LA LECTURE SPIRITUELLE
pas comme tout le paradis retentit de chants et d'harmonies? » En disant ces paroles, il rendit doucement le dernier soupir. Nous serions donc bien aveugles si nous n'embrassions pas une pratique si excellente et si avantageuse.
Quand fa.ut-il lire ? Pour lestâmes religieuses, l'heure de la lecture spirituelle est ordinairement fixée par la règle. Qu'elles y consacrent donc tout le temps prescrit ; et, si l'heure n'était pas fixée, qu'elles se la déterminent elles-mêmes par un règlement particulier auquel elles seront fidèles.
Dans quel but faut-il iire ?Non pour s'instruire, car la lecture faite dans ce but serait une étude ; non par curiosité, ni par manière de passe-temps, car ce serait ruiner en partie les fruits de cet exercice ; mais afin de devenir saint.
Que faut-il lire ? Jamais des livres suspects en matière de foi, ni légers en matière de mœurs, eussent-ils d'ailleurs des passages excellents. « Qu'est-il nécessaire de chercher de l'or au milieu de la boue, disait saintJérôme, quand il nous est si facile de trouver de l'or dégagé de toute souillure ? Avant de se procurer et surtout de lire un livre, qu'on ait soin de prendre conseil de son .confesseur, ou de ses supérieurs. N'est-ce pas pour un religieux et surtout pour une religieuse, une perte de temps déplorable de consacrer à lire des journaux, des heures qu'il serait si facile d'employer à la gloire de Dieu ? « Je vous conseille avant tout, disait saint Liguori, de lire des livres oùvotre âme trouve le plus de dévotion, et qui vous portent davantage à vous unir à Dieu. Tels peuvent être les ouvrages de saint François de Sales, de sainte Thérèse, de Louis de Grenade, de Rodriguez, de saint Jure, et autres semblables ;
spécialement le Directoire ascétique du Père Scaramelli (1).
« Du reste, généralementparlant, je vous engage à laisser les livres diffîciles et à choisir ceux qui sont dévots et faciles. Lisez souvent entre autres les Vies de saints. Oh ! qu'il est avantageux de les lire! Dans les ouvrages qui traitent des vertus, on voit ce qu'on doit faire ; mais dans les vies des saints on voit ce qu'ont fait tant d'hommes, tant de femmes qui étaient de chair comme nous. Leur exemple, s'il ne nous fait pas d'autre bien, nous force du moins à nous humilier profondément. » Celui qui veut devenir poète, lit les poètes ; celui qui veut devenir philosophe, lit les philosophes ; qu'il lise les Vies des saints, celui qui veut devenir saint.
Cormnent faut-il lire ? Avant la lecture, élevons notre esprit à Dieu pour lui demander lumière et grâce. Lisons posément et sans empressement. L'abeille ne quitte une fleur qu'après en avoir épuisé le suc. Il ne suffît pas de manger beaucoup , il faut digérer ; donc ne craignons pas de relire les passages qui nous frappent. Interrom-
Eons la lecture pour prier, c'est le moyen de nous abituer à l'oraison. A la fin de la lecture, gardons une bonne pensée qui nourrisse notre âme (2).
(1) Qu'il nous soit permis aussi d'appeler l'attention sur les ouvrages de saint Liguori, en particulier sur sa Véritable épouse de Jésus-Christ : rien n'est meilleur; et sur le volume que nous offrons nous-même aux religieux et aux religieuses. Nous avons la confiance que ceux qui en feront leur guide ne s'égareront pas et qu'il leur sera utile de le relire tous les ans.
(2) Les bonnes lectures seraient un moyen de faire beaucoup de bien aux gens du monde. C'est pourquoi nous prions les communautés religieuses de nous aider, par les distributions de prix, dans l'œuvre de propagande que nous avons entreprise.
l'examen de conscience 341