CHAPITRE XIII
PRATIQUE DE l'OBÉISSANGE RELIGIEUSE
Elle consiste d'abord à éviter les péchés qui peuvent se commettre, soit contre le vœu, soit contre la vertu d'obéissance. Il pèche gravement contre ce vœu, le religieux qui refuse à son Su-
f)érieur légitime l'obéissance en matière srrave, orsque le Supérieur commande au nom de îésus- Christ, ou en vertu de l'obéissance, etc. ; et alors il est plus probable qu'il y a deux péchés : l'un contre l'obéissance, l'autre contre la religion. A ces deux péchés, peut encore s'ajouter la malice du mépris, si l'obéissance est refusée par des paroles ou par des signes qui expriment un mépris formel du Supérieur, par exemple : Je ne veux pas obéir, je ne le ferai pas. Plusieurs auteurs pensent que le religieux pèche contre son vœu, si le Supérieur a l'intention de l'obliger en vertu du vœu, quand même il ne se sert pas de ces formules : En vertude Vobéissance, etc.; mais cependant il semble qu'il faut que le Supérieur manifeste cette intention, pour que le religieux pèche contre son vœu. Toutefois, il est rare, qu'en pratique, les Supérieurs commandent en vertu du vœu, et ils agiraient imprudemment en faisant autrement. Ils enlèveraient à l'obéissance reli-
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gieuse ce caractère filial qui fait son plus bel ornement. Il ne pèche pas contre son vœu, mais contre la vertu, le religieux même oblat, ou le novice, qui refuse l'obéissance à un précepte formel, sans les formules exprimées ci-dessus ; et le péché est grave, ou léger selon la matière. Le péché serait grave si la désobéissance entraînait un grave dommage pour la communauté, ou pour les âmes, ou créait un péril de salut pour celui qui désobéit. Dans le doute, s'il y a précepte formel, il n'y a pas obligation d'obéir, non plus que dans le doute du pouvoir légitime du Supérieur, qui n'est pas généralement reconnu comme tel ; mais, s'il est généralement reconnu comme tel, l'Eglise supplée à ce qui manque à sa légitimité, et le sentiment le plus vrai tient qu'on doit lui obéir.
Il faut bien remarquer que, outre l'autorité qu"a le Supérieur en vertu du vœu, il a aussi une autre autorité de domination, comme un père à l'égard de son enfant, qui ne peut certes pas désobéir sans faute. Cette autorité naît de la tradition que le religieux fait de lui-même en entrant en religion.
Si les Supérieurs n'ordonnent pas, mais se contentent d'inviter ou de conseiller, comme ils font souvent, il n'y a pas de faute rigoureuse à ne pas obéir, c'est une imperfection. Toutefois, qui voudrait être imparfait dans la pratique d'une vertu si excellente, qui nous assure de si précieux avantages? Qui ne serait, au contraire, ambitieux d'acquérir une obéissance qui ait toutes les qua-l lités qui la rendent parfaite et d'arriver au plus haut degré de cette vertu ?
Or, voici les qualités de Vobéissance : 1° Elle est indifférente; elle ne tient à rien, n'ambitionne rien, n'a d'aversion pour rien ; elle est prête "
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tout ce que lui indiquera la volonté de Dieu exprimée par ses Supérieurs, elle acceptera volontiers l'emploi qui lui revient le moins bien. Mon cœur est prêt, dit-elle, me voici ! Envoyez-moi, je vous suivrai partout où vous irez. Elle ne trouve rien d'impossible, car elle a confiance en Dieu qui ne nous impose pas des charges au-dessus de nos forces. Elle ne se lasse pas de telle occupation qui lui pèse, elle la gardera sans se plaindre tant que les Supérieurs le voudront. Sainte Madeleine de Pazzi ne fît jamais connaître à ses Supérieurs ses goûts ni ses répugnances.
