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CHAPITRE III

LES CAETANI.

La famille des Caetani comptait parmi les plus importantes de la province de Campanie et Maritime. Nous avons vu le rôle prépondérant qu'avait joué, pendant les premières années du schisme, son chef Honorât, comte de Fondi ; depuis, elle s'était encore enrichie; mais ses biens s'étaient dispersés; car elle s'était divisée en plusieurs branches. Pour la clarté de Texpositioii, il est bon d'avoir sous les yeux la généalogie de cette famille, au quinzième siècle, telle que nous l'avons dressée d'après les actes si précis que renferment, en grand nombre, les archives Caetani.

Honorât Caetani,

comte de Fondi, seigneur d'Anagni,

le protecteur de Clément Vil.

Jacques

(mentionné dans un acte du 31 janvier 1396)

Jacobello, obtient de Boniface IX la restitution de la maison des Caetani, dans l'ile Saint-Barlhélemy, les châteaux de Saint-Félix et de Cisterna.

(Bibl. iNaples, IX, D. 5, p. 165.)

Christophe Caetani,

comte de Fondi,

logothète du royaume de Sicile,

sous la reine Jeanne II.

Jacques Caetani

épouse, en 1418, JohanellaOrsini,

fille du comte de Noie,

fiance, en 1432,

son fils à Catherine Orsini.

François Caetani,

tuteur de son neveu Honorât,

seigneur de Giuliano, Rocca Gorga

S. Lorenzo, en 1444, entre en conflit avec son neveu.

Roger,

prend part Branche

à la révolte de Coionna. de

établi dans le royaume Fondi.

de iXaples.

Honorât Caetani,

épouse, avant 1442,

Catherine Orsini.

Béatrix.

Sveva Caetani,

fille illégitime, mariée

à Jacobello Orsini,

fils illégitime du comte Gravina.

En 1431, la famille était représentée par Jacques Caetani, chef delà branche de Sermoneta, et Christophe Caetani, chef de la J3ranche de Fondi.

LliS cahtam. ()1

Nous n'avons pas trouvé de documents faisant de Jacobello et Les caotani de Christophe Caetani les fils du fameux comte Honorât de ^^ ^ "'"''' Fond! ; nous avons supposé cette filiation parce que des documents du commencement du quinzième siècle donnent à ces deux personnages le titre de comte de Fondi qu'ils devaient tenir d'Honorat, sans doute leur père. Mais il est certain que, quels que fnssent leurs parents, Jacobello et Christophe étaient frères; en effet, dans un acte de 1432, Jacques, fils de Jacobello, appelle Christophe son oncle paternel gain eliam pro parte excellentis noslri patrui , domini Christofori Cayrlani, comitis Fundorum (t). Christophe a été le fondateur de la branche napolitaine des Caetani qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours; en effet, c'est dans le royaume de Naples que se trouvait son comté de Fondi ; vivant à la cour de la reine Jeanne II , il y occupait les hautes charges de logothète et de protonotaire du royaume de Sicile (2). Il oublia, de plus en plus, son origine romaine, et il ânit, le 12 février 1432, par rompre les derniers liens qui le rattachaient aux Etats pontificaux, en faisant complet abandon à son neveu, Jacques Caetani , de ses droits sur les fiefs des Caetani dans la Maritime (3).

Dès lors, la branche des Caetani de Fondi ne nous intéresse plus, Les caetani et nous devons concentrer toute notre attention sur la brandie ^® sermoneta. de Sermoneta représentée, en 1431 , par les neveux de Christophe, Jacques, François et Roger Caetani. Deux actes nous prouvent, à n'en pas douter, que Jacques Caetani était le fils de Jacobello, le frère de François et de Roger, et le père d'Honorat et de Béatrix, comme nous l'avons indiqué plus haut dans notre tableau généalogique. L'acte 33 du carton 35 des Archives Caetani contient un traité de paix, signé au mois d'avril 1436, entre Nicolas Conti de Montefortino et François Caetani, qui s'y trouve ainsi désigné : « Franciscum Gayelanum ^ dominum castrorum Magencie^ JuUiani et Roccegorge, patruum magnifici et potentis domini, Honorali Gagtani, et magnifice domine Beatricis, flliorum legitimorum et lieredum universalium quondam bone memorie Jacobi Gaytani, filii quondam magnifici domini, JacobeUi Gaytani, militis. » Ce texte, à lui seul, est assez explicite pour prouver :

lo Que Jacques Caetani était fils de Jacobello ;

