‹ L'Etat religieuxChapitre 68 sur 98 · LE SAINT OFFICE · texte numérisé non relu

LE SAINT OFFICE

des deux autres attentions, on ne le dira jamais avec dévotion ni avec beaucoup de fruit.

0 Tâchons, par conséquent, d'accorder les sentiments de notre cœur avec ce que nous lisons. Il est vrai que, dans les Psaumes, bien des passages sont obscurs; mais il y en a beaucoup qui sont clairs et pleins de saintes alîections d'amour , de confiance, de contrition, de prières, etc.

« La meilleure des trois sortes d'attention est l'attention à Dieu, à laquelle se rapporte la louable pratique de distribuer les parties de l'Ofïice en autant de méditations sur les circonstances de la passion' de Jésus- Christ, par exemple : nous pouvons méditer, au premier Nocturne, sur le lavement des pieds; au deuxième, sur l'institution du Saint-Sacrement; au troisième, sur l'oraison dans le jardin des olives; à Laudes, sur la prise du Sauveur et sur les mauvais traitements qu'il souffrit dans la maison de Gaiphe ; à Prime, sur la flagellation ; à Tierce, sur le couronnement d'épines; à Sexte, sur le chemin du Calvaire ; à None, sur les trois heures durant lesquelles Jésus fut en croix; à Vêpres, sur sa mort; à Compiles sur sa sépulture. — Ces méditations ne doivent pas être faites avec une application telle qu'on en ait la tête fatiguée; il faut les faire doucement, en sorte qu'on ait Pesprit occupé de pensées dévotes, et qu'on puisse, en même temps, prêter encore quelque attention aux paroles récitées par l'autre partie du chœur.

« Chaque fois que nous disons le Pater noster, appliquons spécialement notre cœur à ces paroles : « Sanctificetur nomen tuum ; ce qui signifie : Seigneur! faites-vous connaître et aimer de tout le monde. Adveniat regnum tuum : Régnez sur nos cœurs par la grâce en cette vie, et par la gloire en l'autre. Fiat voluntas tua, sicut in celo et in terra : Faites-nous faire votre volonté sur la terre, comme les Bienheureux la font dans le ciel. — En disant le Gloria Patri, nous pouvons produire diverses affections, des actes de foi, de remerciement , de contentement à la pensée de la félicité de Dieu , de désir de l'honorer et de souffrir pour sa gloire. Sainte Marie-Madeleine de Pazzi , en

inclinant la tête au Gloria Patri, avait l'intention de la présenter au bourreau en l'honneur de la foi ; et elle taisait cet acte avec tant de ferveur, qu'elle devenait parfois toute pâle, comme si on lui eut effectivement tranché la tête. Nous pouvons encore, en répétant tant de fois Y Ave Maria dans la récitation de l'Ofïice, obtenir beaucoup de grâces de la Mère de Dieu. » — Telle est la manière de célébrer les louanges du Seigneur avec dévotion et avec grand profit.

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