M"* Louise de France, fille de Louis XV, devenue carmélite, voulait remplir les emplois les plus humiliants, et refusait de céder à personne ce qu'elle appelait ses droits. Un jour qu'une sœur ne voulait pas qu'elle nettoyât avec elle le suif des chandeliers. Eh ! de grâce, lui dit-elle, laissezmoi faire, je ne puis plus manger du mouton, que je puisse du moins le sentir.
Au siège de Prague, en 1741, le maréchal de Saxe ayant ordonné à Chevert, son colonel, de commencer l'assaut, celui-ci dit au sergent Pascal : « Tu vas monter sur ce rempart ! — Oui, mon colonel. — La sentinelle te criera : Qui va-là ? Ne réponds rien et avance. — Oui, mon colonel. — Elle tirera sur toi et te manquera. — Oui, mon colonel. — Tue-là, et je serai là pour te défendre. » Le sergent s'avance aussitôt, est manqué par la sentinelle, la tue et atteint le sommet du rempart avec Chevert, qui ouvre ainsi les portes de Prague à l'armée française. Pouvons-nous souffrir que les enfants du siècle soient plus généreux que nous au sacrifice? Serait-il dit que l'obéissance religieuse ne peut égaler l'obéissance militaire ?
2° Elle est joyeuse : Dieu aime celui qui lui donne
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avec joie. C'est pour cela que les Supérieurs ne commandent pas ordinairement au nom de l'obéissance, ann que les inférieurs se portent à obéir non par crainte, mais par amour. Notre- Seigneur accepta sa croix avec joie par obéissance à son Père ; il aima mieux perdre la vie que de perdre l'obéissance. Le démon obéit, mais par force et à contre cœur ; les religieux qui font comme lui, lui ressemblent. Saint Liguori va jusqu'à dire qu'ils sont pires en un sens que le démon ; car ce dernier n'a pas fait vœu d'obéir,
3° L'obéissance est promi^te : La grâce du Saint- Esprit, dit saint Ambroise, ne connait pas les retards. Saint Bernard ajoute que« le fidèle obéissant, prépare ses oreilles au commandement, ses mains à l'ouvrage, ses pieds à la marche. » Me voici, parce que vous m'avez appelé, disait Samuel à Elie. Saint Marc, disciple de saint Sylvain, laissa une lettre inachevée pour obéir à son Supérieur; et à son retour, il trouva cette lettre écrite en caractère d'or. Le bienheureux Junipère ne fut pas aussi prompt, il plantait un genévrier, quand saint François l'appela. Il voulut achever ce travail, qui déjà était bien avancé. Saint François, pour le punir, défendit au genévrier de pousser; et, en effet, il ne grandit pas un pouce de plus. Saint Félix de Cantalice était si empressé de prévenir les ordres de ses Supérieurs qu'ils devaient s'observer devant lui; s'ils avaient manifesté les moindres désirs, le saint les eût pris pour des ordres.
4° L'obéissance est 2:)onctuelle : Que les Supérieurs soient présents ou non, le vrai obéissant fait ce qui est commandé dans le temps, de la manière voulue, sans interpréter selon ses caprices la volonté de ses supérieurs. La mère de sainte Rose de Lima avait commandé à sa fille
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de faire une fleur à rebours, dans un ouvrage de broderie. Rose obéit, mais sa mère lui en faisant le reproche : Ma mère, il m'importe peu que cette fleur soit de telle ou telle manière ; ce qui m'importe, c'est de pratiquer l'obéissance que je vous dois, répondit la sainte jeune fille.
L'obéissance a aussi ses degrés. Premier degré : exécuter extérieurement l'ordre des Supérieurs. Deuxième degré, sans lequel le premier n'est rien: c'est de vouloir intérieurement et de bon cœur ce que veut le Supérieur, de sacrifier sa volonté à la sienne et de la lui soumettre sans murmurer. Sans cette disposition, on obéit comme des machines ou comme des esclaves, par contrainte; mais est-ce là un acte de vertu, n'est-ce pas là préférer sa volonté à celle de Dieu ?
