‹ L'Etat religieuxChapitre 54 sur 98 · LA CLÔTURE · texte numérisé non relu

LA CLÔTURE

n'est encourue qu'en dehors des cas et de la forme prescrite par saint Pie V, c'est-à-dire qu'on excepte les cas d'incendie, ou de peste, ou autres semblables ; mais il faut que la cause, si le temps le permet, soit connue et approuvée de l'Evoque, et cela lors même que les religieuses sont exemptes. La coutume d'accorder cette permission, dans d'autres cas, est un abus. La peine encourue par la violation de la clôture papale n'atteint pas les personnes, qui violent en France la clôture épiscopale ; cependant Craisson pense, qu'ordinairement du moins, ces dernières pèchent gravement si elles l'enfreignent. Quand un confesseur entend dans la clôture la confession d'une malade, la porte de la cellule doit rester ouverte et deux surveillantes doivent demeurer à la porte, de manière à voir le confesseur et l'infirme. Les confessionnaux des religieuses ne doivent point être placés dans la sacristie, ni dans un endroit caché, mais dans l'église extérieure. Cependant, en cas de nécessité, on peut entendre les religieuses ailleurs, pourvu que le confesseur et la pénitente ne puissent pas se voir.

Les religieux qui, sans permission, parlent à la grille avec des religieuses, ne serait-ce que durant 2 ou 3 minutes, pèchent mortellement; et peuvent être privés, de leur voix au chapitre et de leur office. Il faut en excepter cependant les parents au 1" et au 2^ degré, qui peuvent voir une religieuse, quatre fois durant l'année, avec la permission du prélat. Les réguliers encourent la même peine par le fait même, s'ils osent parler fréquemment avec une femme quelconque vivant dans le monastère, excepté probablement l'abbesse en dehors de Rome. C'est parler fréquemment, que de visiter durant trois jours de suite, ou quatre fois dans une semaine,ou une fois tous

les mois de l'année. Si les clercs parlent fréquemment avec les religieuses, ils encourent la suspense ferendœ sententiœ, et les laïcs dans le même cas encourent l'excommunication ferendse sententiœ également. Il faut excepter les séculiers, parents des religieuses au premier ou au second degré, les pauvres, les confesseurs, les serviteurs qui, par l'ordre de leurs maîtres, portent quelque chose aux religieuses. 11 faut remarquer cependant que tout ce que nous venons de dire ne s'applique strictement qu'aux religieuses à vœux solennels, vivant sous la clôture papale. Toutefois, ces saintes lois font connaître l'es-

grit de l'Eglise et le soin qu'elle a de garder à lieu les vierges qu'elle lui a consacrées. Tous les directeurs de communauté, tous les confesseurs des religieuses doivent s'inspirer de cet esprit, même quand ils ont à conduire les religieuses des diverses congrégations récentes. Pour ces dernières, en effet, l'Eglise trace aussi une ligne de conduite qu'il faut respecter.

La résidence de l'aumônier doit avoir un toit distinct de celle des religieuses. La Sacrée Congrégation ne veut pas que les repas, les linges soient fournis en nature par les religieuses à l'aumônier. Les religieuses doivent lui faire un traitement convenable, en dehors duquel il ne puisse rien recevoir, et qu'il ne soit pas permis aux religieuses de rien donner en sus.

La Sacrée Congrégation a déclaré qu'il ne convient pas que les religieuses, même non cloîtrées, laissent coucher dans leurs couvents, des domestiques ou autres personnes d'un autre sexe. La même Congrégation ne permet pas qu'on prenne dans les couvents cloîtrés, des maîtres de musique, donnant des leçons même au parloir. Elle ne veut pas que des vierges consacrées à

Dieu se chargent du soin d'enfants au berceau ; elle ne voit pas avec plaisir qu'elles aient des écoles de garçons, même orphelins, ni le soin des séminaires et des collèges. Elle n'aime pas que les sœurs aillent quêter, sinon dans le cas de nécessité. Elle regarde comme dangereux, que les sœurs aillent garder les malades, pendant la nuit , si on ne prend des précautions pour qu'elles ne demeurent pas seules. Elle ne permet pas que les religieuses assistent les femmes en couches.

Si, tracées aux religieux et aux membres des congrégations par la plus haute autorité de ce monde, ces règles sont sages, comme il n'est pas permis d'en douter, que penser de ces soi-disant religieux que l'on trouverait fréquemment dans des voyages inutiles, dans des visites reçues ou rendues avec des personnes de sexe différent , qui ne fuiraient pas, comme un péril, les tête-àtête avec ces sortes de personnes "? Hélas ! il y a eu de tout temps des vierges folles ! Malheur à ces vierges, quel que soit leur sexe ! Notre-Seigneurlesa menacées de leur dire un jour : Je ne vous connais pas, et de leur fermer la porte des noces éternelles. Que les Supérieurs soient vigilants ! C'est là un des grands devoirs de leur charge.

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