‹ L'Etat religieuxChapitre 22 sur 98 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE CEUX QUI SONT TENUS d'eNTRER DANS LA VIE RELIGIEUSE.

Notre-Seigneur n'impose pas à l'homme de mener la vie des anges, il se contente de la lui enseigner, et de l'inviter à l'embrasser. L'état religieux n'est donc point par lui-même obliga-

toire, comme nous l'avons remarqué déjà ; mais cependant il est des cas où certaines personnes sont tenues d'entrer en religion.

D'abord, coinme nous l'avons dit au chapitre VI de la section précédente, ceux qui ont fait le vœu de se faire religieux sont tenus, sous peine de faute grave, d'accomplir leur vœu, ou bien, s'ils ont des raisons sérieuses de ne pas l'accomplir, de s'en faire dispenser; ce vœu est valide même lorsqu'il a été fait dans l'enfance, à moins que les parents ne l'aient annulé, avant que leurs enfants eussent l'âge de puberté. Celui qui a fait vœu d'entrer en religion, sans déterminer le couvent, lors même qu'il aurait déterminé l'ordre, plus probablement ne satisfait pas à son obligation, s'il se présente à un seul couvent; mais s'il est repoussé trois ou quatre fois, il est affranchi de l'obligation de son vœu. Si, pendant le temps de son noviciat, il a été repoussé par les supérieurs d'un couvent, sans qu il y ait eu de sa faute, il n'est pas tenu, d'après Suarez, de se présenter dans un autre couvent; cependant saint Liguori regarde le contraire comme plus probable. S'il a fait vœu d'entrer dans un couvent déterminé et qu'il en soit repoussé, il n'est tenu à rien de plus. Ce vœu n'oblige pas à s'expatrier, ni à sortir de sa province, surtout s'il a été fait par des personnes du sexe. Celui qui a fixé le temps de son entrée en religion, doit y entrer au temps fixé; mais lorsque le temps est passé, il n est pas affranchi pour cela de son vœu. Celui qui n'a pas fixé de temps, doit entrer au plus tôt, à moins qu'une juste cause n'excuse un délai. Un long aélai sans cause est un péché grave; et ces sortes de délai sont toujours dangereux.

Secondement : « Si quelqu'un croyait, dit saint Liguori, qu'en restant dans le siècle, il s'e perdra

pour toujours, soit parce qu'il a fait dans les dangers du monde, l'expérience de sa faiblesse, soit parce qu'il y manque des secours que lui fournirait l'état religieux, on ne peut l'excuser de péché grave (s'il reste dans le siècle), puisqu'il se jette ainsi dans un danger grave de se perdre. »

Le nombre de ceux qui sont dans ce cas est peut-être plus considérable qu'on le croit. « L'empereur Maurice, ayant porté un édit, qui interdisait à ses soldats l'entrée en religion, saint Grégoire le Grand lui écrivit que cette loi était inique, puisqu'elle fermait le ciel à plusieurs. Voici les paroles et la raison de ce saint Pape : Il y en a un grand nombre, dit-il, qui ne joeuvent nullement se sauver s'ils ne renoncent à tout. Nam j)lerique sunt qui nisi omnia reliquerint, salvari apud Deum nullatenus possunt. « Lessius, cité par saint Liguori, a écrit : « Si votre conscience vous dit (ce qui arrive souvent, quod ssepe accidit) que vous serez abandonné de Dieu, si vous n'obéissez pas à la vocation divine, que vous vous perdrez si vous demeurez dans le siècle. . . c'est alors un péché de ne pas suivre la vocation. »

Troisièmement, il est clair que ceux qui ont des marques de vocation certaine à l'état religieux, commettent au moins une infidélité à la grâce en n'y correspondant pas. Saint Liguori dit formellement qu étant appelés de Dieu à cet état, ils sont tenus de l'embrasser. Il insiste aussi sur les dangers que l'on court, quand on n'obéit pas à la vocation divine ; et il prie Dieu d'écarter des âmes un tel malheur. C'en est assez pour déterminer ceux que Dieu appelle à une vie parfaite à être dociles aux inspirations de la grâce.

toire, comme nous l'avons remarqué déjà ; mais cependant il est des cas où certaines personnes sont tenues d'entrer en religion.