2° Qu'il était mort en 1436 (quondam, bone memorie) ;

3° Qu'il était père d'Honorat et de Béatrix ;

(1) Arch. Caetani, XXVII, n» 47.

(2) Arch. Caetani, XXVII, n" 47; XXXI, n* 51. « Christophorus Gaytanus miles, Fundorum comes, regnique Sicilie logotheta et protonotarius. »

(3) Arch. Caetani, XXXI, 51.

napolitains.

4° Enfin qu'il était frère de François.

D'autre part, dans l'acte de mariage daté du 2 mars 1432 et commun à Sveva et à Honora to Gaetani, Jacques se dit le frère de Roger et de François in pj^eseiitia magnificorum nostroruni germanorum Rogerii et Francisci Gaylanorum; et il est stipulé (ju'Honorat fils légitime de Jacques, épousera Catherine Orsini, fille légitime de François Orsini, comte de Gravina; que, d'autre part, Sveva Gaetani, fille illégitime de Roger, épousera Jacobello Orsini, fils illégitime dudit comte de Gravina (I).

Ges documents, tirés des Archives Gaetani, établissent la généalogie telle que nous l'avons dressée. Il nous reste à rechercher maintenant quelles positions occupaient les divers membres de la famille dans la province de Gampanie et Maritime.

11 semble d'abord que des trois frères, fils de Jacobello, nous LesCaetaai devioDS mettre de côté Roger. Aucun document ne nous parle de ses possesions dans l'Etat pontifical; d'autre part, il paraît, comme son oncle Christophe de Fondi , s'être établi dans le royaume de Naples plutôt que dans les Etats du Saint-Siège. Par une lettre datée d'Aversa, le 1®' juin 1431 (2), Jeanne II fait défense à François et à Roger, « ses conseillers et ses fidèles, » de prendre part à la révolte d'Antoine Golonna, prince de Salerne, contre le pape; s'ils n'obéissent pas, elle les menace de la confiscation de tous les biens qu'ils possèdent dans son royaume (3). Elle parle comme une souveraine à des sujets; François et Roger étaient donc établis dans son royaume. Nous ne savons pas quels étaient leurs domaines; peut-être l'un ou l'autre avait-il

(1) Arch. Gaetani, XXVII, 47 : « Parentelas initas et per eum contractas de nostro et magnifie! germant nostri Rogerii Gaytani beneplacito et voluntate ac speciali commissione... inter magnificum nostrum genitum legitimum, Honoratum Gaytanum, cum magnifica domicella Catherina deÛrsinis, filia légitima magnifici et excellentis domini Francisci de Ursinis, comitis Gravine et Conversani,... necnon inter Jacobellum de Ursinis, filium illegitimum et naturalem dicti magnifici et excellentis domini comitis Gravine et Conversani cum Sveva Gaytana, filia inlegitima et naturali dicti magnifici germani nostri Rogerii Gaytani. »

(2) Acte I, 71, des Archives Gaetani, copié le 23 janvier 1635, à Naples, dans les Archives de Sicile, « in Registro Joanne II, signato 14"23, fol. 261. »

(3) « Joanna secunda, regina, etc. Magnificis viris Rogerio et Francisco Gaytanis affinibus, consiliariis et fidelibus noslris dilectis, gratiam et bonam voluntatem,

9 ... ex nostra dominica et reginali potestate precipimus et mandamus sub pena rebellionis et lesae nostre majestatis atque privationis et confiscationis omnium civitatum , terrarum. castorum et locorum , rcrum et bonorum vestrorum, quas et que in dicto regno nostro possideiis. »

