CHAPITRE V
DU CHOIX d'un ordre OU d'uN INSTITUT
Nous lisons dans le directoire de la Compagnie de Jésus : « Quand on a décidé d'entrer en reli-
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gion, il faut examiner quel ordre on doit choisir. Les uns sont appelés à une plus grande solitude; d'autres au contraire, à venir au secours du prochain; et à ne considérer même que les qualités de l'âme et du corps, on conçoit que tel institut peut convenir à tel sujet, qui n'aurait pour un autre institut aucune aptitude.
« Dans le choix d'une communauté religieuse, il faut bien éviter tout d'abord de se décider à entrer dans un couvent relâché et où la discipline régulière ne soit plus en vigueur. »
Saint Liguori développe ce même conseil; et il ajoute que le confesseur doit se faire un devoir de ne pas conseiller d'entrer dans une telle congrégation. On doit s'informer avant tout, dit Lessius, si les vœux essentiels sont observés (dans l'institut que l'on a en vue), de sorte qu'on soit assuré de n'y trouver ni la propriété, ni la superfiuité. . . ni une trop grande facilité de communications avec des personnes d'un autre sexe. Il faut aussi savoir si la concorde et l'union fraternelle régnent dans la maison qu'on veut choisir. Nous n'hésitons pas à publierces enseignements afin que les communautés ferventes où sera lu ce livre, comprennent de plus en plus, que c'est par une grande régularité qu'elles attireront sur elle avec la bénédiction de Dieu, la prospérité de leur institut.
« Entre les communautés ferventes, méritent la préférence celles dont l'institut est plus parfait. Pour juger de cette perfection, il faut connaître la doctrine de saint Thomas, et tenir grand compte des aptitudes du sujet, de ses forces, de son inclination, de ses qualités et de ses talents. »
Or, pour comprendre la doctrine de saint Thomas, il faut définir les diverses sortes de vie qu'on peut mener dans les communautés reli-
gieuses. On distingue la vie active, la vie contemplative et la vie mixte .
La vie active c'est, d'après saint Grégoire, donner du pain à celui qui a faim, prendre soin de l'infirme, etc.; en un mot, c'est faire les œuvres de charité extérieure.
La vie contemplative garde à la vérité l'amour de Dieu et l'amour du prochain ; mais elle se repose en écartant l'action extérieure, elle ne s'attache qu'au désir du Créateur, de sorte que les œuvres ne lui plaisent plus, et que, foulant aux pieds tous les soins terrestres, l'âme est embrasée du désir de voir la face de Dieu.
La vie mixte comprend l'action et la contemplation. La vie active est bonne, la vie contemplative est meilleure, la vie mixte qui les comprend toutes deux est toute la perfection. C'est ta vie mixte qu'ont menée Jésus-Christ, saint Jean-Baptiste et les Apôtres. Le divin Sauveur, en effet, persévérait dans la prière pendant la nuit et prêchait pendant le jour.
« Les œuvres de la vie active qui dérivent de la plénitude de la contemplation, comme l'enseignement et la prédication, sont préférables à la simple contemplation. Il vaut mieux éclairer que de briller seulement ; et c'est un genre de vie plus noble de faire part aux autres de ce qu'on a contemplé, que de se borner à la contemplation. . . mais les autres œuvres de la vie active, qui ne réclament que les soins extérieurs, comme faire l'aumône, donner l'hospitalité aux étrangers, sont inférieures aux œuvres de la contemplation, hors le cas de nécessité.
« Ainsi donc les ordres religieux qui enseignent et prêchent sont au premier rang: ils s'approchent de plus près de la perfection des Eveques. Les ordres contemplatifs sont au second
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ran^; et ceux qui se livrent auxœuvres extérieures, au troisième. » Tel est l'enseii^nement de saint Thomas.
Parmi les communautés qui sont au même rang, celles-»là l'emportent sur les autres, dont les œuvres sont plus élevées, bien qu'étant du même genre que les œuvres des autres. Ainsi dans la vie active il vaut mieux racheter les captifs que de donner l'hospitalité. Dans la vie contemplative, il vaut mieux faire oraison que de lire. Un ordre peut encore avoir une sorte de supériorité, s'il s'occupe de bonnes œuvres plus nombreuses que les autres ordres ; ou bien si 5es règles fournissent des moyens plus efficaces l'atteindre la fin de l'institut.
La perfection d'un ordre ne fait pas toujours sa sécurité. La vie contemplative, pour être moins parfaite que la vie mixte est cependant plus sûre, e salut y est plus à l'abri.
Les monastères cloitrés ont l'avantage immense d'écarter de l'âme les occasions de péché, que e monde offre. Ceux qui dans le siècle ont fait 'expérience de leur faiblesse, font bien de les îhoisirde préférence pour le lieu de leur repos, ît comme un port après le naufrage.
L'approbation de l'Eglise est le fondement, 'appui, la force des communautés religieuses, ieureux les instituts qui ont reçu cette bénédicion dont on ne saurait trop apprécier le bienfait!
Ces principes étant posés, disons un mot des liverses communautés existantes. L'Eglise reconlait quatre grandes règles religieuses qu'elle a ipprouvées, celle de saint Basile, celle de saint V.ugustin, celle de saint Benoit et celle de saint î'rançois. ,
On compte parmi les religieux contemplatifs , m moines, ceux qui suivent la règle de saint
Basile, ou de saint Benoît (cette dernière a été aussi adoptée par les Cisterciens, par les Trappistes et par les Camaldules) ; ceux qui suivent la règle de saint Bruno, ou les Chartreux, etc.
A la vie mixte s'appliquent les Dominicains, les Franciscains, les Ermites de saint Augustin, les Carmes, les Minimes et les Jésuites. On appelle Mendiants les ordres, qui, d'après leur règle primitive, ne pouvaient rien posséder, même en commun, et devaient vivre d'aumônes, saint Thomas les a défendus contre Guillaume de Saint- Amour.
A la vie active se vouent les Antonins, les frères de saint Jean-de-Dieu, les Trinitaires et les Ordres militaires.
Presque tous les grands Ordres ont des Communautés de femmes qui suivent leur règle, et dont un grand nombre s'appliquent à la contemplation.
Outre les ordres proprement dits, il s'est fondé dans l'Eglise des Congrégations séculières qui ont des vœux religieux. C'est saint Gaétan de Thienne qui a inauguré ces Congrégations en fondant les Théatins; saint Vincent-de-Paul a institué les Lazaristes ; saint Liguori, les Rédemptoristes. Plus récents, les Oblats de Marie, les Maristes, les Salésiens, les Pères blancs d'Alger, les Missionnaires de saint François de Sales, ceux du Sacré-Cœur etc., se vouent avec zèle à la vie apostolique.
D'autres sociétés, sans faire de vœux, s'appliquent avec grand fruit, au ministère des âmes et aux œuvres saintes ; nommons seulement, les Oratoriens, les Sulpiciens, la Congrégation des Missions étrangères de Paris, celle des Missions d'Afrique de Lyon.
Les congrégations de femmes sont plus nom-
DE l'admission ^^
creuses encore, et toutes font le bien dans l'Elise puissent-elles se développer et grandir ! 'Les Chartreux sont regardés par tous comme
'ordre le plus austère.
Celui qui est consulté par un jeune homme, ou ineieune personne, sur le choix d'un couvent,
oit lu^ donner un conseil sincère. Sans se laisser 'uider par un motif intéressé, qu'il l'engage a ^n rer au plus tôt là où, vu ses aptitudes et ses ^oûts" U se sanctifiera plus facilement, et rendra a Dieu plus de gloire.