PROGRÈS DE LA FÉODALITÉ PENDANT LE SCHISME
Mouvement communal.
Pendant que le pouvoir pontifical s'abîmait ainsi dans l'anarchie, une puissance grandissait et se parait des dépouilles du Saint-Siège; c'était la féodalité des villes et des grands seigneurs.
Depuis longtemps déjà, les communes do l'Etat pontifical avaient voulu s'ériger en républiques unies au Saint-Siège par de faibles liens de vassalité. A plusieurs reprises, elles avaient imposé aux papes la reconnaissance de leur autonomie ; entre elles et le Saint-Siège étaient intervenus très souvent des pacia ou des capitula, vraies chartes municipales en apparence octroyées par le Saint-Siège , en réalité arrachées aux papes par la puissance entreprenante des communes. Déjà, dans les dernières années du pontificat de Grégoire XI, Rome s'était constituée en vraie république; en 1376, elle s'était donné un gouvernement autonome avec un capitaine du peuple, les conservateurs et deux conseils; on créa, en outre, la magistrature des très gubernatores pacis et libertatis reipublicae Romanae , qui avaient pour unique mission de défendre la constitution contre quiconque voudrait la détruire, et, par suite, contre le pape lui-même; en décembre 1376, Grégoire XI signa un accord avec son orgueilleuse capitale, et il dut lui confirmer le gouvernement qu'elle s'était donné. Ainsi constituée, la commune de Borne s'accrut à la faveur du schisme qui avait singulièrement affaibli l'autorité pontificale. Nous avons vu précédemment comment les Romains chassèrent à plusieurs reprises de leurs murs le pape Boniface IX et traitèrent avec lui de puissance à puissance, le 11 septembre 1391. Après avoir fait accepter au pape son autonomie, la commune essaya d'élendre ses frontières ; par le traité du 5 mars 1392, elle déclarait, de concert avec Boniface IX , la guerre à Yilerbe et au préfet de Vico ; réunis par un vrai traité, le pape