L\ CAMPANIE ET LA MARITIME
aussi grande famille monastique); mais notre historien ajoute : « Comme depuis de nombreuses années ce monastère a été abandonné, il a été concédé par Eugène IV à l'abbé de Gîteaux , qui devra y tenir dix ou douze moines (1). » Les hommes avaient fait, dans la Gampanie et la Maritime» beaucoup plus de ravages que la fièvre ou les eaux, pendant cette triste période du schisme. A chaque pas, Blondus rencontre des ruines. Les routes sont en si mauvais état que parfois on en perd le tracé; les ponts sont détruits (2); les aqueducs, si nécessaires à une ville comme Rome, sont hors d'usage. Plusieurs villes, jadis importantes, ont été détruites pendant l'anarchie turbulente du schisme. « Piperno s'étendait jadis dans la plaine ; elle a été misérablement détruite par les Germains et les Bretons, et transférée depuis sur une colline. Le port de Nettuno est devenu impraticable à cause des rochers qui en obstruent l'entrée (3). »
Depuis les temps les plus reculés, toutes les grandes familles féodales de Rome s'étaient établies solidement dans cette province de Gampanie et Maritime, d'où la plupart d'entre elles étaient originaires. C'étaient des jjentes des monts Albains qu'était descendue à Rome la terrible dynastie des comtes de 'l'usculum, à laquelle les Golonna prétendaient se rattacher (4); déjà au douzième siècle, les Frangipani s'étaient créé une vraie principauté dans la Maritime; de leurs tours placées sur des hauteurs, ils avaient dominé la plaine; enfin, les Annibahli avaient élevé leurs donjons sur les monts Albains. A l'avènement d'Eugène IV, de nouvelles familles se sont substituées à ces vieilles familles romaines et la province est en grande partie occupée par les Golonna, les Gaetani, les Gonti et les Savelli.
(1) Blondus, Italia illustrata, p. 102 : « Fossanova solita d'essere habitata da cento monaci, ma essendo gia per raolti anni quasi abbandonato, per opéra di Eugenio IV, 5 anni fa, fu dato a iabate de Cistorciensi che vi tenesse 10 a 12 monaci. »
(2) Blondus, Ilalia illustrata, p. 100 : « ... Che non abbiamo a le volte a smarrire la strada, e questo averrà necessariamente per essere cosi in alcuni luoghi divertite le strade o rotti i ponti, che non vi possono per niente sapere, dove elle veramente si fussero. »
(3) Blondus, Italia illustrata, p. 95 : « La sua marina piena di sassi. »
(4) Voir la généalogie de Colonna, par Galletti (Bibl. Vatic, ms. lat. 7977).