EXPULSIONS DES DÉMONS
indiquées par Notre-Seigneur comme indispensables. L'exorciste fera donc bien de ne pa& se contenter des prières du ritu"l, mais demander à Dieu que les actes de piélé qu'il accomplit, s s oraisons, ses messes et actions de grâce, la récitation de son bréviaire, surtout ses jeûnes et auslérité's, aient la vertu d'un exorcisme et torturent les diables.
S'il apprend, par les aveux de ces maudits, que des sortilèges se font encore pour prolonger les tourments d.s possédés, il doit faire lui-même des pratiques contraires pour annuler celles des suppôts de Satan; s'il sait, par exemple, que des profanations d'hostie se commettent, il fera et fera faire des réparations, des heures d'adoration.
§ 9. — Expulsion des démons
307. Tant que les démons restent libres d'entrer dans le corps des possédés et d'en sortir à leur gré, il faut, après les , avoir longuement fait souffrir, afin de les affaiblir et d'empêcher leur retour, leur ordonner de partir. Parfois, ils résistent et ce n'est qu'après une longue lutte qu'ils sont expulsés. D'autres fois et plus souvent, ils partent réellement, mais ils reviennent ensuite et de nouveaux combats sont nécessaires pour les chasser une seconde, une troisième, peut-être une centième fois et plus.
Le rituel ordonne d'exiger des démons un signe de leur sortie définitive; le mieux est do ne pas les laisser choisir, mais de leur imposer ce signe.
Les démons possesseurs sont parfois comme pris au piège; par ordre di^in, ils sont retenus captifs dans le corps où ils sont entrés. l's voudraient le quitter, au moins de temps à autre, et ils ne le peuvent plus. Dans ce cas, l'exorcisme n'a plus pour but de les expulser, mais de resserrer leurs liens, de diminuer leurs forces, et finalement, de les mettre dans la quasi impossibilité de nuire. A' ors, tous les moyens employés contre eux, les efforts généreux de leur victime, les prières et adjurations, les œuvres et les pratiques de l'exorciste les affaib.issent graduellement; un moment vient où la plupart d^s actes qu'ils pouvaient faire tout d'abord leur deviennent impossibles. D'autres démons plus puissants peuvent venir leur prêter main-forte, surtout si les
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sortilèges continuent; ces derniers ne possèdent pas, mais attaquent au dehors; ils effraient le patient, ils le frappent, lui causent des malaises, quelquefois des plaies; en leur présence, les diables captifs eux-mêmes sont plus forts et plus redoutables.. Si on continue d'employer les remèdes surnaturels, les ennemis du d( hors qui obsèdent, comme ceux du dedans qui possèdent, perdent peu à peu de leur pouvoir et les souffrances de la victime deviennent plus faciles à supporter.
§ 10. — Pratiques contre Vlnjestation
308. D'après ce que nous venons de dire, les remèdes à l'obsession sont les mêmes que les remèdes à la possession; ce sont les mêmes aussi qu'il convient d'employer dans la simple infestation : bénédiction des chambres où les maudits exercent leur malice, fiéquentes aspersions d'eau bénite, emploi de médailles de saint Benoît et autres médailles, récitation de prières, comme les exorcismes de Léon XIII et mieux encore les exorcismes du rituel ', défenses faites et réitérées aux esprits frappeurs, au nom de Dieu, d3s angos et des saints, de continuer leur tapage et leurs vexations, prières aux saints anges de les flageller; enfin, pratiques pieuses de la part de ceux qui ont à souffrir de cette guerre diabolique.
De la sorte, ces derniers se sanctifient,, les démons s'affaiblissent, et leur méchanceté tourne à l'avantage de leur victime; tel est, du reste, le résultat constant de ces luttes toutes les fois que les démons se trouvent en face d'adversaires pleins de fçi et de courag!\ Au contrains ils ne réussissent que trop à nuire si on. ne fait rien pour les combattre.
1 Un missionnaire racontait récemment [Missions catholiques, 13 août 1 920) des fai ts d'infestation, qui ne cessèrent qu'après un exorcisme en règle, mais ils cessèrent aussitôt que fut employé ce moyen.
Les écrits de Denys le Mystique
309. Denys le Mystique est l'objet d'appréciations fort différentes selon les auteurs. Pendant de longs siècles son autorité fut incontestée :
lint Grégoire le Grand, saint Maxime le Confesseur, saint Jean Damascène, Hugues et Richard de Saint- Victor, Albert le Grand, saint Thomas, saint Bonaventure, Gerson, Denys le Chartreux, saint François de Sales, etc., professent pour lui la plus grande admiration; tous ces docteurs, favorisés eux-mêmes de grâces mystiques, ne pouvaient pas ne pas être frapi)és de la manière dont Denys parle de ces grâces. Plus tard, sont venus d'autres écrivains, dont on peut affirmer sans crainte d'erreur qu'ils n'avaient pas l'expérience personnelle de ces états : Laurent Va'.lat, t 1457, dont la vie fut longtemps scandaleuse; Erasme, f 1536, que chacun sait n'avoir pas été un professionnel de la mystique; Tillemont, t 1696, qui trempa dans les erreurs du jansénisme. De nos jours Hugo Koch, professeur de théologie à l'université de Tubingue, qui a refusé de prêter le serment antimoderniste et qui a écrit contre la primauté du pape, etc. Ces auteurs sont sévères jusqu'à l'injustice envers Denys, et cette pensée ne leur vient pas que celui qui a si bien montré qu'il avait l'expérience des états mystiques et de la charité la plus pure, celui qui a été regardé comme un maître par les docteurs les plus habiles et les plus saints, ne peut être l'orgueilleux et le faussaire qu'ils prétendent. Hugo Koch, l'apostat auquel le Dictionnaire de théologie (article Denys l'Aréopagite) prête une autorité que, certes, il ne mérite pas, a fait en 1900, alors qu'il était encore catholique, tout un volume où il prétend prouver que Denys a emprunté sa doctrine à l'école néoplatonicienne et particulièrement à Proclus. C'est la thèse généralement soutenue par les protestants allemands; c'est aussi la thèse des rationalistes, ainsi Vacherot dans son Histoire ded'école d'Alexandrie prétend que le christianisme et le néo-platonisme sont deux doctrines issues du même principe. On sait que c'est le souci constant des incroyants de chercher des ancêtres au christianisme et de trouver dans le paganisme des doctrines dont seraient issus les dogmes chrétiens.
Certes, les principes de la mystique chrétienne que l'on trouve dans Denys, principes appréciés si hautement par les meilleurs juges, viennent d'une source plus pure. Denys en appelle sans cesse à la Sainte Écriture, qu'il connaît à fond et à la tradition. Hugo Koch lui-même dans son livre (p. 52, note 3) cite comme remarquablement juste l'appréciation que fait de Proclus un savant allemand, Frendenthal : « En Prorlus il y a de la profondeur avec une superstition illimitée, une dialectique très précise avec un vague dans les idées très illogique, une critique saine avec une crédulité naïve, une vigueur de pensée mathématique avec un amour du merveilleux tout à fait déraisonnable. » El ce serait de ce mélange bizarre où des erreurs grossières enveloppent quelques rares vérités que le grand mystique aurait tiré sa doctrine, si juste, si belle, si pure I