‹ L'Etat religieuxChapitre 39 sur 98 · LES VŒUX · texte numérisé non relu

LES VŒUX

de chasteté celui de pauvreté et celui d'obéissance?...

Ces vœux, outre les mérites qu'ils nous procurent, nous aident à observer les commandements. Il est clair que celui qui renonce à ses propres biens n'est pas près de prendre le bien d'autrui. Ils sont donc dans l'erreur ceuxqui les regardent comme une charge onéreuse.

Saint Bonaventure dit : « Tout ce qui s'ajoute à un objet, n'est pas un fardeau ; certaines choses au contraire sont un allégement; telles sont les ailes pour l'oiseau, les roues pour le char, les voiles pour le vaisseau ; ainsi en est-il des additions faites par l'Evangile à la loi ancienne : elles servent à accroître la charité ; or, la charité est l'aile qui nous élève au-dessus de la terre, la roue du char destiné à nous conduire et à nous porter aux bonnes œuvres, la voile qui nous fait traverser les eaux de latribulation et de la tentation. » Du reste, nous avons la grâce à l'aide de laquelle nous pouvons les observer facilement : « Mes frères, disait à ses disciples saint François, nous avons fait à Dieu de grandes promesses, mais celles qu'il nous a faites sont bien plus grandes. Il nous a promis sa grâce, et pour des peines de courte durée, une récompense éternelle. »

Veillons cependant et prions afin d'être fidèles, caria transgression de ces vœux en matière grave serait un abus étrange de la grâce et pourrait nous faire trouver la ruine dans un état que Notre-Seigneur n'a établi que pour notre salut, et qui a donné au ciel tant et de si grands saints. Malheur à ceux qui, sans raisons légitimes, renoncent àlaprofession religieuse après l'avoir embrassée. Un moine du mont Cassin demandait depuis longtemps à saint Benoît de quitter le monastère.

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Le saint le luirefusait toujours; mais à lafin, voyant que ce moine scandalisait les autres, il le chassa. L'infortuné s'estimait heureux de son expulsion et retournait gaiement dans le siècle, quand il vit venir un dragon furieux, la gueule ouverte, pour le dévorer. Il appelle à grands cris au secours; et les frères accourent pour le délivrer, ils le trouvent si épouvanté qu ils le ramènent au couvent qu'il édifia depuis. Il y a un dragon plus terrible qui attend hors du couvent les religieux infidèles à leur profession. C'est Satan qui s'apprête à les dévorer.

Les vœux de religion sont solennels ou simples . Les vœux solennels sont ceux qui sont reconnus pour tels par l'Eglise. La solennité des vœux a été établie par l'Eglise, d'après l'opinion commune. Pour que les vœux soient solennels, ils doivent être prononcés dans un Ordre approuvé par l'Eglise, et même dans une maison établie par le Saint-Siège, et être acceptés par des Supérieurs ayant reçu ce pouvoir. Les vœux des religieuses ne sont regardés comme tels, que s'ils ont été faits dans une maison soumise à la clôture papale. Un des vœux ne peut pas être solennel sans que les deux autres le soient. Si un des trois vœux n'était pas solennel, en vertu d'une dispense, les autres ne le seraient pas non plus, à moins que le Pape n'en disposât autrement. La dispense des vœux solennels est réservée au Souverain Pontife. A l'article de la mort, l'Evêque peut cependant réhabiliter un mariage nul par suite des vœux solennels d'un religieux. Ordinairement, tous les religieux proprement dits émettent des vœux solennels après trois ans de vœux simples, même en France. Les religieuses qui ont une règle proprement dite, font les vœux solennels, dès leur profession. Il faut excepter en France

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