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déjà la principauté de Teano, dont le titre appartient encore de nos jours à la famille Gaetani. Peut-être aussi, leurs fiefs se trouvaientils dans la Terre de Labour ou dans la vallée de Bénévent; les archives de la famille possèdent, en effet, un acte de Marguerite, femme de Charles III , roi de Sicile, dans lequel elle ordonne de copier dans les registres l'acte de la donation faite par son mari à Jacques Gaetani (1), des châteaux de Rocca Rainulfl, Ainala et S. Padre, dans la Terre di Labour, et de Pulcanico, dans la vallée de Bénévent (2). Quoi qu'il en soit, il semble bien que Roger Gaetani ait vécu à la cour de Naples et n'ait pris qu'une bien faible part aux affaires de la Maritime.

François, son frère, avait aussi des possessions dans le royaume François caetani. de Naples, si nous en croyons Tacte de la reine Jeanne II; mais il en avait conservé dans les Etats pontificaux; et, pendant longtemps, il y a joué un rôle important, d'abord comme tuteur, puis comme rival de son neveu Honorât. Lorsque, en allant de Sezze à Piperno, on quitte la plaine désolée des Marais Pontins, on s'engage dans une brèche des Monti Lepini, et, par une route qui serpente à travers les oliviers, sur un terrain rocailleux, on monte vers la hauteur où se dresse Piperno : devant soi, l'horizon est borné par un cirque de montagnes que domine le mont Gacume; et sur chaque sommet, se détache, dans une position pittoresque, un village qui a fui sur les hauteurs les miasmes empestés des Marais Pontins et les dévastations des guerres féodales : à gauche, c'est Maenza et Roccagorga ; en face, c'est Giuliano; et au fond, au milieu des montagnes qui séparent l'Amaseno du Sacco, la Maritime de la Gampanie, c'est San Lorenzo. Dominés encore par les ruines des anciens châteaux seigneuriaux qui les protégeaient et les tyrannisaient à la fois, ces pays appartenaient à François Gaetani ; dans un accord qu'il signa le 7 avril 1444 avec son neveu Honorât, il est appelé seigneur de Maenza, Rocca Gorga, Giuliano et San Lorenzo (3). G'est là, dans son château fort (rocca) de San Lorenzo, qu'il réside; car c'est chez lui, dans la grande salle de ce manoir que, le 27 janvier 1437/38, Honorât nomme le procureur qui ira demander à Orsini la main promise de sa fille Gatherine (4). Si nous en ju-

(1) Il faut lire sans doute Jacobello.

(1) Arch. Gaetani, voir Index, acte du 31 janvier 1396.

(3) Arch. Gaetani, XXVI, 30 : « Dominus castrorum Magenze, Rocclie Gorge, Juliani et S. Laurentii. »

(4) Arch, Gaetani, XXVII, 4 : « Actum in roccha castri S. Laurentii... in sala majori dicte rocce. »

gooiis par l'état actuel, ce domaine de François Gaetani ne devait pas être fort riche; le pays est montagneux et le climat assez rii,^onreux; aujourd'hui Maenza, Roccagorga , Giuliano et San J.orenzo ne sont que de petits villages. Mais ces châteaux occupaient une importante situation géographique; couronnant les cimes qui s'élèvent entre la plaine des Marais Pontins et la vallée dn Sacco, ils étaient le trait d'union entre la Gampanie et la Maritime. En effet, l'unique route qui , coupant les Monti Lepini, met en communication ces deux pays, la route de Sezze à Frosinone, passe aux pieds des châteaux de Roccagorga, de Maenza et de Giuliano; de ses tours inexpugnables, François Gaetani surveillait les relations entre ces deux parties de l'Etat pontifical. Vers le nord, il touchait aux domaines que possédait Antoine Golonna, prince de Salorne, sur les limites de la Gampanie et de la Terre de Labour; au sud, il confinait aux terres qu'avait, en Maritime, son troisième frère.