D'abord, coinme nous l'avons dit au chapitre VI de la section précédente, ceux qui ont fait le vœu de se faire religieux sont tenus, sous peine de faute grave, d'accomplir leur vœu, ou bien, s'ils ont des raisons sérieuses de ne pas l'accomplir, de s'en faire dispenser; ce vœu est valide même lorsqu'il a été fait dans l'enfance, à moins que les parents ne l'aient annulé, avant que leurs enfants eussent l'âge do puberté. Celui qui a fait vœu d'entrer en religion, sans déterminer le couvent, lors même qu'il aurait déterminé l'ordre, plus probablement ne satisfait pas à son obligation, s'il se présente à un seul couvent; mais s'il est repoussé trois ou quatre fois, il est affranchi de l'obligation de son vœu. Si, pendant le temps de son noviciat, il a été repoussé par les supérieurs d'un couvent, sans qu il y ait eu de sa faute, il n'est pas tenu, d'après Suarez, de se présenter dans un autre couvent; cependant saint Liguori regarde le contraire comme plus probable. S'il a fait vœu d'entrer dans un couvent déterminé et qu'il en soit repoussé, il n'est tenu à rien de plus. Ce vœu n'oblige pas à s'expatrier, ni à sortir de sa province, surtout s'il a été fait par des personnes du sexe. Celui qui a fixé le temps de son entrée en religion, doit y entrer au temps fixé; mais lorsque le temps est passé, il n est pas affranchi pour cela de son vœu. Celui qui n'a pas fixé de temps, doit entrer au plus tôt, à moins qu'une juste cause n'excuse un délai. Un long délai sans cause est un péché grave; et ces sortes de délai sont toujours dangereux.

Secondement : « Si quelqu'un croyait, dit saint Liguori, qu'en restant dans le siècle, il s*e perdra

pour toujours, soit parce qu'il a fait dans les dangers du monde, l'expérience de sa faiblesse, soit parce qu'il y manque des secours que lui fournirait l'état religieux, on ne peut l'excuser dépêché grave (s'il reste dans le siècle), puisqu'il se jette ainsi dans un danger grave de se perdre. »

Le nombre de ceux qui sont dans ce cas est peut-être plus considérable qu'on le croit. « L'empereur Maurice, ayant porté un édit, qui interdisait à ses soldats l'entrée en religion, saint Grégoire le Grand lui écrivit que cette loi était inigue, puisqu'elle fermait le ciel à plusieurs. Voici les paroles et la raison de ce saint Pape : Il y en a un grand nombre, dit-il, qui ne jjeuvent nullement se sauver s'ils ne renoncent à tout. Nam plerique sunt qui nisi omnia reliquerint, salvari apud Deum nullatenus possunt. « Lessius, cité par saint Liguori, a écrit : « Si votre conscience vous dit (ce qui arrive souvent, quod ssepe accidit) que vous serez abandonné de Dieu, si vous n'obéissez pas à la vocation divine, que vous vous perdrez si vous demeurez dans le siècle. . . c'est alors un péché de ne pas suivre la vocation. »

Troisièmement, il est clair que ceux qui ont des marques de vocation certaine à l'état religieux, commettent au moins une infidélité à la grâce en n'y correspondant pas. Saint Liguori dit formellement qu étant appelés de Dieu à cet état, ils sont tenus de l'embrasser. Il insiste aussi sur les dangers que l'on court, quand on n'obéit pas à la vocation divine ; et il prie Dieu d'écarter des âmes un tel malheur. C'en est assez pour déterminer ceux que Dieu appelle à une vie parfaite à être dociles aux inspirations de la grâce.

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