‹ L'état pontifical après le grand schisme;Chapitre 27 sur 50 · LES AUTRES FAMILLES FÉODALES DE TUSCIE · texte numérisé non relu

LES AUTRES FAMILLES FÉODALES DE TUSCIE

en Tiiscie s'accrut : bientôt après, en qualité de châtelain, il gouverna Givita Vecchia, lorsque les armes pontificales l'eurent enlevée aux préfets de Vico.

Les Baglioni, de Pérouse, étaient aussi établis en Tuscie; en Les BagUoni. 1432, Polidoro achetait le castrum de Mugnano; le 4 juiu de la même année, il versait pour cela à la Chambre apostolique un acompte de 1200 florins (1). Un de ses parents, Geccho, avait été établi précédemment par Eugène IVdans le diocèse deBagnorea; le 20 avril 1431, le pape avait érigé en comté les pays de Saint- Pierre et de Graffignano et les lui avait assignés à titre héréditaire (2); c'était apparemment pour acquitter un arriéré de solde; car Geccho Baglioni figure parmi les condottieri au service de l'Eglise.

Il est certain qu'il en fut ainsi pour le célèbre condottiere François sforw

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François Sforza. Tour à tour, à la solde du pape ou de ses ennemis, il s'était taillé, avec son épée, de vastes domaines en Tuscie. Il n'avait fait d'ailleurs qu'imiter ses devanciers : sous Martin V, Tartaglia di Lavello ne s'était-il pas rendu maître d'une grande partie du plateau toscan, aux confins de l'état siennois? Ge fut par la force que François Sforza occupa la ville et le comté de Todi. G'était en 1433 ; il venait d'enlever au Saint-Siège les principales villes de la Marche d'Ancone, Osimo, Fermo, Recanati et Gamerino, il entra en Ombrie et, à son arrivée, les terres que Nicolas Fortebraccio gardait au nom du pape, se révoltèrent et se placèrent sous son autorité. Todi se livra par un acte solennel daté du 12 mai 143i, que M. Leonii a tiré des archives municipales, pour le publier dans l'Archivio storico italiano (3). Sforza s'engageait à maintenir dans la cité le régime établi, et au gouvernement, le parti guelfe des Atti; il confirmait le bannissement des Ghiaravallesi, chefs de la faction opposée, et garantissait les limites du comté. Dans la suite, il abandonna le concile schismatique de Bâle, pour lequel il guerroyait contre le pape, en 1434, et il vendit à Eugène IV son alliance pour de nouveaux domaines. Il était nommé vicaire général d'Aquapendente, Proceno et S. Laurent, moyennant un cens annuel de 900 florins d'or; ce vicariat était perpétuel et héréditaire, même en ligne collatérale (4).

(1) Arch. du Vatican, Introitus et exitus, n" 390, fol. 18.

(2) Ibid., Reg. 371, fol. 84.

(3) Archivio storico italiano, 1865, sério III, t. II, part, il, p. 27-43.

(4) Bibl. de Naples, IX, D. 5, p. 23 : « Franciscus Sfortia constituitur vicarius gcneralis in temporalibus terre Aquepcndentis, Proceni et S. Laurentii, provincie Patrimonii, pro eo et filiis, et in defectum filiorum, pro

Les

biens d'Eglise

en Tuscie.

Ces diverses acquisitions étaient de la plus grande importance : à elle seule, la terre de Saint-Lanrent devait fournir 70 fantassins (1) à l'armée pontificale contre Nicolas délia Stella; de plus, dominant le riche pays du Val di Lago et la frontière siennoise, elles occupaient une position stratégique de premier ordre; enfin, pris entre le comté de Todi et ces terres toscanes, le comté d'Orvieto et les domaines des Monaldeschi devaient subir l'influence de Sforza : pour s'en convaincre on n'a qu'à parcourir les riformanze d'Orvieto. Gréée rapidement, cette puissance de Sforza, en Tuscie, devait décliner encore plus vite ; dans son Italia illustrata^ Bloiidus (2) nous dit que S. Laurent, Aquapendente et Proceno étaient sous l'autorité immédiate de l'Eglise, et d'autre part, par un acte solennel du 23 septembre 1448, les Tudertins se remettaient sous la dépendance du Saint- Siège (3).

En Tuscie, comme en Sabine et en Campante, les biens ecclésiastiques avaient perdu de leur ancienne importance ; nous avons trouvé peu de mentions de terres appartenant à des évêchés ou des monastères. Il est vrai que les documents eux-mêmes sont rares ou difficilement accessibles. Les Archives capitulaires de Viterbe remontent au douzième et au treizième siècle, mais elles sont encore à classer, et il n'est pasjoujours facile d'en connaître les richesses ; les Archives ecclésiastiques de Gorneto ont été consumées au siècle dernier, dans l'incendie de la cathédrale, celles de Toscanella ont été dispersées, celles d'Orte, Givita Gastellana et Gallese, sont relativement modernes ; enfin, nous n'avons rien trouvé à l'évêché de Monteflascone. Les rares renseignements que nous avons recueillis, nous ont été fournis par les Archives du Vatican.

Une première remarque générale à faire pour la Tuscie, comme nous l'avons faite pour la Gampanie, c'est qu'il n'y a pas de ville, qui ait pour seigneur son évoque. Toutes les cités de la Tuscie sont sous un régime municipal, et leurs magistrats, indépendants de l'administration diocésaine, ne relèvent que du pape qui les nomme, les déplace ou les révoque et donne, par leur intermédiaire, des ordres aux peuples confiés à leurs soins. En voici

fratribus, sub annuo censu 900 florenoram auri de caméra, in festo SS. Apostolorum » (1° Officiorum, 244, VIII, 109).

(1) Bibl. de Naples, IX, D. 5, p. 291.

(2) Blondus, Ital. illust., p. 89.

(3) Archivio storico italiano, sér. III, t. II, part, ii, p. 44-47.

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