‹ L'état pontifical après le grand schisme;Chapitre 28 sur 50 · LES AUTRES FAMILLES FÉODALES DE TUSGIE · texte numérisé non relu

LES AUTRES FAMILLES FÉODALES DE TUSGIE

quelques exemples pris dans les librl Officîorum des archives du

Sainl-Siëge.

TosGANELLA. — Le 7 octobre 1431, le pape nomme Barthélémy di

Giovanni, de Rieti, chancelier de la commune

(0//ÏC., 384, fol. 2v°).

— Le 17 novembre 1431, le pape nomme Pierre

Martin Petroni, de Trevi, podestat de Toscanella, pour six mois, à dater du l^"" mars suivant (ibid., 12 v°).

SuTRi. — Le 8 novembre 1431, Grispolti di Giovani di Bi-

tomo est nommé, pour six mois , à dater du

15 janvier suivant, podestat de Sutri {ibid., 9).

— Le 3 décembre 1431, Jean di ser Antonio da

kSanta Victoria est nommé, pour six mois, à

dater du 15 décembre suivant, chancelier de

Sutri (ibid., 14).

Orte. — Le 5 décembre 1431, Jean Buchabianca, de Ripa-

transone est nommé, pour six mois, podestat

d'Orte (ibid., 14 v^).

CoRNETO. — Le 5 décembre 1431, ser Pierre Paul di ser Gas-

telli, de Gaslellione, est nommé, pour six mois,

à dater du i^^ mars suivant, chancelier de Gor-

neto (ibid., 15 v°).

ViTERBE. — Le 12 décembre 1431, François ser Luigi de Ponte,

de Terni, est nommé pour six mois, à dater du

20 avril suivant, chancelier de Viterbe (ibid.^

— . Le 1^' juillet 1431, iMichel de Pellinis, de Pérouse

est nommé pour six mois, à dater du l'^'' février, conservateur de Viterbe (ibid., 9).

— Le 7 janvier 1432, Jean Bartholi de Jordanis, de

Pesaro, est nommé, pour six mois, à dater du 13 avril, podestat de Viterbe {ibid., 20 v°). En maintes occasions, le pape affirme sa juridiction immédiate sur ces villes épiscopales et envoie des ordres formels à leurs magistrats; nous en avons relevé plusieurs exemples dans les registres.

Bagnorea. Orte. — Voulant veiller aux approvisionnements

de Rome, le pape ordonne aux magistrats de

Bagnorea et d'Orte d'envoyer quatre cents

charges de blé (1^^ mars 1432, reg. 370, fol. 65).

Les registres nous ont conservé certaines capitulations accor-

dées par le pape à Monteflascone, le 20 octobre 1431 (1), et à Bagnorea le 8 mars 1432 (2). Nous y voyons que ces cités épiscopales étaient sous l'autorité immédiate du Saint-Siège; il suffit de feuilleter les volumes des Riforme, pour s'en convaincre pour Viterbe. Nous n'avons pas à étudier ici quelle était l'organisation intérieure de chacune de ces villes; il suffit de constater qu'au point de vue temporel, elles étaient tout à fait exemptes de la juridiction de Tévêque.

Bien qu'amoindrie, la propriété ecclésiastique existait toujours ; plusieurs documents nous la signalent. Nous avons vu plus haut que le diocèse de Monteflascone possédait des vignes dans le territoire de Marta. Le monastère de Saint-Paul-hors-les-murs possédait, entre le Tibre et la Flaminia, le village de Riano, dont la propriété lui était confirmée , en 1443, par un bref d'Eugène IV (3). Les moines y entretenaient un châtelain qui devait percevoir les revenus, et exercer, en leur nom, une certaine juridiction féodale. Leurs biens se prolongeaient vers le nord, toujours en suivant la rive droite du Tibre, comprenant Leprignano, qui leur était disputé par les Orsini (4), et Givitella San Paolo. L'hôpital de S. Esprit iîi Sassia possédait beaucoup de maisons et de domaines dans la province du Patrimoine (multas eu varias domos etpossessiones incuUas in provincia nostra b. Pétri in Tuscia) ; et, en particulier hors des murs de Corneto , il avait l'emplacement de l'ancienne cité étrusque de Tarquinies; c'était la Tarquinese îenuta , qui fut achetée aux enchères, en 1438, par le cardinal Yitelleschi , pour la somme de 1,000 florins, et dont le pape conflrma l'aliénation, par une bulle du l^"" janvier 1439 (5). Les religieux du Saint-Esprit avaient aussi juridiction sur le village de Fabrica, non loin du lac de Vico ; dans une bulle non datée, Eugène IV se plaint que Fabrica ait été envahie par les gens de Montagnola, et il dit que cette terre et ses habitants relèvent de rhôpital du Saint-Esprit (6). Mais ces biens des évêchés et des monastères ne devaient pas avoir une grande importance : les textes en parleraient beaucoup plus qu'ils ne le font,

(1) Arch. du Vatic, Reg. 372, fol. 146.

(2) Arch. du Vatic, Reg. 372, fol. 5 v°.

(3) Tomasetti, op. cit., Arch. délia Soc. rom. di Storia patria, VII, 1884, p. 241-245.

(4) Ibid., p. 255.

(5) Arch. du Vatic, Reg. 366, fol. 384 v°.

(6) Ibid., Reg. 370, fol. 102 v» : « Terram Fabrice ejusque habitatores... ad hospitale nostrum S. Spiritus in Saxia de Urbe pertinentes. »

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et surtout, leurs possesseurs auraient eu une autre influence et d'autres revenus; l'hôpital du Saint- b]sprit n'aurait pas été obligé d'aliéner une partie de ses biens pendant le schisme et de vendre aux enchères, en 1438, ses dépendances de Gorneto; le monastère de Saint-Paul aurait été taxé à plus de 1,000 florins, par la Chambre apostolique, et les évêchés de Tuscie n'auraient pas eu ces maigres ressources qui les assimilaient à de simples paroisses françaises. Ces chiff'res prouvent bien qu'il ne faut pas attribuer à l'insuffisance des textes, le peu de renseignements que nous avons sur les biens du clergé, en Tuscie; la vj'aie raison de ce silence, c'est leur peu d'importance. Dans la province du Pati imoine, comme en Gampanie, les biens ecclésiastiques avaient été dilapidés pendant le grand schisme ; il n'en restait plus que des débris épars et le plus souvent insignifiants.

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