Jacques Caeiani. Jacqucs Gaetaui, frère de François, jouait, en 1431, un rôle prépondérant dans la Maritime, et aujourd'hui encore, ce pays possède un témoignage bien frappant de sa puissance. G'est le château fort avec son enceinte rectangulaire, flanquée de tours, dont les ruines, bien conservées, se dressent majestueuses audessus du noir village de Sermoneta. G'était une de ses résidences : c'est là que fut rédigé, le 2 mars 1432, l'acte des fiançailles de son fils Honorât avec Gatherine Orsini (1). Du donjon qui dominait l'enceinte fortifiée , il pouvait embrasser d'un coup d'œil l'étendue de ses domaines. Gette ville, dont les belles églises et les habitations se pressaient là-bas dans la plaine, au pied des montagnes, sur un sol humide et marécageux, c'était Nimfa; sans un moulin qui utilise l'abondance des eaux, sans les ruines encore considérables que l'on découvre au milieu des herbes et delà végétation aquatique, l'on ne saurait plus aujourd'hui où était cette ville fortifiée des Gaetani; et cependant, elle était fière alors de son château fort, de son donjon (2) et de son église Saint-Paul. Les fureurs destructives des eaux et des hommes avaient commencé leur œuvre; car non loin de Nimfa le château

(1) Arch. Gaetani, XXVII, p. 47 : « Datum Sermineti. »

(2) C'est de cette tour de Nimfa qu'Honorât fit précipiter, un jour, un sousdiacre et ses compagnons d'infortune, pour les mettre à mort : « De turri vivos ad terrara projici et precipitari fecit; ex qua projicione subdiaconus ipsc et cetori diom clauserunt extremum » C'est ce qui lui valut d'être excommunié par Eugène IV, (Arch. Gaetani, XXII, 71. Acte du 17 août 1447.)

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d'Aquapuzza était déjà en ruines (1). Au-dessus, sur la montagne dont les pentes tombent brusquement sur Nimfa, se dressait dans un air plus pur, la ville forte de Norma. Tournant ses regards vers le nord, le châtelain de Sermoneta voyait les sentiers qui montaient derrière son château, à travers un sol pierreux, vers le château de Bassiano. Du côté de la mer, se déroulait, à ses pieds, la plaine des Marais Pontins, vrai désert occupé parles eaux, peuplé par toute la flore des marécages et dévasté par la fièvre; puis, la ligne presque ininterrompue do broussailles et d'arbustes inextricables qui se poursuivait, le long de la côte, depuis les maquis d'Ostie jusqu'à ceux de Terracine, par les bois d'Ardée, d'Antium, de Nettuno etde Gisterna; enfin la côte basse, sablonneuse, longée de lagunes, défendue par une ligne de tours et se relevant brusquement, au-dessus de Saint-Félix et devant Terracine, par le brusque promontoire de Gircé, ancienne île enlisée au milieu des marais. G'était le domaine de Jacques Gaetani, tel que nous le voyons aujourd'hui, tel qu'il était déjà au quinzième siècle.

Un document du 12 février 1432 nous mentionne les sables, les lagunes de la côte, les forêts du littoral et, en particulier, la forêt de Terracine, les marécages et les nombreux ruisseaux qui venaient s'y confondre, les eaux courantes qui mettaient en mouvement des moulins et des foulons; enfin, les terrains vagues des montagnes qui servaient de pâturages (2). Dans cet acte, Ghris-

(1) Arch. Caetani, XXXI, 51 : « Territorium castri diruti Aque Putride. »

(2) Ibid. « Quod quidem castrum Serraoneti positum est juxta territoria castrorum Ninfe et Normarum predictorum, juxta territorium castri diruti Aque Putride, juxta territorium terre Septie et juxta territorium Bassiani;

» Quod quidem castrum Bassiani situm est juxta territorium terre Septie,

juxta territorium Carpineti et juxta territorium predicti castri Serraoneti ;

» Necnon predictum castrum S. Felicis situm est juxta territorium civi-

tatis Terracinensis, juxta territorium Ninfe, terminans, ut fertur, usque ad

portum Paule et juxta mare;

» Quinetiam dictum castrum Ninfe situm est juxta territorium terre Core, juxta territorium Tyberie, et juxta territorium Serraoneti et Normarum ;

» Castrum Normarum est situm juxta territoria castrorum Ninfe et Sermoneti, necnon juxta territoria Carpineti et Collis raedii.

