‹ L'Etat religieuxChapitre 63 sur 98 · DE LA PRÉSENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

DE LA PRÉSENCE DE DIEU

Vivre en présence de Dieu, c'est un avant-goût du Paradis où nous verrons Dieu, où nous jouirons de Dieu, et c'est le grand moyen de sanctification ; car la présence de Dieu exclut tout Eéché, comme le dit saint Jérôme. Ceux qui oulient Dieu marchent toujours dans des voies d'iniquité, et par le souvenir de Dieu, les saints résistent à toutes les tentations. Suzanne aima mieux s'exposer à la plus atroce calomnie et à la mort, que de pécher en j^'^^^s^^ce de Dieu. Le souvenir de la présence de Dieu convertit les pécheurs eux-mêmes.

Personne ne nous voit, sinon Dieu, disait la pécheresse Thaïs à saint Paphnuce qu'elle voulait séduire : « Tu crois donc que Dieu te voit et tu oses pécher? répondit-il. » Et cette parole fut comme un coup de foudre qui la terrassa. Elle conjura le saint de lui apprendre à obtenir la grâce du Dieu qu'elle avait offensé. Paphnuce la conduisit dans une cellule où, pendant trois ans, elle répétait sans cesse : « Vous qui m'avez créée, ayez pitié de moi ! » se croyant indigne de prononcer le nom de Dieu. Au bout de ce temps, elle mourut, et Paul le Simple vit son âme placée dans le ciel sur un trône de gloire.

Une femme païenne était sur le point de commettre un grand crime, quand elle aperçut le portrait d'un homme renommé pour sa vertu. Aussitôt elle croit voir cet homme tourner vers elle un regard sévère et elle est couverte de confusion. Qu'en doit-il donc être du regard de Dieu !

La présence de Dieu nous excite à la pratique de la vertu. Un soldat se conduit vaillamment en présence de son roi ; une servante fait soigneusement son travail en présence de sa maitresse ; une religieuse évite les moindres manquements en présence de ses supérieurs. Quelle ardeur pour la pratique de la vertu ne doit donc pas inspirer la pensée de la présence de Dieu !

La présence de Dieu nous unit à lui. La présence de ceux que l'on aime augmente l'affection que l'on a pour eux, lors même qu'on découvre en eux des délauts. En Dieu on ne découvre que des perfections, et quand on s'unit à lui en se rappelant sa sainte présence, il répand . dans l'âme des consolations célestes. Je me suis souvenu de Dieu, disait David, et j'ai trouvé en lui des délices. Sainte Thérèse se tenait habituellement en présence de Dieu, et un jour qu'elle traversait un dortoir dans un grand recueillement, elle rencontra un enfant de quatre à cinq ans, ravissant de beauté. La sainte lui demanda comment il s'appelait : « Dites-moi d'abord votre nom, répondit-il, et je vous dirai le mien. » — « Je m'appelle Thérèse de Jésus, reprit la sainte. — Et moi, Jésus de Thérèse, dit l'enfant. » Et il disparut aussitôt, laissant l'âme de la sainte remplie de joie.

La pratique de la présence de Dieu est facile. Si vous étiez avec un ami dans une chambre obscure et que vous ne pussiez le voir, auriezvous de la peine à parler avec lui ? Vous vous

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