VŒU ET VERTU DE CHASTETÉ
crées à Dieu par les vœux solennels ont de plus la malice du sacrilège, quelques théologiens enseignent qu'il en serait de même, si on violait dans les mêmes conditions les vœux qui ne sont pas solennels. Si même une action contre la sainte vertu avait un caractère de scandale, il y aurait très probablement dans cette action, déjà plusieurs fois gravement coupable, un autre péché contre la charité. Déconsidérer, en effet, l'état religieux, ruiner la réputation de sa communauté, ce n'est pas une faute légère.
Rien ne désole tant les âmes qui ont la foi, que la vie des religieux infidèles. Les saints docteurs ont, du reste, exhalé à ce sujet les plaintes les plus ampères : « Malheur à toi ! s'écrie saint Chrysostôme, s'adressant à une vierge tombée. A quelle haute destinée t'appelait la miséricorde divine ! Dans quel abime te plonge ton infamie ! Malheur ! l'Epoux céleste t'appelait à ses noces, tu t'en es bannie toi-même! Comment estu tombée du ciel, toi qui étais plus brillante que l'étoile du matin ? Je te vois assise, abandonnée. Avec plus de raison que le prophète pleurant sur Jérusalem, je dois gémir et pleurer sur ton malheur ! »
Saint Ambroise fait entendre les mêmes accents ; « Enumérerai-je, dit-il, les biens que vous avez perdus ou pleurerai-je les maux que vous avez amassés sur votre tête. Vous étiez comme une fleur dans l'Eglise, l'épouse de Jésus-Christ, le temple du Saint-Esprit ; et toutes les fois que je dis ce que vous étiez, ilestnécessaire que vous versiez des larmes , car vous n'êtes plus ce que vous étiez. Ah! quel changement ! Vous qui brilliez comme l'or, vous êtes devenue plus vile que la boue des places publiques foulée aux pieds par des animaux immondes. En tombant du ciel,
vous qui aviez l'éclat d'un astre du firmament, vous êtes devenue plus noire que le charbon. Malheur, malheur encore à vous qui avez perdu tant et de si grands biens, pour un plaisir qui a duré si peu ! »
A tout prix, épargnons-nous une telle perte, et pour cela, employons avec soin les moyens de nous en erarantir.