cela sans doute que, par la permission de Dieu, elle les contrebalancent et annihilent leurs effets. Quand l'évêque de Laon exorcisait Nicole Aubry, en 1565, les démons se plaignaient vivement de ce que le prélat, célébrant la messe en présence de la possédée, tenait quelque temps la sainte hostie et le calice élevés au moment de la consécration, en demandant à Dieu de les brûler.

Lis démons témoignent souffrir 'beaucoup quand on prie" la Vierge Immaculée d'écraser de son pied virginal la tête de ces maudits serpents, quand on prie avec ferveur les anges ou quelque saint de les flageller, de les li^r et de les empêcher de produire des mouvements désordonnés. Ce moyen est souvent nécessaire, tant les démons se débattent avec fureur lorsqu'ils ne sont pas suffisamment affaiblis. Il est bon, dans ce cas, de

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s'adresser aux anges gardiens et aux anges du même chœur cpie les démons et qui étaient leurs compagnons avant la chute.

Les louanges données à Dieu, par exemple la récitation fervente du Gloria in excelsis, la proclamation du souverain domaine de Dieu, de sa bonté, des victoires du Christ : Christus vincit, Christus régnât, Christus irnperat, les protestations d'amour pour Dieu, d'espoir d'aller jouir de Lui dans le ciel, excitent leur fureur, et en même temps les affaiblissent.

Les actes d'humiliation qu'on, les force à accomplir, comme de baiser la terre, de demander grâce, de faire réparation à genoux ou prosternés quand ils ont blasphémé, brisent leurs forces et sont plus pénibles à cas orgueilleux que beaucoup d'autres tortures. M^is, s'il y a des démons supérieurs et des démons inférieurs, c'est d^s premiers qu'il faut exiger les paroles d'humiliation, car, volontiers, ceux-ci se dérobent et se substituent leurs subordonnés.

Quand ils essaient de résister, on prie pour obtenir qu'ils y soient contraints, on réitère h^s ordres. Les paroles de la Sainte Écriture recommandées par le rituel ont p'us d'efficacité pour les faire obéir. Ainsi, pour les ob'igPT à s^^ taire, l'exorciste leur dira, comme Notre-Seigneur : Tace et obmutesce; pour les forcer à s'ageno.iiller : In nomine Jesu omne genu flectcUur, cœlestium^ terrestrium et infernorum.

Toutes les pratiques qui glorifient Dieu et humilient ses ennemis sont bonnes à employer; elles ont d'autant plus d'efficacité qu'elles sont faites avec plus de foi et d'amour de Dieu.

§ 8. — Œuvres personnelles de V exorciste

306. Les Apôtres avaient reçu du Sauveur un pouvoir mira-^ culeux de chasser les démons. Il leur suffisait d'un ordre donna au nom de leur Dieu pour arracher à Satan ses victimes. Un jour, cependant, ils échouèrent. Jésus leur en expliqua la raison t Hoc genus m nullo potest exire nisi in oratione et jejunio : « Gett0 espèce de démon ne peut êtfe chassée qu'à l'aide de la prière et du jeûne. »

Contre les démons dont nous parlons ici, qui ont fait preuve d'une certaine force de résistance, il faut recourir aux armes

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