‹ L'état pontifical après le grand schisme;Chapitre 10 sur 50 · LA CAMPANIE ET LA MARITIME · texte numérisé non relu

LA CAMPANIE ET LA MARITIME

La Campanie et la Maritime formaient une province de l'Etat Délimitation

.^, , ,, • ^ • ^ ■ . • V y de cette province.

pontifical, soQS le gouvernement d an recteur qui résidait soit a Frosinone, soit à Ferentino. A l'avènement d'Eugène IV, Jacques, évêque des Abruzzes, remplissait ces fonctions (1). Les limites de cette province nous sont données par un historien contemporain, le secrétaire d'Eugène IV lui-même, Blondus, dans son Italia illustrata (2). 11 la fait commencer à l'est et au sud de Rome , immédiatement après le district suburbain; elle arrive jusqu'à la mer, qu'elle longe jusqu'à Terracine ; aux portes de Terracine se trouve la frontière des Etats pontificaux et du royaume de Naples. En s'avançant de la mer dans l'intérieur des terres , il l'indique encore après Castro et après Ceprano (Castro dove e un altro termine de questa contrada Latina chiamata hora Campagna. — Ceperano , termine di questa nostra contrada). C'est la frontière qui a toujours séparé l'Etat pontifical du royaume napolitain et qui délimite encore aujourd'hui, le Latium et la Terre de Labour (3). Plus au nord, Blondus englobe dans cette" province de Campanie et Maritime une partie des Abruzzes , le pays du lac Fucin ; c'est, en effet, dans sa description de la Campanie qu'il parle du

(1) Arch. du Vatic. Cam. 16, fol. 41 v°. Lettre écrite, le 18 juin 1431, par le camérier du Saint-Siège, à Jacques, évêque des Abruzzes, recteur de la Campanie et de la Maritime.

(2) Blondus, Italia illustrata, p. 103 et 104.

(3) Depuis le douzième siècle, on disait couramment que l'Etat pontifical allait de Radicofani à Ceprano : « a Radicofano usque Ceperanum, » c'est l'expression du Liber Censuum.

de la Maritime.

comté de Gelano ; or, ce fief des Golonna avait pour centre le lac Fuciii : « d'intorno al logo sono S. Apetito et S. Jona castelli e quesle ailre terre anco Paterno, Transaco, Gaiano, Avezzario, Magliano et , sotte titolo (il contado Celano, ben rica terra et termine {\). » Ce comté est donc dans les Etats de l'Eglise et leur sert de limite vers les Abruzzes du royaume de Naples. Les montagnes et les collines qui bordent la rive septentrionale de TAnio, depuis Arsoli jusqu'au po?2^e5a/aro, établissaient la limite entre laCampanieetla Sabine. Désolation Touto la zonc côtière , la Maritime , était déjà bien désolée ;

l'abandon où ce pays avait été laissé à la suite de plusieurs siècles de guerres féodales, avait accentué la dégradation du sol qui s'était produite dès l'antiquité. Il était déjà envahi par la Macchia^ fouillis impraticable d'arbustes et de broussailles qui bordent aujourd'hui la mer, depuis le Tibre jusqu'au promontoire de Gircé. Alors, comme aujourd'hui, Nettuno et Anzio étaient entourées de maquis. « Le territoire d'Antium, dont Strabon vante la fertilité et les belles récoltes de vin et de céréales, s'étend pendant 18 milles le long de la mer; il est entièrement occupé par des' forêts (2). » Nottuno a de grandes forêts où l'on chasse le sanglier ; il en est de môme de nos jours. Ardée est « peu habitée. » La désolation est si grande que Blondus se lamente sur l'état misérable de la campagne de Rome. Du haut des monts Albains, il regarde avec tristesse ces champs qui, au dire de Strabon , s'étendaient vers Rome et vers la mer, peuplés de bourgs et de villes, et qu'il voit couverts de ruines et de maquis (3). Au delà de la Macchia, ce sont les Marais Pontins qui s'étendent sur 8 milles, commençant 3 milles après Sermoneia, pour arriver jusqu'à Terracine (4). Les progrès de la fièvre et de la malaria ont été si rapides que les moines ont déserté le couvent de Fôssanova. a Fossanova, » dit Blondus, « était habitée par cent moines » (el lorsque aujourd'hui, dans la solitude où se dresse cet illustre monastère , au milieu des bois, on contemple son église grandiose et ses importants bâtiments, l'on n'est pas étonné que ce couvent, aujourd'hui silencieux, ait abrité une

(1) Blondus, Italia illuslrala, p. 106.

(2) Ibid., p. 95.

(3) Ibid., p. 109 : « Hora de campi che dice Straboae che si stendevano sino a Roma et al mare, veggiamo ben esser vero e come erano allhora pieni di borghi e di ville, cosi hoggi non si vide altro che selve e ruine onde si possieno piu veramente oggi chiamar campi. »

(4) Blondus, Ilalia illustrata , p. 101 : « Tre miglia dopo (Sermoneta) son l'acque fétide donde comincia la palude che si stende sino a Terracina.

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