» Insuper castrura S. Donati situm est juxta silvam Terracine et juxta rivum Martini, territorii Ninfe. »

L'acte mentionne ces castra, « cura omnibus et singulis eoruradera castrorum vassallis, incolis, habitatoribus, palatiis, fortelliciis, turribus, domibus, casamentis, baptenderiis (moulins à foulons, Du Cange) casalibus, habitationibus, molendinis, sliuis, pascuis , pvatis, erbaticis... , paludibus, montibus, collibus, vallibus, arenariis, panlanis, fluminibus, fontibus, rivis, G. 5

66 l'état rONTIFIGAL APRÈS LE GRAND SCHISME.

tophe Gaetani de Fondi récompense son neveu , Jacques Gaetani, d.es services qu'il en a reçus, en lui abandonnant tous les droits qu'il pouvait avoir sur Sermonela, Rassiano, Saint-Félix, dans le diocèse de Terracine, et sur Nimfa, Norma et Saint-Donat, dans le diocèse de Velletri (1). Dans l'héritage que Jacques laissa à ses enfants, Honorât et Béatrix, était aussi compris le village de Gisterna sur la voie Appienne ; cela ne doit pas nous étonner, puisque cet antique château des Frangipani avait été donné à son père, Jacobellô, par Boniface IX (2). Enfin, il possédait la moitié de Sonnino, qui lui avait été conférée en vicariat jusqu'à la troisième génération par le pape Jean XXIII (3).

Quelques-unes de ces possessions, il est vrai, lui étaient contestées par son frère François. En effet, le 25 mars 1436, pendant la minorité d'Honorat et de Béatrice, enfants de Jacques Gaetani, les citoyens de Sermoneta tinrent une assemblée publique dans le château et imposèrent certaines conditions à François Gaetani, en faveur do ses neveux orphelins, dont il était le tuteur; il s'engagea à ne pas abuser du jeune âge de ses pupilles pour faire triompher ses prétentions sur Sermoneta, Bassiano , Nimfa, Norma, Aquapuzza, Zeneto et Saint-Félix, et à ne les présenter que lorsqu'ils seraient à même de les discuter, c'est-à-dire quand Honorât aurait atteint vingt-cinq ans. Quelle qu'ait été la légitimité des réclamations de François Gaetani, cet acte nous prouve qu'en 1431, son frère Jacques détenait lui seul tous ces domaines de famille (4). En réalité , il possédait

lacubus , aquis, aquarum decursibus , piscariis , etc. » (Arch, Gaetani, XXXI, 51.) (l).Jbid.

(2) Bibl. Naples, IX, D. 5, p. 145.

(3) Bibl. Naples, IX, D. 5, p. 165. Les vicariats que possédait Jacques Gaetani, en 1431, nous sont ainsi mentionnés dans la quittance du cens qu'il avait payé à la Ghambre apostolique, le 5 novembre : a a Jacobo Gay tano pro censu Aqueputride, loco unius accipitris, libras X cere, et pro censu Thebarum, S. Felicis, Zeneti- et Sonnini que tenet in vicariatura, unum tortitium librarum VI cere pro anno proxime preterito, in die S. Pétri proxime preterito, per manus Ser Joannis Lottini de Sermoneta. » (Arch. du Vatican, Int. et exitus, n° 390, p. 3.) Les autres biens étaient des propriétés de famille.