C'est le cas de ceux qui obéissent volontiers quand le Supérieur leur donne des ordres en rapport avec leur goût ou leur dévotion, mais qui murmurent quand le Supérieur les arrache à telles pratiques de dévotion ou de pénitence auxquelles ils sont attachés. La bienheureuse Marguerite-Marie, que ses Supérieurs voulaient distraire de l'oraison, fut condamnée à garder dans le jardin une ânesse et un ânon ; et elle le faisait avec joie, même durant la retraite de sa profession. Rien ne plait à Dieu que ce q^ui se fait par obéissance. La sainte Vierge dit a sainte Brigitte : De deux personnes dont l'une jeûne et l'autre s'abstient de jeûner par obéissance, la première a le mérite du jeûne, la seconde celui du jeûne et de l'obéissance.
La bienheureuse Marguerite -Marie s'était donné la discipline pendant un Ave , maris Stella, comme on le lui avait permis ; après elle continuait encore, etNotre-Seigneur lui dit : « Ce que tu as fait tout à l'heure est pour moi, ce que
tu fais maintenant est pour le démon. » et elle s'arrêta aussitôt. Une autre fois qu'elle outrepassait la permission de se donner la discipline pour les âmes du purgatoire, ces âmes l'environnèrent en se plaignant de ce qu'elle frappait sur elles, ce qui lui fit prendre la résolution de plutôt mourir que d'outrepasser les ordres de l'obéissance.
Ils n'en sont pas arrivés non plus à ce second degré, ceux qui arrivent par des détours à amener leurs supérieurs à leur permettre ce qu'ils désirent; ce ne sont pas de tels religieux qui font la volonté de leurs supérieurs, mais c'estle supérieur qui fait la leur.
Ils ne sont pas moins imparfaits ceux qui, prévoyant un ordre des supérieurs, qui va les contrarier, font tout pour s'en affranchir, allèguent divers prétextes pour l'éluder. Sans doute on peut faire des observations justes, mais avec un sentiment de soumission, et en étant prêt à se soumettre si le supérieur ne les agrée pas. Saint Paul disait à Dieu: Seigneur^ que voulez-vous que je fasse ? et Notre-Seigneur disait à l'aveugle : Que voulez-vous que je vous fasse ? Heureux les religieux qui parlent à leurs supérieurs comme le grand Apôtre à Notre-Seigneur! Malheur à ceux à qui les supérieurs sont obligés de dire : Quid vis ut faciam tibi : que voulez-vous que je vous fasse, comme Notre-Seigneur à l'aveugle.
Méditons ces paroles de saint Liguori : « Rien n'est plus nuisible aux âmes religieuses que de se régler d'après leur propre volonté et suivant leurs inclinations. Ni tous les hommes de la terre, ni tous les démons de l'enfer ne pourraient nous séparer de Dieu sans notre propre volonté. Faites que les hommes n'aient point de volonté propre, dit saint Bernard, etil n'y aura plus d'enfer . Et saint
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Anselme remarque que comme la volonté deDieu est la source de tout bien, ainsi la volonté de 1 homme est le principe de tous les péchés. Le religieux qui veut se conduire lui-même n'a pas besoin que le démon le tente ; car il devient un démon pour lui-même. Aussi saint Basile ordonne que les religieux qui demeurent attachés à leur volonté soient séparés de la communauté, comme des lépreux capables d'infecter les autres par leur mauvais exemple. Un grand serviteur de Dieu disait : « Un acte d'abnégation de sa propre volonté vaut plus que l'érection de mille hôpitaux. » , . , 1 i. A^^
Une épidémie sévissait dans le couvent ûes capucins de Bracciano ; il fallait lui envoyer un infirmier; le B. Crispin de Viterbe s offrit Le provincial lui dit: Comme il s'agit d un perii de mort ie n'entends pas forcer votre volonté. -7- Quelle volonté ! s'écria-t-il. Je l'ai laissée a Viterbe en entrant chez les capucins. Il partit emmenant avec lui, comme il le disait, saint François comme médecin et la sainte obéissance comme préservatif. Médecin et préservatif firent merveille ; car frère Crispin revint mieux portant que jamais, après avoir guéri tous les pes-
tiférés.
