‹ L'état pontifical après le grand schisme;Chapitre 30 sur 50 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LA Terra Ai-nul forum, narni et terni.

Entre la Tiiscie proprement dite, le duché de Spolète et l'Om- Définition

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brie se trouvait un petit district connu, des le dixième siècle, terra Anmifonm sous le nom de terra Arnulforum. Il est ainsi défini par M, Paul commissionis. Fabre (1) : « C'est le district montagneux qui s'étend entre Spolète et la Nera, et qui a été ainsi dénommé du nom de ses propriétaires du dixième et du onzième siècle, les Arnulfi, que nous trouvons mentionnes, en 1093 et 1094, dans plusieurs chartes de l'abbaye de Farfa. » Un important document du registre caméral du cardinal Albornoz, nous renseigne de la manière la plus précise, sur l'étendue de ce petit territoire. Il comprenait les districts de Cesi, Portaria, Macereno, Castiglione, Gallicitoli, et était délimité par ceux de Terni, Spolète, Todi et Amelia. Il avait pour chef-lieu la ville de Cesi ; c'est là que se dressait le château-fort, la roccha, qui, sous le commandement d'un châtelain, surveillait tout le pays (?). Comme la Sabine, la (erra Arnulforum était specialis commissionis. Ce qui nous le fait supposer, c'est cette énumération des titres du cardinal Vitelleschi : « Johan'nes... in Aima Urbe PROYiNCusque Patrimonil h. Pétri in Tuscia^ ducatas Spoleianiy Campanieque et Maritime , terrisquk spécialis commissionis Arnulphorum et Sabine, ac nonnullis aliis lacis apostolice sedis legatus (3). » Cette énumération distingue avec soin les

(1) Paul Fabre. Registre caméral du cardinal Albornoz, en 136k, dans les Mélanges d'archéologie et d'histoire, publiés par l'Ecole française de Rome, VII, p. 37.

(2) Ibid. : « Castcllatus castri Cesarum habet dictum castrum tantum ; in cujus tenimento, supra ipsum castrum, estroccha in qua ponitur castellanus par redorera et thesaurarium Patrimonii, et recipit stipendium a Caméra. »

(3) Lettre du cardinal Vitelleschi, datée de Foligno, le 24 juillet 1439. Codex diplomaticus Casinensis, VIII, in fine (Archives du Mont Cassin).

provinces (Tuscie, Gampaiiie et Maritime, duché de Spolète) des pays specialis commissionis (terra Arnulpliorumf Sabine).

Qu'était-ce donc qu'une terra specialis commissionis? L'étymologie et ce que nous avons déj.à dit du gouvernement de la Sabine, nous l'expliquent. C'était un pays rattaché à une province par une sorte d'union personnelle et toujours révocable; il conservait une certaine autonomie, et était placé sous l'autorité d'un gouverneur particulier, qui relevait du recteur de la province. Ainsi, la Sabine avait à Rieti un gouverneur propre qui dépendait du recteur du Patrimoine, en résidence h Viterbe. De même, la terra Arnulforum : elle était unie ex spcciaii commissione au Patrimoine de Saint-Pierre en Tuscie; mais, le recteur de cette province déléguait ses pouvoirs, sur la terra Arnulforum, à un vicaire général. Le trésorier de la Tuscie était, de même, représenté dans ce district, par un vice-trésorier (1). Ce régime durait-il encore sous Eugène IV? Ce qui nous le ferait affirmer, c'est que le pays est toujours une terra specialis commissionis. De plus, nous savons qu'alors, comme auparavant, elle était gouvernée par un vicaire : en effet, k la date du 20 novembre 1431, nous relevons dans le Liber officiorum la nomination de Catarnio de Gapatostis de Montemonacho, comme vicarius terre Arnulforum pour une période de six mois, à dater du l^'" janvier 1432 (2).

Ce pays relevait directement de l'Eglise; le registre d'Albornoz l'affirme de la manière la plus catégorique : « Dans ces endroits, l'Eglise exerce une entière juridiction (3), » dit-il api-ès les avoir tous énumérés. Le grand schisme avait-il introduit la féodalité dans ces montagnes, ou bien le Saint-Siège y exerçait-il, en 1431, une juridiction immédiate? Il est difficile d'affirmer l'un ou l'autre, d'une manière absolue, à cause de la rareté des documents : les Cameralia^ les Libri ofjiciorum ne mentionnent que trois ou quatre fois cette petite contrée. Toutefois, ce qui nous porterait à croire que le Saint-Siège y avait gardé tous ses droits, c'est l'impression qui se dégage de YHistoria liberalionis civitatis Spoleti 1437-1439, de Thomas Martano (4). L'auteur a pris une

(1) Paul Fabre, op. cit., p. 39 : « Rector Patrimonii, ex speciali com.missione, est rector dicte proviacie, et ponitur per rectorem predictum vicarius generalis in dicta provincia... et per thesaurariura dicti patrimonii ponitur vice-thesaurarius. »

(2) Arch. Vatic, Officiorum, 384, fol. 12 v°.

(3) Paul Fabre, op. cit., p. 39 : et In quibus casteliaribus et locis suprascriptis, habet ecclesia merum et mixtum imperium et omnem jurisdictionem. »

(4) Publiée par Sansi, dans ses Docuraenli sloiici inedili in sussidio alla

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