(4) Arch. Gaetani, XXVI, 29 : « Item che lo dicto signor Francesco, se alcuna raggione pretendesse de haver in Sermoneta, Bassiano Nimpha, Norme, Acquapuzza, Zenito et S. Felice, overo se alcuna altra actione li competesse o potesse competer,per lo tempo d'avenir, per qualunque casum, con li predicti magnifici suoi nepoti, non la debbia et ne possa adomandar per nullo modu e via per si che lo dicto signor Honorato sia in perfecto etate di 25 anni, e dapoi allô dicto tempo, sia licito al dicto signor Francesco de poter adomandar libramente tutti soi ragioni. »

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à lui seul presque toute la Maritime : si l'on excepte les terres des Golonna aux environs d'Ardée, d'Antium et de Nettuno, celles qui dépendaient de l'abbaye de Fossanova ou des villes de Gori, Sezze, Piperno et Terracine, la Maritime formait une vraie principauté féodale entre les mains de François et surtout de Jacques Caetani; et par là, depuis le tombeau de Gecilia Metella qu'ils avaient fortifié, aux portes mêmes de Rome, jusqu'au deLà de Fondi, dans le royaume de Naples, ils commandaient la voie Appienne, qui traversait leurs terres.

Outre les Gaetani, dont nous avons essayé de dresser la généalogie et de délimiter les possessions, les documents nous en signalent d'autres sur lesquels nous avons peu de renseignements. Qu'était, par exemple, cet Alexandre Gaetani de Rome qui, étudiant en droit à l'Université de Pavie, donnait à un prêtre de la cathédrale de Pavie de fortes sommes pour l'union de l'Eglise grecque à l'Eglise latine et obtenait ainsi, le 7 août H37, des indulgences du concile de Bâle (1)? Où ses parents étaient-ils établis? Nous n'en savons rien. Qu'était cet abbé Paul Gaetani qui assistait, le 25 mars 1436, au parlamentam dans lequel le peuple de Sermoneta prenait contre François Gaetani, la protection du jeune Honorât? Gette simple mention nous fait connaître son existence, et nous ne savons ni de qui il était fils, ni de quel monastère il était abbé, ni de quelles terres il était seigneur (2). Un acte du 26 octobre 1444 nous prouve qu'il y avait aussi des représentants de la famille Gaetani à Anagni. Gette ville avait été le berceau des Gaetani, puisque, dès le treizième siècle, nous les y voyons et que Bonifaco VIII en était le seigneur, avant son exaltation. En 1431, cette ville est sous l'autorité immédiate du Saint-Siège puisque, à plusieurs reprises, en 1432, le pape yenvoie des commissaires et s'occupe, d'une manière très active, de ses affaires (3); il la nomme d'ailleurs sa cité, civitas nostra (4); néanmoins, trois Gaetani dont nous ne connaissons pas la généalogie, les frères Jacques, Honorât et Petruccio, possédaient un palais à Anagni (peut être le vieux palais où Boniface VIII avait été si indignement outragé) et des domaines dans les environs. Gomme ils se révoltèrent, sans doute avec les Golonna, ces biens leur furent confisqués et donnés à un certain Benoît Gaetani par le rec-

(i) Arch. Caetani, XV, 37.

(2) Arch. Caetani, XXVI, 29 : « Actum Sermoneti, in sala predicta de prope januam cancellarii, presentibus abate Paulo Gaytano... »

(3) Voir notamment Arch. Vatic, reg. 370, fol. 57 v% 61 v°, 62, 80, 82, 89, etc.

(4) Arch. Vatic, reg. 376, fol. 208.

l'état pontifical après le ghand schisme.

teur de la Gampanie, Barthélémy, archevêque de Spalato. Notre document ne précise pas la situation et la nature de ces domaines; il emploie des expressions fort vagues (l), sans doute parce que ces possessions n'étaient pas considérables. La famille Caetani avait donc émigré ; éliminée de sa ville d'origne, Anagni, désertant la Gampanie, elle s'était solidement établie dans la Terre de Labour avec Christophe, comte de Fondi, et dans la Maritime avec François et Jacques Gaetani ; c'est là qu'était solidement fixée, en 1431, sa puissance féodale.

(1) Ibid. : « Domus in civitate nostra, ac alia bona immobilia in diocesi Anagnina consistencia, àd camerain apostolicam, causantibus rebellionibus necnon quibusdam aliis culpis et demeritis tune dilectorura filiorum, nobilium virorum Jacobi et Honorati et Petrutii etiam de Gaietanis, fratribus, domicellis Anagnine diocesis... »

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