Troisième degré: soumission du jugement. L'obéissance doit marcher sur deux jambes : la volonté et le jugement. Soumettre la volonté sans le jugement,'^c'est une obéissance boiteuse. Pas de discussion, pas d'examen, pas de critique des ordres des supérieurs. Saint François d Assise voulait que le religieux se laissât mener par ses supérieurs, comme un aveugle par un chien, et qu'il fût entre leurs mains comme un cadavre qui se laisse placer, tourner et retourner comme on veut, sans se plaindre. Saint Ignace voulait
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que le religieux fût semblable à un bâton entre les mains d'un vieillard. Saint Basile le voulait comme une brebis qui se laisse mener par son pasteur, même à la boucherie, sans se plaindre. Une âme généreuse qui veut être toute à Dieu se garderait bien de se réserver la plus noble faculté de l'âme, le jugement, l'intelligence.
Saint Ignace disait un jour que si le Pape lui ordonnait de voyager sur mer dans une barque sans mât, sans rames et sans voiles, il obéirait aveuglément. Et comme on lui objectait qu'il serait par là imprudent, il répondit que c'est au supérieur à être prudent, et que la prudence de l'inférieur consiste à agir sans prudence. Loin donc de juger et de critiquer les ordres des supérieurs, les religieux doivent, comme le voulait saint Jean Climaque, chasser les pensées qui leur en viennent de la même manière que les imaginations contre la sainte vertu, et trouver des raisons pour défendre les ordres donnés et montrer qu'ils sont justes.
Saint Pascal Bayion, humble portier d'un couvent de saint François, avait un supérieur qui se montrait très dur à son égard, et qui lui reprocha un jour d'être orgueilleux de ses vertus. Le saint se retira sans s'émouvoir ; et un autre religieux, qui avait été témoin de son humiliation, alla le consoler. « Sachez, mon frère, lui dit Pascal, que c'est le Saint-Esprit qui a parlé par la bouche de notre P. Supérieur. « C'était là sa réponse ordinaire, en pareil cas.
C'est pour habituer ses religieux à soumettre leur jugement que saint François d'Assise leur ordonnait parfois des actes étranges, comme de planter des choux la racine en l'air. Euphrasie, parente de l'empereur de Constantinople, à sept ans entra au monastère. Sa supérieure lui or-
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donna de transporter à laporte du four d'énormes pierres, que deux sœurs auraient eu de la peine à soulever. Euphrasieleflt sans se plaindre. Quand elle eut achevé : « Que font ces pierres à la porte du four? dit la supérieure ; emportez-les. » Euphrasie les emporta. Cet exercice lui fut imposé pendant vingt jours ; et cette sainte âme fit, pendant ce temps, l'admiration de tout le couvent.
Dieu a souvent fait voir par d'éclatants miracles combien lui était agréable cette obéissance aveugle à des ordres que notre esprit moderne trouverait ridicules.
Moyen de pratiquer l'obéissance. Pour en arriver à ces deux degrés plus élevés d'obéissance, il importe de voir Dieu dans les supérieurs, la volonté de Dieu dans la leur, ce qui est du reste très vrai. Dieu a droit d'être obéi et cela en tout. Qui pourait le contester? Dieu peut céder ce droit à un autre et il l'a fait dans l'Eglise, dans la société, dans la famille. Et tout supérieur est revêtu de son autorité: Il n'y a point de pouvoir qui ne vienne de Dieu ; tous ceux qui existent ont été établis par Dieu, celui qui résiste à la puissance résiste à l'ordre de Dieu, qui a dit : Celui qui vous écoute m'écoute, celui qui vous mépriseme méprise. « Tout supérieur tient ma place, qu'il soitbon ou mauvais, » dit Notre-Seigneur à la bienheureuse Marguerite-Marie.
