‹ L'Etat religieuxChapitre 17 sur 98 · IL EST DE CONSEIL · texte numérisé non relu

IL EST DE CONSEIL

reux. La richesse n'est qu'un bien apparent et passager, elle est fugitive comme la vie; mais quand vous verrez passer un solitaire au maintien modeste et recueilli, à l'air bienveillant et doux, enviez le sort de cet homme, faites-vous l'imitateur de sa sagesse, et souhaitez de ressembler à ce juste. Demandez, dit le Seigneur, et vous recevrez. Voilà les véritables biens, voilà ce qui sauve, voilà ce qui dure. » De ces paroles du saint Docteur il est facile de conclure qu'il est bon de demander à Dieu la vocation religieuse. Et si l'état religieux est le plus sûr moyen de salut pour celui en particulier qui sollicite cette grâce, Dieu exaucera assurément une telle prière, pourvu qu'elle ne manque d'aucune des conditions 3u'il exige. Notre-Seigneur n'a-t-il pas promis 'accorder tout ce qu'on demanderait en son nom ?

De ce qui précède, il suit également que « le vœu de ne pas embrasser, de ne pas rechercher l'état religieux est par lui-même illicite et invalide, à moins que dans quelque cas des circonstances particulières ne l'excusent ; tandis qu'en soi il est très, bon de faire vœu d'entrer en religion. Cette dernière proposition est certaine de par la foi, dit Suarez, certa de fide. Puisque c'est un acte de vertu d'entrer en religion, et puisqu'il est plus louable de pratiquer par vœu un acte de vertu, ils sont dignes d'éloges ceux qui ne pouvant pas entrer aussitôt en religion, s'obligent par vœu de le faire. » C'est le raisonnement de saint Thomas : « Nous considérons ici le vœu en lui-même, car pour juger s'il est avantageux à telle personne en particulier de le faire, il faut étudier les circonstances ; et d'abord il est nécessaire pour faire ce vœu d'avoir l'âge voulu. Il y a un âge requis pour la validité, et un âge requis

pour l'opportunité. Pour faire ce vœu validement, il suffit d'avoir l'usage de la raison, et d'y apporter une délibération de la nature de celle qui suffirait pour un péché mortel.

« Bien qu'un tel vœu fait par une jeune fille qui a moins de 12 ans, et par un garçon qui en a moins de 14, soit valide, il n'a pas néanmoins toute sa force ; il peut être en effet annulé par les parents, pourvu que ceux-ci ne l'aient pas ratifié, après que leur fille a eu atteint ses 12 ans, et leur fils ses 14 ans.

« Pour que le vœu d'entrer en religion soit opportun, il doit être fait dans un âge convenable, et avec une délibération sérieuse, plus sérieuse même que celle qu'on apporte à d'autres vœux et à d'autres affaires temporelles. Il ne faut donc pas facilement le conseiller aux enfanta, car de même qu'ils se laissent volontiers persuader, ils chan^'ent aussi facilement.

« Si l'on est consulté à ce sujet, dit Suarez, auquel nous empruntons tout ce que nous venons de dire, et si après réflexion, on juge que la personne qui demande conseil, peut avec fruit entrer en religion, et est exposée à changer de résolution, si elle ne l'affermit par un vœu, on peut fort bien l'engager à faire ce vœu, non par des prières importunes, mais par des raisons tirées de la foi. » Saint Thomas sur cette question est plus explicite encore que Suarez.

Le vœu d'entrer dans l'état religieux proprement dit, est réservé au Saint-Siège. C'est-à-dire que le Souverain Pontife a seul le pouvoir d'en dispenser ou de le commuer. Le vœu d'entrer dans une communauté non approuvéepar l'Eglise, ou même dans une congrégation approuvée, n'est pas réservé au Souverain Pontife.

Il en est de même du vœu d'entrer dans les

communautés de femmes telles qu'elles existent actuellement en France, la Savoie et Nice excepa tées (1).

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