V LA LECTURE SPIRITUELLE
Autant les lectures mauvaises ou légères sont redoutables, autant la lecture des bons livres est salutaire. Tout notre progrès spirituel, dit saint Isidore, a sa source dans la lecture et dans l'oraison ; par la lecture, nous apprenons ce que nous ignorons; et par l'oraison, nous conservons ce que nous avons appris ; aussi saint Léonard de Port- Maurice appelle-t-il la lecture, la sœur de l'oraison. Le B. de Grenade compare toutefois l'oraison au pain de froment, et la lecture au pain d'orge; mais il ajoute : « Si vous n'usez pas du pain de froment, au moins devez-vous user du pain d'orge, si vous ne voulez pas mourir de faim. »
Saint Bernard trouvait plus de consolations dans la lecture que dans l'oraison elle-même. Il faut convenir, du reste, que l'oraison devient bientôt impossible sans la lecture. « Le moulin ne rend que ce qu'on lui donne, dit à ce sujet saint Liguori; et si on lui donne de mauvais grains, il ne peut rendre de bonne farine. » Si on