La volonté des supérieurs est donc celle de Dieu ; se soumettre aux supérieurs, c'est donc se soumettre à Dieu. C'est incontestable, et cette seule considération suffirait pour étouffer toutes les révoltes contre l'obéissance, qui naissent dans des esprits inquiets et brouillons, toutes ces critiques contre les supérieurs qui sont la ruine de l'esprit religieux et la peste d'un institut. Mais le
supérieur n'a pas toute l'intelligence voulue, mais il subit l'influence de tel ou de tel, mais il est prévenu contre moi ! Il a tel défaut! Mon supérieur général ne me commanderait pas cela ! Qu'importe ? Tout ce que vous faites au jdIus petit d'entre les miens, vous le faites à moi-même. Donc respect, vénération, obéissance comme à l'égard de Notre-Seigneur, dont le supérieur tient la place : ainsi ont fait les saints. Le grand apôtre des Indes, saint François-Xavier ne lisait qu'à genoux les lettres que lui écrivait son supérieur, saint Ignace ; saint Basile veut qu'on aime jusqu'aux réprimandes et aux corrections des supérieurs, comme on aime un médecin qui guérit d'une maladie grave, en employant le fer et le feu.
Obéissez même aux officières du couvent, à l'économe, à l'infirmière, comme le recommande saint Liguori, et tout cela pour l'amour deNotre- Seigneur qui a obéi même aux bourreaux. Plus le rang du supérieur ou de l'ofTicier est inférieur,plus grand est le mérite de l'obéissance.
Saint Thomas d'Aquin était arrivé depuis peu au couvent de Bologne et il se promenait en étudiant, quand un des^frères convers qui ne le connaissait pas, l'aborde en lui disant de l'accompagner dans la ville, car le prieur lui a permis de prendre, pour aller avec lui, le premier qu'il rencontrerait. Saint Thomas n'hésite pas. En route ce bon frère, voyant qu'il marche lentement, lui fait des reproches de ce qu'il va le retarder, il manifeste même sa mauvaise humeur devant des personnes qui connaissaient le saint, et qui, prenant le frère à part, lui demandent s'il sait quel est le religieux qui l'accompagne; et sur sa réponse négative, elles lui révèlent qu'il a avec lui Thomas
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d'Aquin. Ce bon frèrr>, confus, demande pardon au saint qui le rassure avec bonté.
Obéir à cause des hautes fonctions des supérieurs ou de leurs rares qualités, ce n'est pas l'obéissance surnaturelle. Un supérieur qui n'a rien de tout cela a néanmoins tout ce qu'il faut pour être obéi: l'autorité de Dieu. Il ne s'agit pas de savoir si tel ordre est à propos, si votre supérieur est tel que vous le désirez, mais si c'est la volonté de Dieu.
Or, vous ne pouvez en douter, vous êtes plus sûr de la volonté de Dieu en faisant ce que vous disent vos supérieurs que si Notre Seigneur luimême vous parlait. En effet, il ordonna à la bienheureuse Marguerite-Marie de faire plutôt la volonté de ses supérieures que ce qu'il lui demandait lui-même. De plus, vous avez plus de mérite. Agissez donc, obéissez, c'est la volonté de Dieu, or quoi de plus ado;able, de plus parfait, de plus saint, de plus noble, de plus salutaire que de faire la volonté de Dieu ! Une âme qui est bien convaincue de ces vérités que la foi nous révèle, n'a plus de peine à obéir, son obéissance se revêt de toutes les qualités qui la rendent parfaite.
Nous sommes instruits maintenant sur cette vertu; à l'œuvre donc, immolons notre volonté à Dieu. Cetui qui m'aime, dit Notre-Seigneur, observera mes commandements, et mon Père Vaimera et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure. Voilà la récompense de l'obéissant sur la terre en attendant le ciel.
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